April 2, 2013 / 9:59 AM / 6 years ago

AVANT-PAPIER-France-Hollande veut encourager un Maroc qui change

* Visite d’Etat de deux jours à Casablanca et Rabat

* Paris veut rester le premier partenaire commercial du Maroc

* Hollande prône une “Méditerranée de projets”

par Elizabeth Pineau

PARIS, 2 avril (Reuters) - Trois mois après son voyage de réconciliation en Algérie, François Hollande entame mercredi une visite d’Etat de deux jours au Maroc, pays avec lequel la France entend dynamiser une relation déjà dense sur les plans politique et commercial.

Au moins huit ministres et une soixantaine de patrons accompagnent le président pour ce voyage qui devrait coïncider avec la signature d’accords, mais pas de contrats majeurs, dans un pays de 33 millions d’habitants où sont implantées 750 entreprises françaises, dont 36 du CAC 40.

Mi-protocolaire, mi-économique, la visite sera l’occasion pour le président français d’encourager les évolutions de la société marocaine, qui a échappé au chaos né des “printemps arabes” vécus par d’autres pays comme la Tunisie et l’Egypte.

Le roi Mohammed VI a favorisé cette transition sans heurts, qui s’est traduite par l’arrivée, en janvier 2012, d’un Premier ministre issu de la mouvance islamiste, Abdelilah Benkirane.

Sur fond de ralentissement économique, des problèmes sociaux demeurent toutefois et une manifestation a eu lieu dimanche à Rabat pour protester notamment contre le chômage et la vie chère.

“Le Maroc a changé, il change, il va dans la bonne direction. Dans un contexte où les printemps arabes offrent beaucoup de potentiel, mais aussi des risques, le Maroc a trouvé sa voie”, dit-on dans l’entourage du président français. “Il faut l’accompagner dans cette voie et rester son premier partenaire, notamment commercial”.

Un message que devrait distiller François Hollande avec les responsables marocains, devant le Parlement, et lors de débats avec des étudiants à l’université internationale de Rabat et des personnalités conviées à la Bibliothèque nationale.

Les dossiers syrien et malien seront abordés, Paris cherchant le soutien de Rabat à l’heure où le Maroc siège au Conseil de sécurité des Nations unies.

La dynamique Casablanca sera la première étape du voyage du président et de sa compagne, Valérie Trierweiler, qui seront reçus par le roi Mohammed VI.

COLOCALISATION

Ce dernier fut le premier dirigeant étranger à rencontrer François Hollande après son entrée en fonctions, en mai. Un point que souligne Paris pour ménager les susceptibilités liées à l’ancestrale rivalité entre Rabat et Alger.

Ainsi en décembre, le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, s’était-il rendu au Maroc une semaine avant la visite de François Hollande en Algérie.

Au plan économique, le concept de “colocalisation” évoqué lors de la visite de Jean-Marc Ayrault, mais qui reste à développer, devrait être relancé cette semaine.

L’idée est de favoriser des systèmes “gagnant-gagnant” mettant à contribution certains pays pour réduire les coûts tout en conservant une partie de l’activité en France.

Sanofi inaugure par exemple au Maroc une usine qui conditionne des vaccins fabriqués en France, distribués en Afrique de l’Ouest, et qui associent un certain nombre de compétences conjointes.

“A chaque fois, il s’agit de créer une solidarité dans la chaîne économique avec des créations d’emplois en France et dans les pays du Maghreb”, explique-t-on à Paris.

L’Union pour la Méditerranée (UPM) lancée par Nicolas Sarkozy en 2008 avait le même objectif, mais son caractère global euro-méditerranéen et la persistance du conflit israélo-palestinien ont jusqu’à présent freiné son travail.

François Hollande prône, lui, une “Méditerranée de projets”, ambition “pragmatique pour la Méditerranée, en particulier pour la Méditerranée occidentale”, souligne un conseiller.

L’inauguration par le président et le roi d’une station de traitement des eaux à Mediouna, près de Casablanca, illustre les collaborations que les deux pays veulent encourager dans les énergies renouvelables, les transports et les services urbains.

La France participe, via Alstom et la SNCF notamment, à la construction de tramways et de lignes ferroviaires à grande vitesse au Maroc.

“Bien qu’étant le premier partenaire du Maroc, nous ne voulons pas nous reposer sur nos lauriers, nous ne considérons pas que nous avons des positions acquises, et nous investissons dans des domaines d’avenir”, dit un diplomate parisien. (Edité par Yves Clarisse)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below