11 mai 2016 / 11:17 / il y a un an

France-Des propositions pour attirer des centres de décisions

* La France a perdu du terrain depuis 30 ans

* Elle garde des atouts en termes d‘attractivité “pure”

* Une desserte rapide de Roissy impérative

* Air France ne doit pas réduire son réseau

PARIS, 11 mai (Reuters) - La France a perdu du terrain en matière d‘accueil de centres de décision des entreprises étrangères mais dispose de nombreux atouts pour regagner en attractivité, estime le Conseil d‘analyse économique (CAE).

Dans une étude publiée mercredi, cet organisme rattaché aux services du Premier ministre pointe la nécessité pour cela d‘agir sur la fiscalité, notamment celle sur les hauts revenus.

Mais il insiste tout autant sur les critères “non fiscaux” pour y parvenir, comme la qualité des installations aéroportuaires, le nombre de diplômés de l‘enseignement supérieur ou encore le développement des sections internationales dans les lycées.

Alors qu‘elle était à la première place en Europe pour l‘accueil des centres de décisions des entreprises au début des années 1980, la France est tombée au quatrième rang derrière l‘Allemagne, la Belgique et le Royaume-Uni.

L‘Hexagone, plus spécifiquement l‘Ile-de-France, souffre du fait qu‘il n‘est pas une destination prioritaire des grands pays émergents, ses principaux investisseurs restant les Etats-Unis, l‘Allemagne, la Suisse, le Luxembourg et les Pays-Bas.

Pour les auteurs de l‘étude, il semble aussi que sa performance déclinante s‘explique davantage par des spécialisations sectorielles moins dynamiques que par un déficit d‘attractivité “pure” de la France, sur laquelle les politiques publiques peuvent avoir un effet.

Car la position de la France en la matière ne s‘érode pas et a même évolué positivement dans les années 2000.

Dans ce contexte, l‘Ile-de-France a aujourd‘hui toutes ses chances pour devenir la capitale économique de la zone euro face à une Allemagne handicapée par sa structure fédérale et la région de Bruxelles, qui est encore d‘une taille limitée.

Côté fiscalité, l‘étude souligne que le taux de l‘impôt sur les sociétés est moins pénalisant que l‘instabilité fiscale et que Paris compense son niveau élevé par un régime favorable pour les filiales des sociétés implantées hors zone euro.

ROISSY ET AIR FRANCE SOLLICITÉS

De même, le régime des “impatriés” pour les cadres étrangers permet d‘atténuer l‘impact “significativement négatif” des taux d‘imposition des tranches supérieures de l‘impôt sur le revenu.

Mais la “taxe à 75%” appliquée en 2014 et 2015 sur les hauts revenus a sans doute laissé des traces et les auteurs de l‘étude estiment que le gouvernement français doit lancer une concertation au niveau européen sur leur imposition.

De par le niveau élevé de sa fiscalité, la France doit être performante dans tous les autres aspects pour maintenir son attractivité, souligne l‘économiste Alain Trannoy, un des auteurs de l‘étude rédigée avec Farid Toubal.

C‘est par exemple développer une culture de services aux entreprises dans l‘administration fiscale, comme c‘est le cas de longue date en Grande-Bretagne, pour les aider à comprendre les règles du jeu.

“L‘idée, c‘est de développer le conseil et tout ce qui peut éviter un contrôle, pour faire en sorte que l‘entreprise paie le bon montant au bon moment”, dit-il.

Le développement de pôles universitaires d‘excellence et de sections internationales dans les lycées est un autre élément d‘attractivité au même titre que les liaisons aériennes.

Sur ce dernier point, l‘étude insiste sur la nécessité d‘améliorer la plate-forme de Roissy-Charles de Gaulle, qui est à la peine dans les classements internationaux, et faire de la création d‘une liaison rapide avec le centre de Paris, prévue maintenant à l‘horizon 2023, “un investissement national prioritaire”.

En attendant qu‘elle voie le jour, des remèdes temporaires devront être trouvés “parce que 2023, c‘est encore loin”, dit Alain Trannoy.

Un autre sujet de préoccupation est la réduction, pour des raisons de coûts, du nombre de liaisons effectuées par Air France. L‘étude sollicite pour cela l‘Etat, premier actionnaire de la compagnie aérienne, “qui doit lui faire prendre conscience que la fermeture de lignes handicape Paris pour son activité internationale dans le long terme”.

La note du CAE : here (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

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