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Sociétés

La BRI met en garde contre le risque d'"exubérance" des marchés

LONDRES, 30 juin (Reuters) - La Banque des règlements internationaux (BRI) a appelé mardi les banques centrales à préciser la manière dont elles prévoient de retirer les mesures de soutien prises depuis le début de la crise du coronavirus, tout en mettant en garde les marchés financiers contre une complaisance exagérée face à l’ampleur de cette crise.

L’organisation internationale basée à Bâle, qui chapeaute l’ensemble des banques centrales de la planète, estime dans son rapport annuel publié mardi que le choc provoqué par la pandémie, qui s’est traduit dans un premier temps par un problème de liquidité, est en train de se transformer en risque pour la solvabilité des entreprises.

“Cette pandémie est l’événement marquant d’une génération”, a déclaré Agustín Carstens, le directeur général de la BRI, cité dans un communiqué.

Le rapport estime que prochain phase de la crise mettra à l’épreuve la viabilité à long terme de nombreuses entreprises et que la vigueur de la reprise dépendra à la fois de l’évolution de la pandémie et l’ampleur des dommages économiques qu’elle laissera derrière elle.

“Les banques centrales ont pleinement conscience des défis qui s’annoncent, les perspectives de l’économie mondiale demeurant très incertaines”, a ajouté Agustín Carstens. “Certains de ces défis sont extérieurs à leur mandat.”

Concernant les marchés financiers, la BRI note que “les prix des actions et les écarts de rendement (spreads) des obligations d’entreprise en particulier semblent déconnectés de la dégradation de l’économie réelle”, en estimant la situation actuelle “ressemble davantage à une trêve qu’à un accord de paix”.

Tout en reconnaissant que le combat contre le coronavirus est loin d’être terminé, Agustín Carstens souligne que les banques centrales doivent déjà préparer les marchés au retrait à venir des mesures de soutien mises en oeuvre ces derniers mois.

Au total, les banques centrales du monde entier ont annoncé quelque 150 baisses de taux d’intérêt depuis le début de l’année et selon les estimations de Bank of America, les soutiens monétaires et budgétaires représentent un total de 18.000 milliards de dollars (16.000 milliards d’euros).

“La stratégie de sortie est un débat difficile mais elle doit être envisagée”, a dit Agustín Carstens à Reuters, expliquant que les marchés doivent prendre conscience du fait que les soutiens exceptionnels à l’oeuvre ne seront pas éternels.

La BRI estime néanmoins que les soutiens budgétaires devront se poursuivre et que parallèlement, les montants injectés dans le système financier et l’économie aura probablement un effet inflationniste.

Elle évoque aussi un scénario plus préoccupant dans lequel une pandémie longue aurait un impact plus profond sur l’économie mondiale comme sur la situation politique.

“Dans ce monde-là, la dette du secteur public serait beaucoup plus élevée et l(emprise du secteur public sur l’économie bien plus importante, alors que la mondialisation serait contrainte à une retraite majeure”, estime l’organisation.

Version française Marc Angrand

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