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Sociétés

GESTION-Les convertibles adaptées à un environnement incertain-BFT IM

* Les obligations convertibles à favoriser, selon BTF IM

* La société de gestion voit la volatilité demeurer élevée

* Une certaine prudence préconisée sur les actions

* BFT IM n’a jamais cru au scénario d’une reprise en “V”

par Patrick Vignal

PARIS, 1er octobre (Reuters) - Les obligations convertibles offrent aux investisseurs un outil parfaitement adapté aux conditions actuelles du marché, marquées par des incertitudes élevées et une forte volatilité, dit-on chez BFT Investment Managers.

Ces titres hybrides dont le fonctionnement est similaire à celui des obligations d’entreprises classiques, avec une différence notable qui est qu’elles peuvent être échangées contre des actions de la société émettrice, offrent plusieurs avantages, dit à Reuters Fabrice Masson, directeur des gestions actions et convertibles pour la société, filiale du groupe Amundi.

“Le profil de la convertible est intéressant pour le contexte actuel, parce que l’on a le plancher obligataire qui permet d’avoir des vertus défensives, et si des éléments venaient favoriser l’accélération économique avec l’amélioration de la crise sanitaire, l’optionnalité de cette classe d’actifs permettrait d’en profiter”, détaille-t-il.

Ces titres sont intéressants pour les entreprises, qui peuvent les émettre dans des conditions attractives dans un contexte de taux faibles, poursuit-il.

“Du point de vue de l’investisseur, les taux obligataires ne sont pas très rémunérateurs, ce qui vaut également pour les convertibles, mais il y a cette optionnalité liée à son profil qui permet de profiter de la hausse de l’action sous-jacente”, souligne Fabrice Masson.

“Sans hésiter, on peut dire que c’est une classe d’actifs à favoriser, en sachant que, vu le niveau d’incertitude, on ne s’attend pas à voir la volatilité retomber rapidement.”

La volatilité devrait en effet demeurer élevée, en particulier sur les marchés actions, en raison principalement du manque de visibilité des investisseurs comme des entrepreneurs sur l’évolution de la crise sanitaire, prolonge Laurent Gonon, directeur des gestions pour la même société.

“IL FAUT METTRE DU CRÉDIT”

“Sur les marchés obligataires, la volatilité est moindre en raison du soutien massif des banques centrales, ce qui joue sur notre allocation d’actifs, mais sur les marchés actions, une certaine prudence est nécessaire”, dit-il à Reuters.

Fabrice Masson pointe pour sa part des valorisations tendues sur les actions, notamment sur certains secteurs.

“En Europe, les niveaux de valorisation sont moins extrêmes que sur certaines valeurs américaines. Si des éléments favorables interviennent, il y a peut-être un peu plus de potentiel sur l’Europe”, dit-il avant de souligner l’intérêt que présentent les petites valeurs (‘small caps’) de qualité ayant été délaissées.

“Les actions connaîtront un rebond supplémentaire une fois qu’on aura le vaccin mais aujourd’hui, dans une allocation d’actifs, il faut mettre du crédit parce que c’est là qu’on peut avoir encore du rendement”, reprend Laurent Gonon avant de conseiller de mettre l’accent sur la partie basse de la dette classée en catégorie investissement (‘investment grade’) et sur la partie haute du segment spéculatif (‘high yield’).

Ceux sur les marchés qui pariaient sur une reprise rapide de l’activité économique grâce à la découverte d’un vaccin faisaient preuve d’un optimisme excessif, fait valoir pour sa part Mabrouk Chetouane, directeur de la recherche et de la stratégie chez BFT IM.

“Nous n’avons jamais souscrit au scénario de reprise en V car nous pressentions que nous nous nous dirigions vers des difficultés substantielles avec des faillites d’entreprises, de la destruction de capital, une réduction du potentiel de croissance et une augmentation du chômage”, dit-il à Reuters.

L’équipe de BFT IM se garde bien de se prononcer sur le calendrier d’introduction d’un vaccin, autrement dit sur l’arrivée du moteur qui pourrait permettre aux marchés de reprendre leur envol.

“La découverte d’un vaccin changerait la donne mais on peut estimer aussi que les marchés s’habituent à tout”, fait valoir Mabrouk Chetouane. “Ils se sont accoutumés à Trump, ils se sont habitués à la guerre commerciale et ils pourraient tout aussi bien s’habituer à vivre avec le virus, même si le phénomène d’accoutumance risque de prendre du temps.” (édité par Blandine Hénault)

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