13 mai 2016 / 16:57 / dans 2 ans

LEAD 2-S&P rétrograde la dette hybride d'EDF en catégorie spéculative

(Actualisé avec précisions sur la dette hybride)

PARIS, 13 mai (Reuters) - Standard & Poor’s a annoncé vendredi ramener la note de la dette hybride d‘EDF en catégorie spéculative, une décision qui risque de compliquer le refinancement de 10 milliards d‘euros de dettes du premier producteur français d‘électricité.

L‘agence a abaissé la note des titres hybrides subordonnés émis par EDF de deux échelons, de BBB à BB+, l‘échelon le plus élevé de la catégorie “junk”.

Jeudi, Moody’s avait pour sa part abaissé sa note de la dette hybride du groupe d‘un échelon, à Baa2, mais celle-ci reste en catégorie d‘investissement.

Les deux agences ont également abaissé d‘un cran la note de la dette senior d‘EDF, de A2 à A1 pour Moody’s et de A+ à A pour S&P. Le groupe demeure toutefois dans le milieu de l‘échelle de la catégorie “investment grade”.

Pour certains analystes spécialisés, la décision de S&P sur la dette hybride va rendre difficile le refinancement de ces titres lorsqu‘ils arriveront à échéance, à partir de 2020.

S&P et Moody’s conservent en outre une perspective négative sur la notation d‘EDF.

EDF s‘est refusé à tout commentaire sur ces décisions vendredi.

Le mois dernier, le PDG du groupe, Jean-Bernard Lévy, avait reconnu que la dette hybride était le “talon d‘Achille” d‘EDF et risquait de fragiliser son bilan.

Quant à l‘ancien directeur financier Thomas Piquemal, qui a démissionné en mars en raison de son désaccord avec Lévy sur les risques financiers lié au projet de construction de deux réacteurs de type EPR sur le site d‘Hinkley Point en Grande-Bretagne, il a estimé la semaine dernière que le groupe devait tout faire pour éviter une dégradation susceptible de compliquer le refinancement de la dette hybride.

DES RISQUES LIÉS À HINKLEY POINT

L‘endettement net d‘EDF dépasse actuellement 37 milliards d‘euros en excluant les titres hybrides, c‘est à dire qui présentent des caractéristiques de capitaux propres, comme la possibilité d‘un report du paiement des coupons.

S&P justifie sa décision en expliquant qu‘à ses yeux, l‘exposition d‘EDF à la volatilité des prix des matières premières est plus importante qu‘estimé auparavant et que la baisse récente des prix de l‘énergie va peser sur les profits et les flux de trésorerie disponibles du groupe.

L‘agence ne dit pas en revanche - contrairement à ce qu‘elle avait fait en octobre - qu‘elle pourrait abaisser encore les notes d‘EDF si le groupe poursuit le projet Hinkley Point.

Elle explique simplement que la perspective négative intègre des risques supplémentaires qui pourraient être préjudiciables au profil de risque et aux paramètres de crédit d‘EDF.

Ces risques, ajoute-t-elle, “pourraient inclure de nouvelles évolutions négatives sur les nouveaux chantiers nucléaires (en particulier Flamanville) et la décision d‘investissement concernant Hinkley Point C”.

Moody’s a précisé de son côté qu‘elle réduirait encore sa note si l‘électricien public confirmait son investissement dans le projet Hinkley Point.

Geert de Clercq; Wilfrid Exbrayat et Marc Angrand pour le service français

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