29 juin 2015 / 08:03 / il y a 2 ans

LEAD 3-La France, prête à intercéder, croit à un accord avec la Grèce

* Hollande lie solidarité et "responsabilité"

* Il se dit disponible pour relancer les discussions

* "A quelques centimètres d'un accord", dit Moscovici

* Le référendum du 5 juillet dans la balance (Actualisé avec contexte, détails)

PARIS, 29 juin (Reuters) - La France a dit lundi croire encore en la possibilité d'un accord entre la Grèce et ses créanciers, mais François Hollande, a signifié à Athènes que la balle était dans son camp, comme l'a fait la chancelière allemande Angela Merkel.

Les autorités françaises, qui "regrettent" la décision du Premier ministre grec Alexis Tsipras de rompre les négociations et de convoquer un référendum, se disent prêtes à jouer les "traits d'union" pour relancer le dialogue.

"La France est disponible, toujours disponible pour que le dialogue puisse reprendre aujourd'hui ou demain, mais aujourd'hui il y a toujours la possibilité d'un accord, demain, ça dépendra de la réponse des Grecs au référendum", a déclaré François Hollande à l'issue d'un conseil des ministres restreint consacré à la situation grecque.

"La France est toujours prête à agir, mais elle ne peut le faire que s'il existe une volonté commune de parvenir à une solution", a-t-il insisté.

Il reste théoriquement une "fenêtre de tir" jusqu'à mardi matin pour conclure un accord et étendre le programme d'aide européen à la Grèce qui expire le 30 juin, afin de lui permettre d'honorer le remboursement de 1,6 milliard d'euros dû le même jour au FMI, explique-t-on de source européenne.

Passé ce délai, la situation deviendrait périlleuse mais le non paiement au FMI ne déclencherait pas nécessairement un défaut généralisé du pays, veut-on croire de source proche des négociations. Les prochaines jours pourraient tout de même être mis à profit pour trouver un accord qu'Alexis Tsipras pourrait défendre lors du référendum organisé le 5 juillet.

Même en cas d'échec, il est probable que la Banque centrale européenne (BCE) continue de fournir des liquidités au système bancaire grec jusqu'à cette consultation populaire pour laquelle le gouvernement grec a pour l'instant prôné le "non" aux propositions des créanciers de l'Etat grec.

"RESPONSABILITÉ"

En cas de vote négatif des électeurs, la BCE devra décider si elle continue à poursuivre cette politique jusqu'au 20 juillet, date à laquelle la Grèce doit rembourser 3,5 milliards d'euros d'obligations d'Etat détenues par la BCE. Pour beaucoup d'analystes, un non remboursement précipiterait la Grèce hors de la zone euro.

Sans se projeter dans ces différentes hypothèses, l'exécutif français dit respecter la décision d'organiser un référendum mais en appelle à la "responsabilité".

"C'est son choix souverain, (...) c'est la démocratie, c'est le droit du peuple grec de dire ce qu'il veut pour son avenir", a fait valoir le président français. "La solidarité est toujours possible quand la responsabilité est là".

D'ici là, le ministre français des Finances, Michel Sapin, a confirmé sur France Inter que la France se tenait prête à jouer les intermédiaires.

"Nous sommes bien placés pour que nous soyons les acteurs de cette reprise du dialogue, en lien avec les autorités européennes", a-t-il justifié.

"Est-ce que demain il peut y avoir une nouvelle capacité à accompagner la Grèce? La réponse est oui, dans les conditions du dialogue, de la négociation, de la discussion, du respect".

"La place de la Grèce, c'est dans l'euro", a souligné Michel Sapin, qui considère toutefois qu'un "Grexit" est désormais "une possibilité".

LA FRANCE PRÊTE A JOUER LES INTERMÉDIAIRES

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, devait indiquer lundi à la mi-journée "la voie à suivre" pour favoriser une reprise des discussions, a annoncé Pierre Moscovici, pour qui les parties sont "à quelques centimètres d'un accord".

Le commissaire européen aux Affaires économiques et financières a estimé sur RTL qu'il restait "des marges pour la négociation".

Les positions entre Athènes et ses créanciers étaient "assez proches" avant qu'Alexis Tsipras ne décide de suspendre les pourparlers, "maintenant il reste encore un espace", a insisté Pierre Moscovici.

Il s'est voulu rassurant sur les conséquences d'une possible sortie de la Grèce de la zone euro : "La zone euro aujourd'hui a tous les moyens de traiter toutes les situations, (...) nous avons tous les pare-feux pour faire face à ça".

François Hollande a souligné que la France était une économie "robuste" et qu'elle n'avait "rien à craindre de ce qui peut se produire". Pierre Moscovici a dit pour sa part que "les impacts éventuels sur l'économie française seraient très limités". (Sophie Louet et Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse)

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