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Emmanuel Macron, de retour au Liban, insiste sur l'urgence d'un changement

BEYROUTH (Reuters) - Emmanuel Macron a insisté mardi à Beyrouth sur l’urgence d’un changement au Liban et dit avoir reçu l’engagement de ses interlocuteurs qu’un gouvernement “de mission” serait formé dans les quinze jours, au terme de sa deuxième visite en moins d’un mois dans le pays.

Emmanuel Macron a insisté mardi à Beyrouth sur l'urgence d'un changement au Liban et dit avoir reçu l'engagement de ses interlocuteurs qu'un gouvernement "de mission" serait formé dans les quinze jours, au terme de sa deuxième visite en moins d'un mois dans le pays. /Photo prise le 1er septembre 2020/ REUTERS/Stéphane Lemouton

Le président français a été au premier rang de la mobilisation de la communauté internationale pour inciter les dirigeants libanais à s’attaquer aux racines d’une crise économique, sociale et politique profonde, ravivée par la double explosion du 4 août dans le port de Beyrouth, qui a fait au moins 190 morts. Il a proposé d’organiser à Paris une conférence d’aide au Liban dans la première quinzaine d’octobre.

Dans une interview au site d’information Politico, le chef de l’Etat a estimé que les trois mois à venir seraient “cruciaux” pour qu’un véritable changement s’opère au Liban.

Dans le cas contraire, ajoute-t-il, il s’est dit prêt à changer d’approche et à soutenir des mesures punitives allant d’un gel du plan international d’assistance financière au Liban à des sanctions contre la classe dirigeante.

“Ce n’est pas une carte blanche qui est donnée au Liban, c’est une exigence avec un rendez-vous dans six à huit semaines”, a dit Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse dans la soirée après avoir rencontré l’ensemble des acteurs politiques du pays du Cèdre.

“L’exigence commence maintenant, et je ne vous lâcherai pas”, a aussi déclaré le président, au lendemain de la nomination comme Premier ministre du diplomate Mustapha Adib par le président Michel Aoun.

Son “mandat est clair, il est explicite, il est quasiment impératif”, a souligné Emmanuel Macron à propos du nouveau chef du gouvernement.

Mustapha Adib composera un gouvernement de mission fait de professionnels “avec l’idée qu’on ne va pas partir pour des mois de tractations”, a indiqué le président de la République.

“Des premiers pas ont été faits, ils doivent maintenant être suivis d’effets et de décisions concrètes”, a-t-il noté.

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Emmanuel Macron a en outre dit qu’il souhaitait de la part des dirigeants libanais des “engagements crédibles” et un “mécanisme de suivi exigeant” avec notamment des élections législatives dans six à douze mois.

Si les promesses ne sont pas tenues d’ici fin octobre, il y aura des “conséquences”, a encore souligné le président français, qui a promis de revenir au Liban en décembre.

“L’ENQUÊTE AVANCE”

Interrogé sur la question d’éventuelles sanctions, Emmanuel Macron a prévenu qu’il pourrait y en avoir en cas de corruption et que le cas échéant, elles seraient coordonnées avec l’Union européenne. “Ce n’est à coup sûr pas dès l’étape d’octobre parce que nous sommes dans un processus”, a-t-il toutefois ajouté.

En réponse à une question sur le parti chiite Hezbollah soutenu par l’Iran, Emmanuel Macron a fait remarquer que ce mouvement devait être pris en compte dans sa composante politique dans la mesure où il est présent au Parlement libanais. “Il a une clientèle”, a-t-il fait remarquer.

Un mois après la double explosion qui a détruit une partie de Beyrouth, le chef de l’Etat français a aussi plaidé pour une meilleure coordination entre les Nations unies et les organisations non gouvernementales pour la distribution de l’aide.

Concernant l’enquête sur l’explosion du port le 4 août, il a indiqué que “l’enquête avance, et nous coopérons techniquement”.

Le chef de l’Etat français avait entamé sa journée sur une note symbolique, célébrant le premier centenaire de la proclamation du Grand Liban en plantant un cèdre, l’emblème du pays.

Le Liban a été administré par la France entre les deux guerres mondiales et a obtenu son indépendance en 1943. L’Etat du Grand Liban, dont les frontières proclamées par la France, dans un découpage convenu avec la Grande-Bretagne, correspondent à celles du Liban actuel, a été fondé le 1er septembre 1920.

Emmanuel Macron a été reçu lundi soir par la chanteuse Fairouz, considérée comme un trésor national et une incarnation de la paix à même de transcender les rivalités politiques et religieuses. Des manifestants brandissant des slogans tels que “Pas de gouvernement par ou avec des assassins !” ou “Ne Soyez pas du mauvais côté de l’histoire” attendaient le président devant le domicile de l’artiste, âgée de 85 ans.

L’effondrement depuis octobre dernier de la monnaie libanaise a provoqué une crise économique qui a alimenté un mouvement de contestation et de remise en cause des élites, accusées de corruption.

De Beyrouth, Emmanuel Macron doit rejoindre l’Irak, où il se rendra mercredi matin pour sa première visite dans le pays.

Avec Michel Rose, Matthieu Protard et Elizabeth Pineau à Paris; version française Claude Chendjou, Jean-Philippe Lefief et Jean-Stéphane Brosse

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