29 avril 2015 / 16:24 / dans 3 ans

LEAD 2-La Grèce, sous pression, prépare une liste de réformes

(Actualisé, privatisation des ports, sondage)

par Renee Maltezou et Jan Strupczewski

ATHENES/BRUXELLES, 29 avril (Reuters) - Des responsables de la zone euro ont maintenu la pression sur la Grèce mercredi pour tenter d‘infléchir la ligne politique du gouvernement Tsipras, qui a promis de présenter rapidement une liste de réformes prouvant son sérieux.

Athènes doit rembourser quelque 750 millions d‘euros au Fonds monétaire international (FMI) en mai mais risque de manquer de liquidités pour honorer cette échéance en l‘absence de tout nouveau versement d‘aide.

Une liste de réformes incluant des privatisations et des mesures fiscales devait être dévoilée mercredi aux représentants des ministères des Finances de chacun des autres pays de la zone euro à Bruxelles. Elle sera étudiée dans le détail jeudi lors d‘une réunion technique entre les équipes du gouvernement grec et des créanciers, ont précisé des sources gouvernementales à Athènes.

Un haut responsable de la zone euro a déclaré que pour permettre un compromis, la Grèce devrait faire des concessions de taille sur au moins l‘un des trois grands chapitres des pourparlers, à savoir les retraites, la réforme du marché du travail et la fiscalité.

“Nous avons besoin d‘une démarche politique très significative de la part des Grecs cette semaine pour ramener la confiance dans le processus”, a dit ce responsable, qui a requis l‘anonymat.

Il peut s‘agir des retraites, du marché du travail, mais (...) ils devront en payer le prix politique. L‘Eurogroupe veut constater que le prix politique est payé.”

Les créanciers d‘Athènes conditionnent un dégel même partiel de l‘aide à la présentation et à la mise en oeuvre de la liste des réformes. Athènes, de son côté, espère qu‘un début de compromis incitera la BCE à assouplir les restrictions sur les émission de bons du Trésor.

FRAUDE ET CORRUPTION

“Nous visons désormais un accord, disons ‘minimum’ dans lequel nous inclurons certains éléments que nous accepterons de mettre en oeuvre immédiatement, en même temps que l‘assouplissement des restrictions de la BCE”, a dit le vice-Premier ministre Yannis Dragasakis à la radio Sto Kokkino.

Les propositions d‘Athènes devraient inclure des réformes du fisc et d‘autres administrations publiques ainsi que l‘instauration d‘une taxe sur les droits de diffusion télévisée et la publicité à la télévision, a précisé un responsable grec.

Dans le cadre de la lutte contre l‘évasion fiscale, les touristes visitant certaines îles grecques seront obligés d‘utiliser une carte de crédit pour des transactions de plus de 70 euros.

Les créanciers de la Grèce réclament pour l‘instant un relèvement du taux de TVA appliqué dans ces îles au niveau de celui de la Grèce continentale.

Le gouvernement grec envisagerait aussi une privatisation partielle, à 51%, des deux plus grands ports du pays, Le Pirée et Thessalonique, une concession aux demandes des bailleurs de fonds internationaux, mais aucune décision n‘a encore été prise, a-t-on appris de source gouvernementale.

Selon des sources de la zone euro, la Grèce n‘a que quelques jours pour conclure un accord car elle doit entamer les négociations sur un troisième plan d‘aide afin d‘éviter un défaut sur sa dette après juin.

“Le financement de l‘Etat grec n‘est pas tenable sans un troisième plan, sans un financement supplémentaire”, a déclaré un haut responsable de la zone euro avant une réunion des représentants des ministères des Finances des pays membres à Bruxelles.

“UNE QUESTION DE JOURS”

Une telle négociation devrait être bouclée au plus tard en mai afin que le plan puisse être soumis à temps aux parlements nationaux dont le feu vert est indispensable.

“Nous ne sommes plus en train de parler de semaines, nous sommes en train de parler de jours”, a souligné la source.

Toutefois, ni le gouvernement grec ni les ministres des Finances de la zone euro ne semblent prêts à entamer les discussions sur un nouveau plan d‘aide pour l‘instant, a-t-elle ajouté.

Athènes n‘entend pas prolonger les renoncements à sa souveraineté qu‘implique de tels plans et la zone euro entend que le gouvernement grec mette en oeuvre les réformes prévues par le plan en cours avant de commencer à discuter d‘un nouvel accord.

Après trois mois de discussions infructueuses, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a remanié lundi son équipe de négociateurs, ce qui a été interprété comme une mise à l‘écart de fait de son ministre des Finances, Yanis Varoufakis.

“Je retiens que ce qu‘a dit le Premier ministre lundi est précisément qu‘il a pris conscience du fait que maintenant, le temps lui est compté. Il a décidé de s‘impliquer personnellement et de prendre en main les discussions”, a dit le responsable de la zone euro.

Selon un sondage GPO pour Mega TV, 75,6% des Grecs veulent la conclusion d‘un accord sur la dette quel qu‘en soit le prix. Seuls 22,8% sont d‘un avis contraire.

En cas d‘impasse dans les discussions, 72,2% ne veulent pas d‘élections anticipées.

Si un accord est conclu, 61,9% des personnes interrogées ne sont pas favorables à l‘organisation d‘un référendum pour l‘approuver. (avec Angeliki Koutantou à Athènes, Guy Kerivel et Marc Angrand pour le service français)

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