21 juillet 2015 / 07:45 / il y a 2 ans

LEAD 2-Fabius en Iran fin juillet, Macron prudent sur la normalisation

* Fabius rencontrera le président iranien

* Il est confiant dans le retour des entreprises françaises

* Macron veut éviter un contentieux de type BNP avec Washington (Avec déclarations d'Emmanuel Macron)

PARIS, 21 juillet (Reuters) - Le ministre français des Affaires étrangères ira la semaine prochaine en Iran, dans la foulée de l'accord du 14 juillet sur le nucléaire, mais son collègue de l'Economie a douché les espoirs de normalisation rapide des relations économiques avec Téhéran.

La visite de Laurent Fabius sera la première en Iran d'un chef de la diplomatie française depuis Dominique de Villepin en 2003.

"Mon collègue iranien, M. (Mohammad Javad) Zarif m'a invité. (...) Tout est réuni pour que je m'y rende et j'aurai des conversations sur tous les sujets avec lui", a déclaré Laurent Fabius à France Inter mardi. Il a précisé qu'il rencontrerait aussi le président iranien, Hassan Rohani.

Il a assuré que la fermeté de Paris dans les négociations sur le nucléaire iranien ne pénaliserait pas les entreprises françaises dans leurs relations futures avec l'Iran. "On ne perd jamais à se faire respecter", a-t-il fait valoir.

Une cinquantaine de chefs d'entreprise, en majorité du CAC-40, devaient être reçus au Quai d'Orsay pour faire le point sur la situation créée par l'accord de Vienne.

Lors d'une audition par la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale, le ministre de l'Economie a cependant invité à la prudence, après l'amende de 8,9 milliards de dollars infligée l'an dernier à BNP Paribas par la justice américaine pour cause de violation de l'embargo. (voir aussi )

"Le planning de levée des sanctions est fin d'année 2015-début d'année 2016 (...) Donc, de toutes façons on n'aura rien avant la fin de l'année, début de l'année prochaine", a expliqué Emmanuel Macron. "Il faut être très prudent."

"DÉBAT HOMÉRIQUE"

Il a lancé une mise en garde contre le risque de nouveaux contentieux avec les Américains en cas de conclusion de marchés dans la période de transition qui s'ouvre.

"C'est un sujet clef qu'on aura vis-à-vis des Etats-Unis. Et donc (...) il ne faut pas être naïf mais la précipitation n'est pas la meilleure réponse", a-t-il souligné.

En tout état de cause, a insisté le ministre de l'Economie, la levée des sanctions devrait donner lieu à un "débat homérique" au Congrès américain.

"Vous allez voir qu'il y aura un refus très fort de levée des sanctions, voire une forme de cynisme", a ajouté Emmanuel Macron qui n'a pas exclu que le Congrès cherche à lever les sanctions dans les seuls secteurs clefs pour l'économie américaine et pas dans les autres.

"Donc c'est là que nous allons avoir un débat diplomatique et économique avec les Américains (...) et tout faire pour que, sur les sujets où nous avons des intérêts économiques, les sanctions soient bien levées", a-t-il ajouté. "Je ne veux pas qu'on reproduise les cas type BNP."

Il a souligné que la visite de Laurent Fabius, sans doute vers le 29 juillet, serait avant tout une démarche diplomatique et rappelé qu'une délégation patronale du Medef irait en Iran fin septembre avec 80 entrepreneurs et, éventuellement, un accompagnement gouvernemental.

"J'ai fait savoir au président de la République que j'étais évidemment disponible", a-t-il précisé.

Sophie Louet et Emmanuel Jarry, avec John Irish, édité par Grégory Blachier

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below