11 mars 2016 / 12:23 / il y a un an

AVANT-PAPIER-La Fed confortée dans sa politique de normalisation

par Lindsay Dunsmuir

WASHINGTON, 11 mars (Reuters) - Le rebond des marchés financiers après les remous du début d'année et des indicateurs économiques qui ont dissipé les craintes d'une rechute en récession de l'économie américaine conforte le scénario avancé par la Réserve fédérale elle-même d'un relèvement graduel des taux d'intérêt.

"Les marchés financiers ont été pendant un moment complètement à côté de la plaque, partant dans tous les sens et se focalisant sur des choses qui finalement ne se sont pas révélées être de véritables risques", a dit Torsten Slok, économiste de la Deutsche Bank.

Lorsque la Fed a relevé l'objectif du taux des fonds fédéraux en décembre pour la première fois depuis une décennie, les hypothèses d'évolution des taux de ses responsables monétaires, les "dot plots", annonçaient quatre relèvements cette année. Les marchés tablaient alors sur trois hausses.

Aucun relèvement n'est attendu à l'issue de la réunion de son comité de politique monétaire qui se déroulera les 15 et 16 mars mais les "dot plots" pourraient ne plus annoncer que trois hausses d'ici la fin de l'année.

Il y a encore quinze jours, les marchés ne tablaient sur aucun relèvement en 2016. Les futures sur les fonds fédéraux montrent qu'il est en désormais attendu un, selon une analyse réalisée par le CME.

REBOND DES MARCHES ET INDICATEURS ROBUSTES

L'indice S&P 500 a chuté de près de 10% entre le mois de janvier et la mi-février du fait de craintes renouvelées sur l'ampleur du ralentissement chinois et la solidité de la reprise économique mondiale, et de la chute des cours du pétrole.

Le décrochage de Wall Street pouvait avoir des conséquences négatives sur l'économie américaine en entraînant un durcissement des conditions financières. Cette inquiétude s'est dissipée avec la bonne tenue du marché de l'emploi et de la consommation des ménages.

L'économie américaine a créé 242.000 emplois le mois dernier, bien plus qu'attendu, et à 4,9% le taux de chômage est proche d'une situation de plein emploi. Depuis 2010, pas moins de 14,3 millions d'emplois ont été créés dans le secteur privé.

La consommation des ménages, qui représente les deux tiers de l'économie américaine, s'est aussi raffermie, enregistrant en janvier sa plus forte progression en dix mois.

Le S&P 500 a rebondi de 9,5% par rapport à son plus bas de deux ans atteint le 11 février et le rendement des Treasuries à 10 ans est remonté de 35 points de base à 1,90%.

La perception des investisseurs sur les perspectives d'inflation et leur goût du risque se sont aussi améliorés. Les anticipations d'inflation à cinq ans se sont redressées à 1,7% la semaine dernière, au plus haut depuis janvier, avant de rechuter à 1,59% cette semaine.

La prime de risque des obligations spéculatives par rapport aux Treasuries a baissé de 150 points de base cette semaine, à un peu plus de 7%, au plus bas depuis deux mois, montre l'indice correspondant calculé par Bank of America Merrill Lynch.

Le cours du baril de Brent a bondi à près de 40 dollars, en hausse de 45% par rapport au plus bas de 12 ans touché il y moins de deux mois.

Les responsables monétaires comptent sur la dissipation des effets de la chute des cours du pétrole sur l'évolution des prix pour espérer un retour progressif de l'inflation vers l'objectif de 2% de la banque centrale.

La Fed a dit en décembre que les hausses de taux dépendraient à l'avenir des progrès constatés sur l'inflation, qui est inférieure à l'objectif depuis quatre ans. L'inflation de base est remontée à 1,7% en glissement annuel en janvier, au plus haut depuis juillet 2014.

Lors de la réunion du comité de politique monétaire du mois de janvier, la Fed, contrairement à son habitude, n'avait pas fait état dans son communiqué de son évaluation des risques pesant sur l'économie. Elle pourrait y revenir la semaine prochaine, estiment les économistes qui suivent tout particulièrement sa politique.

Au vu des progrès de l'inflation, le communiqué pourrait aussi refléter le souhait de la Fed de ne pas apparaître trop en décalage face à la réalité du marché.

"Je crois vraiment qu'ils veulent envoyer le message au marché que ce (la hausse des taux) n'est pas terminé", a dit Beth Ann Bovino, économiste de Standard & Poor's pour les Etats-Unis. "Ce n'est pas un 'fusil à un coup' comme cela a pu être dit." (Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below