20 avril 2016 / 11:22 / il y a un an

Berlin demande l'arrêt des réacteurs belges de Tihange 2 et Doel 3

BERLIN, 20 avril (Reuters) - Les autorités allemandes ont réclamé mercredi à la Belgique l'arrêt temporaire de deux réacteurs nucléaires le temps de vérifier leur sécurité, suscitant la surprise du régulateur nucléaire belge.

L'initiative, inhabituelle, reflète les inquiétudes de Berlin quant à la sûreté des réacteurs de Tihange 2, dans l'est de la Belgique, non loin de la frontière allemande, et de Doel 3, dans le nord du pays, près des Pays-Bas.

"Je considère qu'il serait correct que ces sites soient temporairement mis hors ligne au moins le temps que de nouvelles investigations soient menées à leur terme. J'ai demandé au gouvernement belge de prendre cette mesure", écrit la ministre allemande de l'Environnement, Barbara Hendricks, dans un communiqué.

Sa demande fait suite à un avis de la commission allemande de sûreté des installations du nucléaire, qui s'est dit dans l'incapacité d'affirmer que ces deux réacteurs seraient sûrs en cas d'incident.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu auprès du ministère belge de l'Energie.

En revanche, l'Agence fédérale de contrôle nucléaire belge (AFCN) a répondu dans un communiqué que les deux réacteurs respectaient les normes de sûreté "les plus sévères".

"L'AFCN prend acte, non sans étonnement, des déclarations de la ministre allemande de l'Environnement", écrit-elle dans un communiqué. "Les centrales de Doel 3 et Tihange 2 répondent aux exigences de sûreté les plus sévères."

A la suite de la catastrophe nucléaire de Fukushima, en mars 2011 au Japon, l'Allemagne s'est engagée sur la voie d'une sortie complète du nucléaire d'ici 2022.

Les réacteurs nucléaires de Tihange 2 et Doel 3, d'une capacité d'environ un gigawatt chacun, sont restés fermés après la découverte en 2012 de microfissures sur les parois de leurs cuves. Ils ont été brièvement relancés en 2014 avant d'être de nouveau mis à l'arrêt en mars 2014.

En novembre dernier, l'AFCN a autorisé leur redémarrage, estimant que les indications de défauts ne compromettaient pas leur sûreté.

Jamais encore un responsable allemand du rang de la ministre fédérale de l'Environnement n'avait émis des critiques au sujet de ces deux réacteurs. En revanche, les autorités régionales du land de Rhénanie du Nord-Westphalie et l'arrondissement d'Aix-la-Chapelle, ville située à une soixantaine de kilomètres environ au nord-ouest de la centrale nucléaire de Tihange, avaient déjà exprimé leurs inquiétudes.

Les réacteurs sont exploités par Electrabel, la filiale belge du groupe français Engie. (Caroline Copley avec Robert-Jan Bartunek à Bruxelles; Henri-Pierre André pour le service français)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below