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Sociétés

3 QUESTIONS À-L'espoir d'un vaccin favorise la ruée vers le risque-Candriam

PARIS, 10 novembre (Reuters) - Plus que le résultat de l’élection présidentielle américaine, ce sont les avancées vers un vaccin contre le COVID-19 qui alimentent un phénomène général d’appétit pour les actifs risqués appelé à se poursuivre et illustré lundi par la flambée des actions et des rendements obligataires, dit à Reuters Nicolas Forest, responsable de la gestion obligataire chez Candriam.

1/ Les bonnes nouvelles sur le front d’un vaccin contre le COVID sont-elles la principale raison qui explique l’enthousiasme des marchés financiers?

Nicolas Forest - “On arrive à un résultat de l’élection présidentielle qui n’est pas celui que les marchés attendaient puisqu’ils misaient sur une “vague bleue” qui permettrait au démocrates de prendre le contrôle du Sénat et qu’il y a une incertitude sur ce plan qui pourrait peser sur l’espoir d’un plan de relance budgétaire. Et pourtant, dès ce matin, même avant l’annonce de Pfizer, le marché était très positif

“Je pense qu’il y a un fort appétit pour le risque qui s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, il y a les banques centrales qui vont continuer à garantir aux marchés une liquidité forte, mais tout dépend effectivement des nouvelles sur le COVID. Il y avait tellement de mauvaises nouvelles que les gens regardent au-delà. Les avancées vers un vaccin et l’annonce d’une stabilisation des cas en Europe sont très favorables aux marchés d’actions et à une remontée des taux avec une pentification de la courbe américaine qui pourrait s’accentuer.”

2/ Un fort rebond des marchés pourrait-il conduire la Réserve fédérale à se montrer moins accommodante ?

Nicolas Forest - “Je ne le pense pas. La politique monétaire de la Fed devrait rester accommodante, avec également une politique inclusive en matière de chômage, notamment le chômage des minorités. La croissance aux Etats-Unis n’est pas inclusive parce qu’il y a non seulement beaucoup de chômage mais aussi beaucoup d’inégalités.

“Il se passera beaucoup de temps avant que les taux remontent et la Fed va rester dans un mode de taux bas et de grande accommodation. Les taux courts vont rester bas mais les taux longs pourraient remonter, ce qui entraînerait une pentification de la courbe qui serait bénéfique, notamment pour le secteur bancaire, à la condition que cette pentification ne soit pas trop violente. Une courbe trop plate n’est jamais une bonne nouvelle et porte souvent le signal d’une entrée en récession.”

3/ La remontée des taux et le “rally” des actifs risqués vont-ils se poursuivre ?

Nicolas Forest - “Ce qui fait que les taux continuent à monter, c’est vraiment la nouvelle de Pfizer et le retour à la normale, ce qui crée un phénomène général d’appétit pour le risque. On achète les actifs risqués et on vend les actifs obligataires.

“Pfizer a fait une annonce mais d’autres vont suivre et afficher également des bonnes nouvelles. Je pense que ce sera le cas et que la confirmation des bonnes nouvelles sur le plan du vaccin favorisera un ‘rally’ qui va se poursuivre.”

Voir aussi :

LEAD 2-Coronavirus-Pfizer annonce un vaccin efficace à plus de 90%, les Bourses flambent

POINT MARCHÉS-Les actions mondiales s’envolent, espoirs d’un vaccin contre le coronavirus

Propos recueillis par Patrick Vignal, édité par

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