March 16, 2012 / 4:18 PM / 8 years ago

Partis et "pirates" fleurissent en Grèce avant les élections

par Harry Papachristou

ATHENES, 16 mars (Reuters) - Les Grecs auront l’embarras du choix aux élections législatives prévues d’ici début mai, avec une multitude de partis fleurissant à droite comme à gauche, comme celui des “Pirates”, qui militent pour un internet plus libre.

Si la plupart de ces derniers nés de la politique grecque ont peu d’espoir de remporter plus des 3% de suffrages nécessaires pour entrer au parlement, ils risquent de prendre des voix aux partisans de l’austérité, qui ont négocié les plans de sauvetage de la Grèce avec ses partenaires internationaux.

Rien que cette semaine, députés dissidents et citoyens en colère ont constitué quatre nouveaux partis, profitant ainsi de la frustration de la population après des décennies de népotisme et de mauvaise gestion qui ont rendu la Grèce insolvable.

L’un de ces groupes, les “Pirates”, est la déclinaison grecque d’un mouvement politique qui se veut indépendant et a déjà percé en Suède et en Allemagne.

Les “Pirates”, qui comptent 650 membres en Grèce, militent pour la transparence des gouvernements et la liberté numérique et défendent le partage de la culture sur internet.

Chacun de ses membres a versé cinq euros dimanche pour couvrir les frais de la modeste chambre d’hôtel réservée à l’occasion du premier meeting organisé à Athènes.

“Je rêve d’une Grèce qui soit différente, avec des hommes politiques différents”, a déclaré Dimitris Vagenas, salarié d’une compagnie aérienne aujourd’hui licencié, devant une audience de 40 personnes, la plupart trentenaires ou quadras, et qui travaillent dans l’informatique.

DISSIDENTS

Favorables au sauvetage financier de la Grèce et à l’adoption de mesures d’austérité, les conservateurs de Nouvelle Démocratie (ND) et les socialistes du Pasok voient leurs soutiens s’éroder. Un sondage paru jeudi soir les crédite à eux deux de 36% des intentions de vote. (voir )

Les deux partis, qui dominent la vie politique grecque depuis la fin de la dictature des colonels, sont associés au sein du gouvernement d’union dirigé par Lucas Papadémos dont la politique d’austérité est rejetée par une partie de l’électorat.

Si la tendance à la baisse se poursuit, ils pourraient perdre la majorité absolue au parlement qui leur est nécessaire pour renouveler le gouvernement de coalition. Des sondages estiment par ailleurs que près d’un tiers des électeurs ont l’intention de s’abstenir ou de voter blanc.

A l’inverse, le soutien électoral aux hommes politiques d’extrême droite ou de la gauche communiste, hostiles aux répercussions des plans de sauvetage négociés par Athènes, reste élevé. Dix partis pourraient remporter des sièges, soit deux fois plus que lors des précédentes élections organisées en 2009.

D’anciens membres du Pasok et de Nouvelle Démocratie, aujourd’hui exclus pour leur hostilité aux plans de sauvetage, ont annoncé la création de deux formations cette semaine.

C’est le cas de Panos Kammenos, ancien député conservateur, qui a créé le parti des “Grecs indépendants” et recueille déjà 6,5% des intentions de vote. Il joue particulièrement sur le sentiment antigermanique des Grecs, qui accusent Berlin d’avoir fait monter le chômage dans le pays et réduit leurs salaires.

Louka Katseli, l’ancienne ministre socialiste du Travail qui avait résisté aux demandes de l’UE et du FMI de baisser le salaire minimum, a lancé pour sa part le parti du “Pacte social”, destiné à accueillir les socialistes mécontents.

MAJORITE AU PARLEMENT

L’obtention d’une majorité au parlement sera cruciale pour le nouveau gouvernement, quelle que soit sa couleur, afin d’assurer le versement de la seconde tranche d’aide de 130 milliards d’euros à la Grèce.

Le nouveau gouvernement devra clarifier dès le mois de juin les mesures d’austérité qui équivalent à 5,5% de PIB, soit 10 milliards d’euros, et qui pourraient donner lieu à des licenciements massifs de fonctionnaires.

Malgré le grand nombre de partis, certains sondeurs s’attendent malgré tout à voir les deux grands partis remonter dans les sondages d’ici les élections et remporter une confortable majorité au parlement.

L’élection à la tête du Pasok, attendue dimanche, du populaire et énergique ministre des Finances Evangelos Venizelos devrait également redorer le blason des socialistes. (Hélène Duvigneau pour le service français, édité par Gilles Trequesser)

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