15 septembre 2017 / 14:33 / dans 2 mois

Naval-L'alliance France-Italie pourrait inclure Thales,Leonardo

par Giselda Vagnoni et Cyril Altmeyer

ROME/PARIS, 15 septembre (Reuters) - La France et l‘Italie discutent d‘une alliance dans les chantiers navals qui pourrait conduire à des partenariats avec Thales et Leonardo , les numéros deux et trois de la défense en Europe, a-t-on appris auprès de deux sources proches du dossier.

Cette idée est survenue dans le cadre des efforts menés par Paris et Rome pour tenter de résoudre le différend entre les deux pays au sujet des chantiers navals STX France de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), seul site français capable de construire des porte-avions et autres grands navires de guerre.

Craignant pour l‘emploi à Saint-Nazaire, le gouvernement français a procédé fin juillet à la nationalisation “temporaire” des chantiers afin de pousser l‘italien Fincantieri à un partage du capital à parité avec des intérêts publics français, provoquant la colère de Rome.

Les deux pays espèrent rapprocher leurs vues sur STX à temps pour le sommet prévu le 27 septembre à Lyon entre Emmanuel Macron et le président du Conseil italien Paolo Gentiloni, sur fond d‘inquiétudes en Italie concernant l‘influence française croissante sur les entreprises italiennes.

La ministre française des Armées Florence Parly a déclaré début septembre que la France et l‘Italie coopéraient avec leurs industriels respectifs en vue de la création d‘un géant mondial de l‘industrie navale militaire.

“Des progrès ont été faits en vue de la possibilité d‘une entreprise européenne de chantiers navals militaire et civile”, a dit à Reuters un responsable italien ayant accès aux discussions bilatérales.

“Il est évident que Leonardo, tout comme Thales, ne peuvent être ignorés, même s‘il est difficile de dire à ce stade de quelle manière les entreprises pourraient être impliquées.”

De son côté, un responsable français au fait des discussions a dit que Thales et Leonardo pourraient être inclus comme partenaires de Fincantieri et de Naval Group (ex-DCNS), le constructeur naval militaire français qui détient une petite part au capital de STX.

Selon lui, Thales et Leonardo pourraient devenir actionnaires d‘une alliance capitalistique plus large ou simplement fournisseurs, mais il n‘y a pas d‘accord industriel prévu entre Thales et Leonardo pour l‘instant. Thales détient 35% de Naval Group et l‘Etat français la quasi-totalité du solde.

Thales et Leonardo n‘ont pas souhaité commenter l‘information.

“Naval Group a toujours affirmé sa volonté d‘une alliance industrielle au niveau européen”, a déclaré un porte-parole des chantiers navals français,

“La poursuite des discussions avec Fincantieri permettrait d‘intensifier cette coopération fructueuse qui permettrait de constituer à terme un leader mondial”.

Il a refusé de commenter la possibilité d‘élargir une telle alliance à Leonardo et Thales.

Selon une source gouvernementale italienne, les deux pays pourraient travailler au cours des 12 prochains mois pour étudier les valorisations et proposer des idées pour la partie militaire de l‘accord.

La ministre de la Défense italienne Roberta Pinotti a dit être “inquiète concernant les possibles répercussions sur les groupes de défense italien et sur le premier d‘entre eux, Leonardo”, a ajouté la source. (Avec Antonella Cinelli, et Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Jean-Michel Bélot)

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