5 avril 2016 / 08:07 / dans un an

Lagarde (FMI) presse les Etats de soutenir la croissance

FRANCFORT, 5 avril (Reuters) - La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a insisté mardi sur la nécessité pour les Etats de redoubler d‘efforts afin de soutenir la croissance, en soulignant que l‘inaction actuelle ne faisait qu‘accroître les risques.

Dans un discours à l‘université Goethe de Francfort, elle a ainsi appelé les Etats-Unis à relever leur salaire minimum, l‘Europe à améliorer sa formation professionnelle et les pays émergents à réduire les subventions sur les carburants et augmenter les dépenses sociales.

La reprise qui a suivi la crise financière mondiale de 2007-2009 “reste trop lente, trop fragile et les risques sur sa pérennité augmentent”, a-t-elle dit.

“Soyons clairs: nous sommes en alerte, pas en alarme. On a assisté à une perte d‘élan en terme de croissance”, a ajouté Christine Lagarde. “Mais si les décideurs politiques peuvent affronter les défis et agir ensemble, les effets positifs sur la confiance globale et l‘économie globale seront importants.”

Ses déclarations interviennent moins de deux semaines avant les réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale à Washington, qui seront l‘occasion de dresser un nouvel état des lieux de la croissance mondiale et de ses perspectives.

Si la reprise américaine a retrouvé de l‘élan tandis que certains pays émergents, comme le Mexique, enregistraient de bonnes performances ces derniers mois, le Fonds s‘est dit déçu par la croissance en Europe et au Japon, tandis que le ralentissement en Chine pesait sur les cours du pétrole et des matières premières, handicapant ainsi de grandes économies exportatrices de ressources de base telles que la Russie et le Brésil.

LE FMI DÉTAILLE DES MESURES SPÉCIFIQUES

Face à ces vents contraires, Christine Lagarde a plaidé en faveur de l‘accélération des réformes structurelles, l‘augmentation des soutiens budgétaires et la poursuite de politiques monétaires accommodantes.

Et pour la première fois, elle a fourni des exemples concrets et précis de mesures à envisager.

Aux Etats-Unis, la hausse du salaire minimum, l‘augmentation des crédits d‘impôt pour les travailleurs pauvres et l‘amélioration de l‘indemnisation du congé parental pourraient ainsi se traduire par l‘augmentation de la population active, a-t-elle expliqué.

Elle a également jugé que la zone euro devrait améliorer son système de formation et ses politiques d‘emploi pour réduire le chômage des jeunes.

Elle a aussi prôné l‘amélioration des avantages fiscaux accordés aux investissements en recherche et développement (R&D) et la hausse de la dépense publique dans ce domaine, en citant des études du FMI selon lesquelles une hausse de 40% des dépenses de R&D dans les pays avancés pourrait se traduire par un gain de cinq points de croissance du produit intérieur brut (PIB) sur 20 ans.

Au niveau actuel des dépenses, une telle hausse équivaudrait à environ 0,4 point de PIB par an, a-t-elle précisé.

Dans son discours à Francfort, elle a également préconisé de nouveaux efforts de consolidation budgétaire dans les pays très endettés mais elle n‘a pas évoqué le cas spécifique de la Grèce. (David Lawder; Marc Angrand pour le service français)

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