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Sociétés

LEAD 1-Suez s'envole en Bourse à la perspective d'un rapprochement avec Veolia

* L’action Suez vers sa plus forte hausse sur une séance

* Antoine Frérot convaincu de la réussite du projet de Veolia

* Une offre menée dans une contexte de concurrence accrue

* Les analystes jugent la logique industrielle forte (Actualisé avec nouvelle conférence de Veolia, commentaires d’analystes, contexte)

PARIS, 31 août (Reuters) - L’action Suez bondit de près de 20% lundi à la Bourse de Paris après la proposition de Veolia de racheter l’essentiel de la participation d’Engie dans le numéro deux mondial de la gestion de l’eau et des déchets afin de former le “champion français” du secteur et faire face à la concurrence des acteurs chinois et des fonds d’investissement.

A 12h33, Suez grimpe de 18,46% à 14,5 euros et prend la tête de l’indice SBF 120, lui-même en hausse de 0,77%. Le titre s’achemine ainsi vers sa plus forte progression jamais enregistrée en une séance.

De son côté, Engie avance de 6,15% pour signer la plus forte progression du CAC 40 et Veolia suit de près avec un gain de 3,93%.

Veolia a annoncé dimanche avoir proposé à Engie de lui racheter 29,9% du capital de Suez au prix de 15,50 euros par action en numéraire. L’action Suez avait terminé vendredi à 12,24 euros à la Bourse de Paris.

Si Engie accepte cette proposition, Veolia envisage ensuite une offre sur le solde du capital de son concurrent dans une opération qui pourrait valoriser Suez à environ 20 milliards d’euros, dette incluse.

“Nous pensons qu’Engie est susceptible d’accepter l’offre (...) Selon nous, la logique stratégique d’une union entre Veolia et Suez est très forte et créerait un leader mondial incontesté des services environnementaux à un moment où la transformation écologique s’accélère”, soulignent les analystes de JPMorgan dans une note.

UN SECTEUR ULTRA FRAGMENTÉ

Lors d’une conférence téléphonique lundi, le PDG de Veolia, Antoine Frérot, s’est dit convaincu de la réussite du projet de son groupe.

Veolia est déjà un leader mondial dans la gestion des déchets et de l’eau mais le secteur est particulièrement fragmenté. Le groupe ne détient qu’une part de marché de 2% à 3% et celle-ci ne devrait pas dépasser 5% dans le cadre d’un nouvel ensemble formé avec Suez.

Les mouvements de consolidation se sont donc multipliés ces dernières années, emmenés par les fonds d’investissement et les acteurs chinois de plus en plus actifs à l’international.

“La concentration va continuer, elle est au début encore, mais nous aurons un jour certainement un acteur global d’origine chinoise”, a déclaré lundi Antoine Frérot.

Selon le PDG, un rapprochement entre Veolia et Suez permettrait de “réunir nos forces” alors même que les marchés de Veolia et Suez sont fortement complémentaires à l’international.

En France toutefois, les chevauchements d’activités sont nombreux, un point qui avait fait achopper de précédentes discussions informelles menées sur un rapprochement en 2012 et qui pousse l’Etat français à se montrer “vigilant” sur les conséquences de l’opération, notamment en terme d’emplois.

Pour éviter tout problème lié à la concurrence, Veolia a déjà entrepris de trouver un acheteur, le groupe français de gestion d’infrastructures Meridiam, pour lui céder les activités Eau France de Suez.

POSSIBLE AUGMENTATION DE CAPITAL

“L’un des principaux avantages du rapprochement repose sur les synergies de revenus, puisque les entreprises [Suez et Veolia] cesseront de se faire concurrence sur les marchés internationaux et que Veolia renforcera son offre commerciale”, observent les analystes de Morningstar dans une note.

Ils ajoutent toutefois que de nombreuses incertitudes entourent l’opération, comme le prix final payé par Veolia et le montant de la cession de l’activité Eau France de Suez à Meridiam.

Veolia a indiqué qu’il comptait utiliser sa trésorerie pour financer la première partie de l’opération et qu’il pourrait procéder à une augmentation de capital en cas d’offre sur l’ensemble du capital de Suez.

D’après les analystes de Morningstar, le groupe pourrait devoir lever environ 9,9 milliards d’euros sur le marché afin de maintenir son radio dette/Ebitda sous le seuil de 3 comme il s’y est engagé. (Laetitia Volga et Blandine Hénault, avec Geert de Clercq et Sarah White, édité par Bertrand Boucey)

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