8 mars 2016 / 16:43 / il y a un an

LEAD 2-Orange regarderait T. Italia si Bolloré lui fait un appel du pied

(Actualisé avec commentaires de Hollande et Renzi)

par Mathieu Rosemain

LE CAIRE, 8 mars (Reuters) - Le PDG d'Orange Stéphane Richard a déclaré qu'il pourrait réfléchir à l'opportunité d'un rapprochement avec Telecom Italia si Vincent Bolloré lui en faisait la proposition mais il pense qu'un tel scénario ne se concrétisera pas.

Vincent Bolloré préside le conseil de surveillance de Vivendi, devenu le premier actionnaire de Telecom Italia avec une participation de 23,8%.

"Si un jour M. Bolloré me dit 'le bon truc c'est qu'il y ait accord entre nous et qu'Orange reprenne Telecom Italia', alors nous verrons", a expliqué Stéphane Richard lors d'un déplacement au Caire lundi.

"Je ne crois pas que cela fasse partie de ses intentions", a-t-il cependant précisé, indiquant qu'il rencontrait l'entrepreneur milliardaire régulièrement.

Vivendi et Telecom Italia n'ont pas souhaité faire de commentaires.

Un porte-parole d'Orange a de son côté réaffirmé que "le dossier Telecom Italia n'est pas d'actualité".

En décembre, Vivendi a obtenu quatre sièges au conseil de Telecom Italia qui en compte 17 au total.

"Il (Vincent Bolloré) a (...) presque le contrôle du conseil d'administration. Les clefs de l'avenir, c'est lui qui les a", a estimé Stéphane Richard en référence à l'opérateur historique italien.

En janvier, le président du directoire de Vivendi Arnaud de Puyfontaine avait assuré que la prise de participation du groupe de divertissement dans l'opérateur italien ne constituait pas un "point d'accès" pour Orange, réfutant des informations de presse selon lesquelles Vincent Bolloré pourrait jouer le rôle de facilitateur pour un rapprochement entre les deux opérateurs.

Il y a un an, Stéphane Richard avait présenté Telecom Italia comme une "belle opportunité de consolidation européenne" mais il a affirmé le mois dernier que le numéro un français des télécoms n'avait aucun projet de fusion avec son pair italien. et

Telecom Italia, dont la dette nette atteint environ 27 milliards d'euros, est souvent présenté comme une cible dans un secteur en voie de consolidation, en raison notamment de sa relative petite taille.

Tout rapprochement entre Orange et Telecom Italia nécessiterait l'aval de l'Etat français, premier actionnaire d'Orange avec 23% du capital.

L'opérateur historique est actuellement en discussions en vue de racheter Bouygues Telecom dans le cadre d'une transaction en numéraire et en actions qui ferait de sa maison-mère Bouygues son deuxième actionnaire après l'Etat.

A l'occasion d'un sommet franco-italien à Venise, François Hollande a dit à la presse avoir discuté d'éventuels rapprochements entre groupes industriels des deux pays avec le président du Conseil italien, Matteo Renzi, en vue de créer des "champions" européens dans certains secteurs d'avenir.

Il a évoqué les énergies renouvelables, l'industrie du transport maritime, la défense et les télécommunications.

Renzi de son côté, interrogé sur l'hypothèse d'un rachat de Telecom Italia par Orange, a répondu que tout investisseur ayant des ressources et de l'ambition était le bienvenu sur le marché italien, ajoutant que c'était bien sûr au marché de décider.

L'action Telecom Italia a avancé de 1,63% à un euro à Milan mardi, alors qu'Orange a cédé 0,29% à 15,72 euros à Paris. (Avec Patrick Vignal, Gwénaëlle Barzic et Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc Joanny)

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