3 octobre 2016 / 17:01 / dans un an

LEAD 2-Alstom-Sauver Belfort passera par la commande de 16 TGV-Sources

* Un centre européen de maintenance ferroviaire à Belfort

* Alstom produira des autobus électriques à Belfort

* Le gouvernement veut éviter un nouveau Florange

* Elus locaux et syndicats restent prudents (Actualisé avec précisions §3)

PARIS, 3 octobre (Reuters) - Le plan de sauvetage du site Alstom de Belfort, qui sera présenté mardi par le secrétaire d‘Etat à l‘Industrie, comprend une commande publique de 16 rames TGV et de leurs 32 motrices, a-t-on appris lundi de sources proches du dossier.

A 30 millions d‘euros la rame et ses deux motrices, cela représente un coût de près de 500 millions d‘euros, dont on ignore à ce stade comment il sera financé ou qui exploitera ces nouveaux TGV (la SNCF ou un autre opérateur après l‘ouverture à la concurrence du transport de passagers).

“Ces rames de TGV seront mises sur des lignes Intercités, pas sur des lignes à grande vitesse”, précise une autre source proche du dossier.

Cela permettra d‘assurer deux ans de travail au site de Belfort, de quoi combler partiellement un “trou” de trois ans dans les carnets de commande du groupe, en 2019-2020-2021, avant de retrouver de la visibilité en 2022 grâce au “TGV du futur”.

Ce site sera par ailleurs transformé par Alstom en centre européen de la maintenance ferroviaire, soit un investissement de 70 millions d‘euros. Le groupe y produira aussi à l‘avenir des autobus électriques, ajoute-t-on de mêmes sources.

Ces deux mesures doivent assurer à plus long terme la pérennité du site en constituant un début de diversification.

Des appels d‘offres et des commandes étaient déjà dans les tuyaux mais ne suffisaient pas à garantir la pérennité de l‘usine de Belfort sans affecter d‘autres sites d‘Alstom.

C‘est le cas de la fourniture à la SNCF de six rames de TGV pour la liaison Paris-Turin-Milan ou de locomotives de secours pour les lignes à grande vitesse, deux dossiers sur lesquels les discussions se sont accélérées ces dernières semaines.

ÉVITER UN NOUVEAU FLORANGE

Il y a également des appels d‘offres en cours ou à venir pour la fourniture de nouvelles rames pour le RER francilien ou de trains dit “d‘équilibre du territoire”.

Le secrétaire d‘Etat à l‘Industrie, Christophe Sirugue, présentera mardi à Belfort les propositions du gouvernement aux représentants syndicaux d‘Alstom et aux élus locaux en présence du président du groupe, Henri Poupart-Lafarge.

Le gouvernement tentera ainsi d‘éviter que le dossier Alstom se transforme en piège politique à moins de sept mois de l‘élection présidentielle de 2017.

L‘enjeu immédiat est la survie du site historique du groupe, spécialisé dans la production de motrices, où 400 emplois sont en jeu, à quoi s‘ajoutent quelque 800 emplois indirects, selon les estimations d‘élus locaux.

La direction d‘Alstom a annoncé le 7 septembre son transfert en Alsace pour cause de commandes publiques atones, réveillant immédiatement le spectre des hauts-fourneaux de Florange, en Moselle, dont le chef de l‘Etat, François Hollande, n‘a pas réussi à empêcher la fermeture définitive, malgré ses promesses.

“Mardi, nous sauverons le site d‘Alstom à Belfort”, a promis dimanche le Premier ministre, Manuel Valls, lors du “Grand Jury” RTL-Le Figaro-LCI.

PRUDENCE

Les parlementaires du Territoire de Belfort, pourtant membres de l‘opposition, se montrent plutôt satisfaits de la façon dont ils ont été associés à la recherche d‘une solution, à laquelle les collectivités territoriales participeront aussi par le biais d‘investissements.

“Je pense que le gouvernement a travaillé avec sérieux et demain on devrait avoir un certain nombre d‘annonces qui vont dans le bon sens”, a ainsi déclaré à Reuters le député-maire Les Républicains de Belfort, Damien Meslot.

Les élus locaux interrogés par Reuters se montrent cependant prudents et souhaitent la mise en place d‘un comité de suivi pour garantir que les engagements du gouvernement et d‘Alstom seront bien mis en oeuvre au-delà de la présidentielle.

La même prudence est observée du côté des syndicats.

“Il faut que ce soit d‘un autre niveau que quelques commandes”, a ainsi dit à Reuters Claude Mandart, coordinateur CFE-CGC. “La diversification est incontournable et il faut vraiment une relance de la politique ferroviaire en France.”

Les discussions engagées depuis début septembre par le gouvernement avec la direction d‘Alstom et les autres acteurs de la filière ferroviaire dépassent le sort de Belfort.

Si le groupe, recentré sur ses activités ferroviaires depuis la cession de sa branche énergie à General Electric, a un carnet de commandes de plus de 30 milliards d‘euros, il le doit à ses commandes internationales et ses activités à l‘étranger.

En France, où Alstom a environ 9.000 salariés sur quelque 31.000 personnes employées dans une soixantaine de pays, plusieurs sites souffrent de la faiblesse des commandes nationales ou de la concurrence d‘autres constructeurs. (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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