6 avril 2016 / 15:02 / il y a un an

LEAD 2-Nouvelle commande de 4 paquebots géants pour STX à Saint-Nazaire

* MSC Croisières est le principal client de STX Saint-Nazaire

* Le nouveau contrat représente 3.000 emplois

* Le croisiériste veut diversifier sa clientèle (Actualisé avec signature du contrat à l'Elysée, Hollande)

PARIS, 6 avril (Reuters) - MSC Croisières, principal client des chantiers navals de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), a finalisé mercredi une commande pour la construction de quatre paquebots géants, afin de profiter du boom des marchés nord-américain et chinois.

Cette commande, signée à l'Elysée par les dirigeants de MSC Croisières et STX France en présence de François Hollande, porte à huit le nombre de paquebots commandés aux chantiers navals de Saint-Nazaire, avec plus de 3.000 emplois à la clé d'ici 2026.

Le chef de l'Etat a qualifié de "belle réussite" ce contrat de près de quatre milliards d'euros représentant quelque 37 millions d'heures de travail, soit 1.800 emplois directs sur trois ans, et 3.500 sur 10 ans, pour Saint-Nazaire et sa région.

"C'est dire si Saint-Nazaire peut être convaincu d'avoir pour les dix prochaines d'années un carnet de commandes pleinement garni", s'est réjoui le président devant les dirigeants des deux groupes signataires, Laurent Castaing (STX) et Gianluigi Aponte (propriétaire de MSC), et un parterre d'ouvriers de tous les corps de métier des chantiers navals.

La flotte actuelle de 12 paquebots de MSC Croisières a été livrée par les chantiers de Saint-Nazaire entre 2003 et 2013.

Et avant la commande signée ce mercredi, l'armateur avait déjà commandé quatre paquebots supplémentaires à Saint-Nazaire, le premier devant être livré en mai 2017 et les trois autres en 2019 et 2020, mais aussi trois bateaux au chantier naval italien Fincantieri.

Les quatre paquebots commandés mercredi, qui pourront transporter chacun 7.000 passagers, sont les plus gros jamais construits dans le monde, a fait valoir le PDG de MSC Croisières Gianni Onorato lors d'un entretien à Reuters.

"Cet engagement sur la construction de 11 bateaux pour les 10 ans à venir renforcera notre positionnement mondial et nous deviendrons l'un des gros acteurs du secteur", a-t-il ajouté.

MSC VEUT DIVERSIFIER SA CLIENTÈLE

MSC Croisières table à la fois sur l'accès croissant de la classe moyenne chinoise aux vacances sur des paquebots, dont elle est très friande, et sur l'augmentation de sa présence sur l'énorme marché nord-américain, où il est sous-représenté.

Mais c'est surtout en diversifiant sa clientèle, avec des offres visant les familles et les jeunes couples, que MSC veut casser l'image des croisières réservées aux seniors.

En plus du prix de la croisière elle-même, qui s'échelonne de 700 à 3.000 euros, les clients dépensent entre 50 et 100 euros par jour en extras.

Gianni Onorato a dit ne pas avoir constaté d'impact majeur de l'insécurité liée à la présence de Daech autour de la Méditerranée sur sa principale clientèle - les Français, les Italiens, les Espagnols et les Allemands.

"Les bateaux peuvent être déplacés en cas de situation critique", a-t-il observé, citant aussi les technologies permettant un contrôle accru de l'environnement en temps réel.

C'est pour cette raison qu'il a dit espérer pouvoir desservir à nouveau des destinations aussi emblématiques que l'Egypte, la Tunisie et la Turquie.

Selon le Groupement des industries de construction et activités navales (Gican), le carnet de commandes des chantiers navals français était de 16 milliards d'euros fin 2015 (dont environ cinq milliards pour le seul secteur civil) contre un total de près de 10 milliards fin 2009.

La France est le sixième pays mondial de construction navale civile et militaire, avec une activité de 8,5 milliards d'euros et plus de 40.000 emplois directs, et figure parmi les trois premiers constructeurs mondiaux de paquebots.

La vente du chantier naval STX avait été envisagée, mais l'actionnaire majoritaire coréen n'a pas voulu déclencher la cession.

STX France est possédé à 66,6% par STX et à 33,4% par l'Etat français via le Fonds stratégique d'investissement (FSI). (Elizabeth Pineau et Cyril Altmeyer, édité par Yves Clarisse)

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