6 avril 2016 / 18:42 / il y a 2 ans

Air France-KLM-Six semaines pour trouver un nouveau PDG

* Alexandre de Juniac a annoncé mardi soir son départ pour l‘Iata

* Il avait pris la tête d‘Air France en 2011 puis d‘AF-KLM en 2013

* Le conseil veut lui trouver un successeur avant l‘AG du 19 mai

* Alexandre Bompard, Nicolas Dufourcq ou Guillaume Pepy cités

* L‘exemple de Christian Blanc dans les années 1990

* Baisse de l‘action en Bourse

par Cyril Altmeyer et Tim Hepher

PARIS, 6 avril (Reuters) - Air France-KLM doit trouver en quelques semaines un patron à stature internationale et ayant l‘habitude de gérer un groupe dont l‘Etat est actionnaire pour succéder à Alexandre de Juniac, a-t-on déclaré mercredi de sources proches du dossier.

Une bonne connaissance du secteur aérien serait un plus mais les candidats cochant toutes les cases ne sont pas légion et l‘exemple de Christian Blanc, qui a redressé Air France dans les années 1990 sans expérience préalable dans une compagnie aérienne, ouvre le champ des profils possibles, ajoute-t-on de mêmes sources.

Le départ d‘Alexandre de Juniac, pour prendre la tête de l‘Association du Transport aérien international (Iata) d‘ici le 1er août, enclenche une nouvelle phase d‘incertitudes dans un groupe qui a enchaîné les restructurations depuis quatre ans.

“J‘ai été surpris, comme les membres du conseil, de cette annonce”, a déclaré à Reuters Christian Magne, administrateur d‘Air France-KLM et représentant des salariés au sol et des hôtesses et stewards.

“C‘est un peu embarrassant pour le groupe parce que la succession n‘est pas instantanément assurée, donc il y a une petite phase de flottement un peu délicate”, a-t-il ajouté.

Le groupe franco-néerlandais va tout faire pour trouver un successeur à Alexandre de Juniac d‘ici l‘assemblée générale annuelle prévue le 19 mai, a souligné Christian Magne.

“C‘est un objectif du conseil parce qu‘essayez d‘imaginer une AG sans qu‘on connaisse qui va diriger le groupe, ça ne présenterait pas très bien”, a-t-il estimé.

Arrivé à la tête d‘Air France fin 2011, Alexandre de Juniac a succédé en 2013 à Jean-Cyril Spinetta pour diriger Air France-KLM, mais une porte-parole du groupe a dit mardi qu‘aucun nom n‘était a priori pressenti, pas même celui de Frédéric Gagey, l‘actuel patron d‘Air France.

Après avoir profondément restructuré la compagnie française sans mouvement social majeur pendant plus de deux ans, Alexandre de Juniac s‘est heurté en septembre 2014 à l‘opposition farouche des pilotes de la compagnie face à un projet d‘ouverture de bases hors de France pour la “low cost” Transavia. Ce mouvement des pilotes l‘a obligé à renoncer au projet après 15 jours de grève.

Depuis, les négociations avec les personnels navigants - pilotes d‘un côté et hôtesses et stewards de l‘autre - sont restées difficiles et, selon son entourage, les mois de pourparlers avaient fini par l‘épuiser.

“Il voulait partir (...) et il peut sortir par le haut”, a déclaré une source industrielle.

La baisse de 3,23% de l‘action Air France-KLM à Paris, la plus forte de l‘indice SBF-120, montre à quel point les investisseurs appréciaient Alexandre de Juniac et la difficulté pour lui trouver un successeur, souligne Gerald Khoo, analyste chez Liberum.

“De Juniac a apporté une bouffée d‘air frais parce qu‘il ne venait pas du secteur aérien et qu‘il a su mettre de côté une partie du poids de l‘histoire et regarder d‘un oeil neuf ce qui devait être fait”, estime-t-il.

CATALYSEUR DE CHANGEMENT

Mais changer de direction peut être un vrai catalyseur du changement, ajoute Gerald Khoo, citant Willie Walsh chez British Airways, Carolyn McCall chez easyJet et Christoph Franz chez Lufthansa.

L‘Etat français, qui détient 17,6% d‘Air France-KLM, suit “de très près” la succession à la tête du groupe, a précisé une source proche du dossier.

“Avec les élections approchant en 2017, cela va être très difficile d‘avancer beaucoup. A chaque nouvelle tension, cela deviendra un problème politique”, dit-on de source proche du dossier.

Les négociations avec les pilotes d‘Air France n‘ont toujours pas débouché, tandis que les réunions avec les hôtesses et stewards, dont la convention collective actuelle prend fin en octobre, n‘ont, elles, toujours pas démarré.

Parmi les noms qui circulent figurent ceux de Nicolas Dufourcq, actuel directeur général de Bpifrance et ancien directeur financier de Capgemini, et d‘Alexandre Bompard, patron de la Fnac, mais leurs entourages respectifs ont fait savoir qu‘ils n‘étaient pas candidats.

Le PDG d‘Orange, Stéphane Richard, qui dirige un groupe dont l‘Etat est actionnaire et a été directeur de cabinet à Bercy, comme Alexandre de Juniac, n‘était pas immédiatement joignable.

Le président du directoire de la SNCF Guillaume Pepy, également cité, a déclaré sur Radio Classique : “Si je suis candidat à quelque chose, c‘est à faire mon travail à la SNCF et je peux vous dire qu‘en ce moment il y en a.”

Quant à Fabrice Brégier, le PDG d‘Airbus, dont le nom circule également, il semble peu probable qu‘il se déclare candidat, selon des analystes. (Avec Victoria Bryan, Matthieu Protard et Dominique Vidalon, édité par Bertrand Boucey)

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