May 31, 2012 / 7:36 AM / 6 years ago

Moscovici demande à l'ex-patron d'Air France de rendre sa prime

PARIS, 31 mai (Reuters) - Le ministre français de l’Economie Pierre Moscovici a demandé jeudi matin à l’ancien directeur général d’Air France, Pierre-Henri Gourgeon de rembourser la prime de non-concurrence de 400.000 euros qu’il a touchée après son départ pour cause de mauvais résultats.

Sur France Inter, Pierre Moscovici a rappelé que l’Etat, actionnaire minoritaire d’Air France, voterait contre cette prime - qui a déjà été versée - lors de l’assemblée générale des actionnaires. Mais cette dernière, selon la compagnie aérienne, n’a toutefois pas le pouvoir de l’annuler. (voir )

Le ministre a suggéré une solution. “La morale voudrait en effet que de lui-même, Pierre-Henri Gourgeon rembourse cela (... ) La prime a déjà été versée, mais de manière très claire, nous disons que ce n’est pas ce qu’il faut faire”, a-t-il dit.

Ce dossier est le premier du nouveau quinquennat sur le sujet très sensible des super-rémunérations des dirigeants.

Pierre-Henri Gourgeon, évincé en octobre 2011 de la direction générale d’Air France-KLM en raison de la mauvaise situation de la société, déficitaire et endettée, percevait un salaire annuel de 750.000 euros, auquel s’ajoutait une part variable de 263.000 euros.

A son départ, il a reçu une indemnité - un “parachute” - de 1,125 million d’euros plus la fameuse indemnité de non-concurrence, aujourd’hui visée, de 400.000 euros en échange du respect d’un engagement de non-concurrence pour trois ans, selon les documents officiels de la société.

Pierre Moscovici a réitéré l’engagement de ramener “rapidement” l’échelle des salaires dans les entreprises publiques dans une proportion maximale de 1 à 20 et qu’elle s’appliquerait sur les mandats en cours.

Il promet une communication dans les trois semaines en conseil des ministres sur la question. “Il faut que quand on demande des efforts aux Français, ces efforts soient partagés”, a-t-il dit.

Il se félicite que le président d’EDF Henri Proglio, un proche de Nicolas Sarkozy, se soit engagé à s’appliquer lui-même la mesure, selon la presse.

“Quand on est dirigeant d’entreprise publique, quand on est aussi patriote attaché à son pays, quand on sait comment vivent ses salariés, on doit être capable d’accepter cette réduction”, a dit le ministre. Prié de dire si Henri Proglio garderait son poste grâce à cette concession, il ne s’est pas prononcé. (Thierry Lévêque, édité par Henri-Pierre André)

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