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La France aura assez d'électricité l'hiver prochain, promet RTE

PARIS (Reuters) - La France fera face à une situation “inédite” en matière de production d’électricité au cours de l’hiver 2020-2021 en raison de l’impact du coronavirus mais ne subira pas de coupure involontaire et massive, a déclaré jeudi François Brottes, président du gestionnaire des lignes à haute tension RTE.

La France fera face à une situation "inédite" en matière de production d'électricité au cours de l'hiver 2020-2021 en raison de l'impact du coronavirus mais ne subira pas de coupure involontaire et massive, a déclaré jeudi François Brottes (photo), président du gestionnaire des lignes à haute tension RTE. /Photo d'archives/REUTERS/Philippe Wojazer

Les mesures de confinement mises en oeuvre pour freiner le coronavirus ayant retardé des opérations de maintenance au sein des centrales d’EDF, affectant ainsi leur future disponibilité, le groupe a prévenu mi-avril que la production nucléaire française devrait s’établir cette année à son plus bas niveau depuis trente ans.

Selon les prévisions de RTE, la consommation d’électricité - actuellement inférieure de 7% à ce qu’elle était il y a un an - devrait s’établir au cours de l’hiver prochain à peu près au même niveau que lors de l’hiver dernier à 1,5% ou 2% près.

En matière de production, la France sera cependant dans une configuration “inédite” bien qu’EDF ait “optimisé” son planning de maintenance et soit passé d’un déficit pouvant atteindre 15 gigawatts (GW) à une situation “moins critique” de 6 GW en novembre et décembre prochains par rapport à ce qui était prévu avant la crise sanitaire.

“En situation de normales saisonnières, où il n’y a pas d’excès de froid, la sécurité d’approvisionnement est assurée sans utiliser quelque autre levier que ce soit ; le parc suffira”, a dit François Brottes lors d’une conférence de presse avec Elisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique et solidaire.

“Néanmoins, en cas de froid plus rigoureux - si on est en-dessous de trois degrés, sept degrés voire un peu plus -, nous aurons à faire face et à devoir faire appel à d’autres moyens que le parc de production qui sera disponible.”

Alors que l’équilibre entre offre et demande est habituellement sensible autour de janvier et février, la vigilance sera ainsi de mise dès fin octobre et début novembre.

“Il n’est pas question, il n’est pas envisageable et il n’est pas envisagé quelque ‘black-out’ que ce soit”, a toutefois ajouté François Brottes, rappelant que la France pouvait activer toute une série de “leviers” pour s’adapter.

Parmi ces solutions figurent les économies de chauffage des bâtiments, la diminution de la tension sur les réseaux ou encore la réduction et le report volontaires de la demande de certains consommateurs (“l’effacement”), en particulier des industriels.

RTE estime aussi que les pays voisins de la France seront en mesure de lui fournir de l’électricité au cours de l’hiver prochain et que le pays pourra compter sur 10 GW de disponibilité d’importation en cas de besoin.

En dernier recours, si la France venait à épuiser l’ensemble de ces “leviers”, qui représentent 18 GW équivalant à la puissance de 18 réacteurs nucléaires, des coupures ciblées, temporaires et maîtrisées - des “délestages” - pourraient toutefois s’avérer nécessaires.

Benjamin Mallet, édité par Gwénaëlle Barzic

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