5 juin 2015 / 07:27 / dans 2 ans

LEAD 3-Vodafone parle échange d'actifs et non fusion avec Liberty

(Actualisé avec réactions, contexte, cours)

par Sarah Young et Pamela Barbaglia

LONDRES, 5 juin (Reuters) - Vodafone, le deuxième opérateur mobile du monde, a annoncé vendredi avoir engagé des discussions en vue d‘un échange d‘actifs avec Liberty Global , un groupe américain numéro un du câble en Europe.

Analystes et banquiers spécialistes du secteur estiment qu‘une alliance entre les deux groupes pourrait notamment concerner la Grande-Bretagne et l‘Allemagne, les deux plus importants pays dans lesquels ils sont l‘un comme l‘autre présents.

Vodafone, dont la téléphonie mobile a longtemps constitué l‘unique activité, s‘est engagé depuis quelques années dans une stratégie de diversification pour tenter de rattraper son retard sur des concurrents également présents dans le fixe, comme Orange, Telefonica ou Deutsche Telekom .

Le britannique fait l‘objet depuis longtemps déjà de spéculations autour d‘un rachat ou d‘un rapprochement avec Liberty, dans un contexte de convergence entre câble et téléphonie. Mais dans son communiqué de vendredi, il souligne bien que les discussions en cours ne visent pas à conclure une fusion et il ne précise pas les activités qui pourraient être concernées par un accord d‘échange.

Pour les analystes de Deutsche Bank, “un échange d‘actifs permettrait aux deux parties de renforcer leurs positions respectives dans des marchés qui convergent et il pourrait mener à un rapprochement total à plus long terme”.

A la Bourse de Londres, l‘action Vodafone a fini la journée en baisse de 2,44%. A Wall Street, le titre Liberty Global gagnait 1,26% vers 17h55 GMT.

Le groupe américain, présent dans 12 pays en Europe, affiche une capitalisation boursière de plus de 46 milliards de dollars (41,4 milliards d‘euros), contre 66 milliards de livres (90,7 milliards d‘euros) pour Vodafone.

Un banquier spécialiste du secteur a estimé que Vodafone pourrait être en premier lieu intéressé par la filiale britannique de Liberty, Virgin Media, tandis que l‘américain pourrait viser les activités allemandes de Vodafone.

Liberty contrôle déjà Unitymedia, le deuxième câblo-opérateur d‘Allemagne, et convoite depuis longtemps déjà le numéro un, Kabel Deutschland, que Vodafone a racheté en 2013 pour plus de 10 milliards d‘euros dans le but de le rapprocher de sa filiale locale de téléphonie mobile.

UN ÉCHANGE ROYAUME-UNI CONTRE ALLEMAGNE ?

“L‘opération porte sur un échange entre Royaume-Uni et Allemagne. Rien d‘autre n‘a d‘importance”, a jugé le banquier.

Certains analystes estiment quant à eux que Vodafone pourrait céder ses activités britanniques et néerlandaises en échange des activités allemandes de Liberty, une option qui priverait toutefois le groupe de présence forte dans son pays d‘origine.

La difficulté de trouver une solution qui satisfasse les deux parties peut expliquer pourquoi Vodafone et Liberty n‘ont pas conclu une fusion globale.

Certains des plus importants actionnaires de Vodafone s‘étaient dits ouverts fin mai à un rapprochement avec Liberty Global, l‘opérateur britannique étant, à leurs yeux, le mieux placé pour négocier avec le groupe dirigé par John Malone.

Ce dernier a déclaré il y a une dizaine de jours qu‘une fusion avec Vodafone représenterait une “formidable opportunité”. L‘action Vodafone a gagné 7% depuis ces propos, qui l‘ont propulsée à un pic de 14 ans.

Selon l‘analyste d‘Accendo Markets Austin Eden, la fusion pourrait encore revenir à l‘ordre du jour par la suite.

“On ne peut s‘empêcher de se demander si ce n‘est pas une sorte d‘échauffement avant que ne soit déclarée plus ouvertement l‘affection entre l‘opérateur mobile britannique et le premier câblo-opérateur en Europe”, dit-il dans une note.

Vodafone, qui compte quelque 446 millions de clients mobiles à travers le monde, a perdu du terrain face à certains concurrents qui ont su réagir plus vite à la tendance des consommateurs à privilégier les offres “quad-play” où l‘accès haut débit à internet, la télévision, le téléphone fixe et le téléphone mobile sont regroupés en un seul contrat.

Pour rattraper son retard, Vodafone a récemment procédé à des acquisitions dans le câble en Espagne, en Allemagne et en Grande-Bretagne et investi dans la modernisation de ses réseaux.

De son côté, Liberty a commencé à se tourner vers la téléphonie mobile en rachetant un opérateur en Belgique, après avoir longtemps assuré qu‘il n‘avait pas besoin de détenir ses propres activités mobiles.

Au Royaume-Uni, Virgin Media utilise le réseau EE que ses propriétaires Orange et Deutsche Telekom sont en train de vendre à BT, grand concurrent de Virgin Media. (avec James Davey; Benoit Van Overstraeten, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc Angrand)

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