17 avril 2016 / 19:42 / il y a un an

LEAD 1-Au Caire, Hollande souligne l'impératif des droits de l'Homme

* Le président français en visite d'Etat en Egypte

* Il a évoqué les droits de l'Homme avec al Sissi

* L'Egypte est "un Etat de droit", dit le président égyptien (Complété avec accords)

LE CAIRE, 17 avril (Reuters) - La France et l'Egypte doivent oeuvrer à "une relation durable", notamment dans la lutte anti-terroriste, sans occulter les sujets de friction comme les droits de l'Homme qui "ne sont pas une contrainte" mais "une façon de lutter contre le terrorisme", a déclaré dimanche François Hollande.

Au premier jour d'une visite d'Etat au Caire, le président français s'est entretenu avec le président égyptien, Abdel Fattah al Sissi, des crises régionales -- Syrie et Libye au premier chef -- mais aussi de la nécessité du "droit" face au terrorisme.

"Nous devons lutter contre les causes et les conséquences de ce terrorisme, ce qui suppose de la fermeté mais aussi (...) qu'il y ait un Etat, et un Etat de droit", a souligné François Hollande lors d'une conférence de presse conjointe avec le dirigeant égyptien.

"Les droits de l'Homme ne sont pas une contrainte, c'est aussi une façon de lutter contre le terrorisme dès lors que la sécurité est assurée", a-t-il ajouté.

Le président français a précisé avoir évoqué lors de son entretien avec Abdel Fattah al Sissi "les questions relatives aux droits de l'Homme y compris les plus sensibles : le cas d'Eric Lang, dont les conditions de la mort n'ont pas été données au moment où je parle".

Ce Français de 49 ans, qui résidait en Egypte depuis vingt ans, a été battu à mort dans un commissariat du Caire en septembre 2013. Dans une interview à Metronews, sa mère accuse les autorités diplomatiques françaises d'avoir à l'époque "étouffé" l'affaire pour ne pas compromettre le rapprochement franco-égyptien.

Les droits de l'Homme, a insisté François Hollande, "c'est la liberté de la presse, d'expression, c'est aussi d'avoir un système judiciaire qui puisse répondre à toutes les questions qui sont posées."

"Nous voulons établir une relation durable mais qui répond à certaines conditions", a poursuivi le chef de l'Etat en indiquant qu'il fournirait "une liste de cas personnels" aux autorités égyptiennes.

SOUTIEN AU GOUVERNEMENT LIBYEN

Ne pas évoquer ces questions "serait manquer à mes propres devoirs par rapport à la sécurité en Europe et en France", a-t-il justifié en priant les autorités du Caire de ne pas y voir "une attaque" mais "une attente, une exigence".

Le président égyptien a assuré que son pays, qui fait ses "premiers pas d'Etat démocratique", était "un Etat de droit qui respecte son peuple".

Mais, a-t-il ajouté, "il faut être conscient que nous avons des problèmes considérables" et que l'Egypte doit faire face à "des tentatives pour faire tomber le régime de l'intérieur".

Les deux présidents ont affirmé leur soutien au nouveau gouvernement libyen et leur pleine entente pour ramener la stabilité dans le pays, limitrophe de l'Egypte.

"Nous avons attendu longtemps pour qu'il y ait un gouvernement, pour qu'il y ait une autorité, nous y sommes, mais nous n'en avons pas terminé et nous travaillerons ensemble, Egypte et France, pour qu'avec la communauté internationale nous puissions en finir avec ce qui s'est trop longtemps produit en Libye, c'est-à-dire le chaos", a dit François Hollande.

Sur le conflit syrien, le président français a souhaité "qu'il y ait de la part de l'ensemble des parties prenantes (...) la pression nécessaire pour qu'il y ait une Syrie qui retrouve la stabilité, la sécurité et surtout la paix."

"Nous pouvons étape par étape offrir une issue à condition que la négociation trouve effectivement sa place, que la trêve soit respectée", a-t-il dit aux côtés du président égyptien.

"Les relations entre l'Egypte et la France ont pris un nouveau départ, nous voulons les renforcer", a affirmé Abdel Fattah al Sissi, en citant également les domaines industriel et économique.

Des contrats militaires sont en négociation entre les deux pays, et Paris ne pouvait assurer en fin de semaine qu'ils seraient scellés à l'occasion de cette visite d'Etat.

Le quotidien La Tribune a évoqué la commande par l'Egypte de quatre navires militaires à DCNS et d'un satellite à Airbus Group et Thales pour plus d'un milliard d'euros.

Plusieurs accords intergouvernementaux ont été signés dimanche soir dans les domaines des transports urbains, de l'énergie, des énergies renouvelables et du gaz, notamment.

Le consortium Vinci-Bouygues a signé pour 1,2 milliard d'euros un accord commercial en vue de la réalisation de la phase 3 de la ligne 3 du métro cairote : 15 stations sur 17,7 km. (Sophie Louet avec bureau du Caire)

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