4 mai 2016 / 10:32 / dans un an

EDF-L'ex directeur financier voulait reporter H. Point de 3 ans

PARIS, 4 mai (Reuters) - L‘ex directeur financier d‘EDF Thomas Piquemal a expliqué mercredi sa démission par son souhait de reporter de trois ans l‘EPR britannique d‘Hinkley Point qui, avec d‘autres scénarios permettant selon lui de lancer le projet, n‘a pas été retenu par la direction du groupe.

Le PDG d‘EDF, Jean-Bernard Lévy, a pour sa part redit fin avril qu‘un décalage de plusieurs années du projet - dont Emmanuel Macron estime qu‘il pourra être confirmé en septembre - le remettrait en cause dans son ensemble.

Thomas Piquemal a expliqué que les changements survenus depuis 2013 dans le projet, notamment le conditionnement de la garantie du Trésor britannique au démarrage de l‘EPR de Flamanville (Manche) et la décision de consolider l‘investissement dans le bilan d‘EDF, l‘ont conduit début 2015 à proposer un report d‘Hinkley Point.

“Dès le mois de janvier 2015, je propose au PDG d‘EDF (...) d‘étudier une (...) voie qui consisterait à négocier un délai de trois ans avec notre client, parce que je vois bien que ce n‘est plus le même projet (et) que le poids sur le bilan d‘EDF sera beaucoup trop significatif”, a-t-il dit lors d‘une audition en commission à l‘Assemblée nationale.

“L‘entreprise a fait le choix de ne pas étudier ce scénario-là”, a-t-il ajouté, soulignant que, dans le même temps, “tout est allé dans le mauvais sens” en 2015, avec les nouveaux retards de l‘EPR de Flamanville, les défauts détectés sur sa cuve, les difficultés d‘Areva et surtout l‘effondrement des prix de l‘électricité.

Thomas Piquemal a aussi dit avoir proposé en vain la création d‘une société d‘investissement française qui aurait pris 10% d‘Hinkley Point, ainsi qu‘un “renforcement significatif des fonds propres” d‘EDF qui ne correspondait pas au calendrier souhaité par Jean-Bernard Lévy.

“Il m‘est apparu que, fin février, je n‘arriverais plus à obtenir le report”, a précisé l‘ex directeur financier d‘EDF, qui dit avoir présenté sa démission le 1er mars “en désespoir de cause”.

“Je ne peux (alors) pas considérer que je cautionne une décision qui pourrait amener un jour EDF à se trouver dans la situation d‘Areva, où il faut envisager une recapitalisation lorsque l‘entreprise est à quelques mois de la cessation de paiement.”

Hinkley Point “présente un risque de construction majeur” et serait venu s‘ajouter aux autres EPR actuellement construits par EDF, a également souligné Thomas Piquemal.

“Rajouter un projet supplémentaire me semblait impossible (...). Qui parierait 60 à 70% de son patrimoine sur une technologie dont on ne sait toujours pas si elle fonctionne alors que ça fait dix ans qu‘on essaie de la construire ?”

Les syndicats souhaitent pour leur part que la décision d‘investissement d‘EDF dans la construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point, un projet de 18 milliards de livres sterling (23 milliards d‘euros environ) dont le groupe détient 66,5%, soit reportée au-delà de 2016, voire de trois ans.

EDF a annoncé le 22 avril une série de mesures pour renforcer sa structure financière, dont une augmentation de capital de quatre milliards d‘euros à laquelle l‘Etat participera à hauteur de trois milliards et un plan de cessions d‘environ 10 milliards à l‘horizon 2020. (Benjamin Mallet, édité par Jean-Michel Bélot)

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