June 2, 2009 / 3:15 PM / in 10 years

Marchés - Société générale prévoit une nouvelle détente des taux

PARIS, 2 juin (Reuters) - Les stratégistes taux et change de la Société générale estiment que la brusque tension constatée sur les taux longs sera de courte durée et s’attendent à une nouvelle détente, la reprise économique n’étant pas pour demain.

“L’économie mondiale a interrompu sa descente en enfer. Elle s’est stabilisée mais les conditions d’une reprise soutenue et durable sont loin d’être réunies”, a expliqué Vincent Chaigneau, responsable de la stratégie taux et change, lors d’un point de presse.

“La reprise en V est une douce illusion”, a-t-il ajouté en mettant en garde contre l’euphorie qui a gagné les marchés actions depuis mars sur des anticipations de reprise prochaine de l’économie.

Selon lui, la tension sur les taux longs, américains notamment, qui s’est accélérée ces derniers jours est dûe à un facteur technique : “le retour de l’appétit pour le risque” qui a provoqué des débouclements de position sur des emprunts d’Etat, valeurs refuges, en faveur des actifs plus risqués, actions mais surtout obligations privées.

“Une rechute nette des rendements Treasuries est conditionnée non pas par un écartement violent des ‘spreads’ de crédit mais par un moindre appétit pour l’ensemble des actifs risqués”, a dit Vincent Chaigneau.

S’il a jugé que les émissions de dette publique ne sont pas, historiquement, un “problème majeur pour les taux longs”, il a jugé que le dérapage des déficits publics dû aux divers plans de relance sont “insoutenables” compte tenu du choc démographique qui approche avec le vieillissement de la population.

L’explosion des émissions publiques (+60% en 2009) vont contraindre les gouvernements “à se serrer la ceinture”.

MENACE DE DEFLATION

“Les politiques économiques (de relance, ndlr) ont atteint leurs limites”, a-t-il dit en ajoutant que les gouvernements vont devoir entrer rapidement dans une période de “consolidation des finances publiques” qui sera très longue et qui constituera un “frein à la croissance”.

Vincent Chaigneau estime que le danger n’est pas l’inflation mais reste la déflation.

“La menace de déflation persiste et la stabilisation économique ne suffit pas à l’écarter”, a-t-il dit en soulignant, graphique à l’appui, la corrélation différée entre la hausse du taux de chômage et la chute du salaire horaire.

Le processus long de désendettement des banques et de nettoyage de leurs bilans ne les encouragent pas à distribuer du crédit.

“Sans crédit, il n’y aura pas de reprise de la consommation aux Etats-Unis. On n’aura pas de reprise mondiale sans reprise de la consommation aux Etats-Unis”.

Vincent Chaigneau a d’autre part estimé que le rôle de refuge joué pendant la crise financière par le dollar touche à sa fin et il note que les investisseurs étrangers “boudent” les actifs risqués américains au profit des emprunts d’Etat.

Il note que les déficits publics américains sont estimés à 13% du PIB contre quelque 6% en zone euro et que les émissions du Trésor approchent les 20%.

“L’ajustement se fait soit par une baisse des taux, soit par une hausse du dollar”, a-t-il.

Dans ce contexte, il prévoit une remontée du dollar contre euro EUR= autour de 1,35 pour un euro en septembre et 1,38 en décembre et un détente de plus de 100 points de base du taux de référence à 10 ans US, à 2,5% fin 2009 (contre 3,70 aujourd’hui).

Le taux à 10 ans en zone euro est attendu à 2,85% fin 2009 contre 3,66% aujourd’hui.

Raoul Sachs

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