for-phone-onlyfor-tablet-portrait-upfor-tablet-landscape-upfor-desktop-upfor-wide-desktop-up
Sociétés

LEAD 1-France-Mise en garde de Moody's sur le Aaa avec la hausse des taux

* Le taux à 10 ans français se retend après Moody’s

* Les valeurs bancaires françaises chutent, la Bourse aussi

PARIS, 21 novembre (Reuters) - La mise en garde de l’agence de notation Moody’s sur le risque que représenterait pour le “triple A” de la France une hausse durable de ses coûts de financement a ravivé lundi les tensions sur les dettes souveraines au sein de la zone euro et fait plonger les Bourses européennes.

Le gouvernement français, qui a annoncé deux plans d’austérité en moins de deux mois depuis la fin de l’été afin de compenser les conséquences du ralentissement de la croissance sur la trajectoire des finances publiques, a redit lundi exclure un nouveau tour de vis.

“Des coûts de financement durablement élevés amplifieraient les défis budgétaires auxquels est confronté le gouvernement français dans un contexte de détérioration des perspectives de croissance, avec des conséquences négatives sur le crédit”, prévient Alexander Kockerbeck, l’analyste principal de Moody’s Investor Service sur la France dans une note d’analyse.

L’écart de rendement entre les emprunts d’Etat français et allemand à dix ans, qui était revenu sous 150 points de base, s’est élargi après la publication de la note de Moody’s, comme celui de pays périphériques de la zone euro et de certains autres pays triple A comme l’Autriche ou la Finlande.

Les Bourses européennes ont accentué leurs pertes, l’Eurostoxx 50 perdant près de 2,4% comme le CAC 40 vers 10h30 GMT, les valeurs bancaires comme BNP Paribas (-5,36%) et Société générale (-5,01%)affichant les plus fortes baisses de l’indice parisien.

L’agence Moody’s a annoncé à la mi-octobre qu’elle allait surveiller et évaluer le caractère stable de la perspective de la note Aaa française dans les trois mois.

Rappelant que l’écart de rendement entre les emprunts d’Etat français et allemand à dix ans a franchi le seuil des 200 points de base la semaine dernière avant de revenir à 185 points de base, Alexander Kockerbeck souligne qu’à ces niveaux le coût de financement à long terme est presque le double de celui de l’Allemagne et qu’une hausse de 100 points de base des rendements représente 3 milliards d’euros de surcoût annuel.

LE MODÈLE SOCIAL SUR LA SELLETTE

“Avec une prévision de croissance réelle de seulement 1% en 2012, une charge de la dette plus élevée rendra d’autant plus difficile la réalisation de l’objectif de réduction du déficit public”, poursuit Alexander Kockerbeck.

Depuis 2008, le déficit et la dette publics de la France se sont “considérablement détériorés”, note Moody’s, qui reconnaît que les mesures d’austérité adoptées par les autorités françaises attestent de leur engagement à contrôler les finances publiques.

“Les perspectives de croissance économique et la crise (de confiance) sur la dette européenne - qui échappent toutes les deux au contrôle total du gouvernement - sont des facteurs de risque important pour son bilan”, souligne Moody’s.

“Le modèle social français ne peut pas être financé si le potentiel de l’économie française n’est pas préservé. Un nouvel affaiblissement de la croissance du PIB mettrait à l’épreuve la capacité politique du gouvernement à dégager de nouvelles économies”, prévient Moody’s alors que s’amorce la campagne pour l’élection présidentielle de 2012.

La ministre française du Budget, Valérie Pécresse, a assuré lundi qu’il n’y aurait pas de troisième plan d’austérité budgétaire malgré des perspectives de croissance ralentie et une tension croissante sur les marchés pour la dette française.

Elle a estimé sur RTL que le gouvernement disposait déjà d’une réserve suffisante selon elle de six milliards d’euros dans le budget actuel en cas de problèmes.

“La croissance est ralentie mais elle existe encore, c’est pour cela qu’il faut qu’on la soutienne. Aujourd’hui, nous avons un budget qui est crédible, sincère”, a-t-elle déclaré.

Après un premier plan d’économies et d’impôts d’une ampleur de onze milliards d’euros pour 2012, le gouvernement a présenté début novembre un deuxième plan de 65 milliards d’euros d’ici 2016, dont 18,6 milliards pour la période 2012-2013, afin de tenir les objectifs de réduction du déficit public et de préserver sa notation souveraine malgré le ralentissement économique.

La France s’est fixé pour objectif un déficit public équivalent à 4,5% du PIB en 2012, 3% en 2013 et 2% en 2014, jusqu’à l’équilibre en 2016. (Marc Joanny, édité par Jean-Baptiste Vey)

for-phone-onlyfor-tablet-portrait-upfor-tablet-landscape-upfor-desktop-upfor-wide-desktop-up