March 24, 2014 / 1:47 AM / 5 years ago

Réunion extraordinaire du G7 sur la crise avec la Russie

par Justyna Pawlak

LA HAYE, 24 mars (Reuters) - Les dirigeants des pays du G7 se retrouvent lundi à La Haye pour discuter, en marge du Sommet sur la sécurité nucléaire, de leurs réactions à l’annexion de la Crimée par la Russie.

Cette réunion extraordinaire, prévue pour durer une heure à partir de 18h30 (17h30 GMT), a été annoncée mardi dernier, au moment où Vladimir Poutine engageait la procédure de ratification du rattachement de la Crimée adopté le dimanche précédent par référendum par les électeurs du territoire majoritairement russophone.

La Russie a depuis pris le contrôle des installations militaires de la Crimée, sur lesquelles flotte le drapeau russe depuis dimanche.

Conséquence de la chute du président ukrainien Viktor Ianoukovitch, le 22 février, la crise est devenue en un mois la plus grave confrontation entre l’Est et l’Ouest depuis la fin de la Guerre froide.

Les Etats-Unis et l’Union européenne ont adopté des sanctions ciblées contre des personnalités russes ou pro-russes, dont des proches du président russe. Mais leur impact et leur capacité à influencer la politique de Poutine n’ont pas été à ce jour démontrés.

A La Haye, les pays du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie et Japon) devraient vraisemblablement débattre des moyens d’exercer une pression accrue sur Moscou. Et de leur coût potentiel.

“Ce sera une occasion pour nous expliquer mutuellement ce que nous faisons et ce que nous allons faire et pour coordonner nos actions”, souligne un haut responsable de l’UE.

LA RUSSIE A LE PLUS À PERDRE, JUGE MARK RUTTE

Les gouvernements occidentaux doivent trouver un équilibre entre exercer des pressions sur Poutine, protéger leurs propres intérêts économiques et éviter de déclencher un cercle vicieux de sanctions et de représailles.

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, qui a mis sa résidence à disposition des dirigeants du G7, a souligné dimanche que dans cette affaire, c’était la Russie qui avait le plus à perdre.

“La Russie a une économie grandement centrée sur le pétrole et le gaz”, a-t-il dit dans une interview accordée dimanche à Reuters. “Elle n’est pas diversifiée. Le taux de croissance a diminué considérablement ces dernières années. Si des sanctions (économiques) sont mises en place, cela touchera fortement la Russie.”

A Washington, des responsables de l’administration Obama ont expliqué vendredi que les sanctions déjà en place avaient été soigneusement pensées pour viser les proches de Poutine sans provoquer de ripostes russes contre des entreprises américaines.

Si de nouvelles sanctions s’avèrent nécessaires, l’administration américaine s’efforcera d’être encore plus précautionneuse. Pas question d’exclure un secteur entier de l’économie russe, comme le pétrole ou les métaux. Un tel embargo risquerait en effet de provoquer des répliques dans toute l’économie mondiale. Il suffit pour s’en convaincre de mesurer la dépendance de l’Europe au gaz naturel russe, qui représente le tiers environ de son approvisionnement. (voir )

“LE G8 EST MORT”

Des diplomates indiquent que la réunion extraordinaire de lundi ne devrait pas aboutir à des décisions précises.

Le G7 devrait en revanche envoyer un message de soutien aux nouvelles autorités au pouvoir à Kiev alors que le commandant suprême des forces de l’Otan en Europe, le général Philip Breedlove, a déclaré dimanche que le déploiement d’importants effectifs russes aux frontières orientales de l’Ukraine inquiétait les alliés. (voir )

Les dirigeants du G7 discuteront également du sommet du G8 qui doit théoriquement se tenir en juin à Sotchi. Les partenaires de Moscou ont suspendu les préparatifs de ce rassemblement et Londres a prévenu que la Russie risquait d’être exclue de ce “club” qu’elle a rejoint en 1998.

Cette réunion, indique une source diplomatique française, permettra de “discuter de la manière dont ce groupe peut ou ne peut pas continuer à fonctionner”.

“Il y aura certainement un communiqué qui sera publié à la fin qui reflétera le consensus sur l’évaluation de la situation et sur la manière dont ce groupe peut répondre à la situation créée en Ukraine”.

Un diplomate européen affirme lui sans détour: “Même si personne ne veut le dire, le G8 est mort.” (avec Adrian Croft à Bruxelles, Thomas Escritt et Athony Deutsch à Amsterdam, William James à Londres et Elizabeth Pineau à Paris; Henri-Pierre André pour le service français)

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