23 mars 2016 / 13:29 / il y a 2 ans

Weidmann (BCE)-L'objectif d'inflation peut-être plus long à atteindre

FRANCFORT, 23 mars (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) doit faire preuve de souplesse en matière de délai nécessaire pour faire remonter l‘inflation vers son objectif et elle doit être attentive à la dégradation de la rentabilité des banques, susceptible de nuire à l‘efficacité de sa politique monétaire, a déclaré mercredi Jens Weidmann, membre du Conseil des gouverneurs de l‘institution.

Confrontée depuis plusieurs années à la persistance d‘une inflation très faible, la BCE a débattu récemment du délai nécessaire pour porter l‘inflation à un taux légèrement inférieur à 2% et sur la définition de l‘horizon de “moyen terme” fixé pour atteindre cet objectif.

“Le moyen terme, ce n‘est pas ‘à un moment donné dans un avenir lointain’, mais ce n‘est pas non plus ‘dès que possible et à n‘importe quel prix’”, a déclaré Jens Weidmann, qui préside la Bundesbank allemande.

“Le moyen terme implique donc délibérément une certaine ambiguïté pour ce qui est de l‘horizon temporel.”

La BCE ne prévoit pas pour l‘instant que l‘inflation atteigne son objectif d‘ici fin 2018, la fin de la période pour laquelle elle a établi des prévisions.

Jens Weidmann, l‘un des “faucons” de l‘institution, a ajouté dans un discours au Liechtenstein que même si l‘inflation était récemment passée en territoire négatif, il ne croyait pas à un risque de déflation.

Il a ajouté ne pas être convaincu que la baisse de l‘inflation de base (hors éléments volatils, comme l‘énergie et les produits alimentaires) serait durable.

Deux semaines après l‘annonce par la BCE d‘une amplification de son programme d‘achats de titres sur les marchés, le président de la Buba a également déclaré que les achats de dette souveraine devaient rester un outil utilisé uniquement en cas d‘urgence, en expliquant que les profits des banques allaient en pâtir.

“Nous, banquiers centraux, ne sommes pas préoccupés par les profits bancaires en tant que tels mais par la capacité des banques à transmettre de la politique monétaire”, a-t-il déclaré.

“Et cette capacité à transmettre la politique monétaire n‘est pas indépendante de leur base de fonds propres, car celle-ci détermine en grande partie la manière dont les banques peuvent absorber des chocs.”

Jens Weidmann a aussi estimé que des taux extrêmement bas pouvaient conduire à la formation de bulles et nuire à la volonté des gouvernements d‘entreprendre des réformes structurelles, qu‘il considère comme une condition nécessaire à l‘accélération de la croissance et à la remontée de l‘inflation.

Balazs Koranyi; Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison

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