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Sociétés

USA 2020-Les marchés saluent bruyamment l'avènement de l'ère Biden

* Le moral des marchés reste au beau fixe

* Les indices boursiers saluent la victoire de Biden

* Un Congrès divisé conviendrait aux investisseurs

* Cela compliquerait l’adoption de mesures qu’ils redoutent

* La bonne volonté de la Fed soutient également la tendance

PARIS, 9 novembre (Reuters) - L’optimisme des marchés d’actions ne se dément pas deux jours après l’annonce de la victoire de Joe Biden, les investisseurs se réjouissant principalement de la perspective d’un Congrès divisé, ce qui compliquerait la mise en oeuvre de mesures qu’ils redoutent, soulignent gérants et analystes.

Dans le sillage des marchés asiatiques, les Bourses européennes saluent lundi par des progressions spectaculaires l’annonce, samedi, du succès du candidat démocrate, toujours contesté par le président sortant, Donald Trump, et Wall Street devrait ouvrir en nette hausse.

Les investisseurs n’avaient cependant pas attendu le verdict de l’élection présidentielle pour manifester leur enthousiasme, les indices boursiers étant montés en flèche la semaine dernière.

Le CAC 40 a ainsi pris près de 8%, sa meilleure performance hebdomadaire depuis début juin, le S&P 500 (+7,32%) et le Nasdaq (+9,02%) enregistrant pour leur part leurs meilleures performances depuis avril.

“Pour les marchés, c’est une situation assez idéale”, commente John Plassard, spécialiste en investissement chez Mirabaud. “Tout d’abord, il est peu probable qu’avec un Sénat républicain, Joe Biden puisse faire passer sa réforme fiscale.”

Il est vraisemblable que le président élu privilégie les mesures de soutien à la hausse des impôts, ajoute-t-il avant de prédire le maintien par la Réserve fédérale d’une politique extrêmement accommodante pour amortir les dégâts infligés à l’économie américaine par la crise du coronavirus.

Certains jugent que l’optimisme des marchés, qui misaient avant l’élection sur une “vague bleue” permettant aux démocrates de prendre le contrôle du Sénat, facilitant ainsi l’adoption d’un plan de relance, a de quoi surprendre.

“Malgré l’accumulation de différentes crises aux Etats-Unis - sanitaire, économique, politique ou encore géopolitique -, les investisseurs ne réduisent pas leur exposition dans les actifs risqués, montrant le peu de corrélation entre les marchés financiers et la réalité”, écrit ainsi Vincent Boy, analyste marché chez IG France.

LA FED EN SOUTIEN

La ruée des investisseurs sur les actifs risqués s’explique principalement, selon lui, par la promesse faite la semaine dernière par le président de la Fed, Jerome Powell, de continuer à apporter un soutien monétaire sans faille.

“Cette intervention a permis de redonner confiance aux investisseurs qui se sont à nouveau portés à l’achat sur les actifs risqués, faisant ressortir une nouvelle fois le réel moteur de croissance des marchés, la Fed”, écrit-il dans une note.

Si les actions bondissent, d’autres actifs envoient des signaux différents, notamment les rendements des emprunts d’Etat américains, qui ont fortement reculé, et le dollar, dont la faiblesse persiste.

Un Congrès divisé pourrait freiner la relance budgétaire, plafonner la hausse des rendements obligataires et peser sur les attentes en matière d’inflation, lit-on dans une note du BlackRock Investment Institute.

Les risques macroéconomiques aux Etats-Unis sont orientés à la baisse à court terme en raison de l’impact de la pandémie de coronavirus et de la très faible probabilité d’un plan de relance budgétaire avant la fin de l’année, estime pour sa part Thomas Costerg, économiste senior Etats-Unis pour Pictet Wealth Management.

La croissance de l’économie américaine devrait être proche de zéro au quatrième trimestre avant de repartir l’an prochain, grâce notamment à l’action de la Fed et aux progrès vers un vaccin contre le COVID-19, selon lui.

Quant aux contestations tous azimuts du scrutin engagées par Donald Trump, les marchés leur accordent peu d’importance, misant tout au plus sur une brève période d’incertitudes en se basant sur les enseignements du passé.

“Si l’histoire peut être un guide, le marché n’a guère de raisons de s’inquiéter”, écrit ainsi Hervé Goulletquer, stratégiste de la La Banque Postale Asset Management. (Patrick Vignal, édité par)

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