May 19, 2020 / 1:08 PM / 6 days ago

ÉCLAIRAGE-Le marché du financement rouvre ses portes en grand-BNP Paribas

* Toutes les options de financement de nouveau disponibles

* Les émetteurs bien accueillis par les marchés

* Les entreprises s’appuient sur la liquidité bancaire

* Les banques américaines moins présentes que d’habitude

* BNP Paribas en profite pour se mettre en avant

par Patrick Vignal

PARIS, 19 mai (Reuters) - Après la dislocation des marchés au mois de mars, toutes les options de financement sont de nouveau disponibles pour les entreprises et les annonces de celles qui affichent leur volonté de faire face à la crise sont bien accueillies dans l’ensemble par les investisseurs, dit-on chez BNP Paribas.

Au sortir du bref mais violent plongeon des actifs financiers, de nombreuses entreprises ont fait le choix de s’appuyer sur la liquidité bancaire pour bénéficier à la fois d’une assurance et de la certitude d’obtenir des fonds à des conditions déjà déterminées.

“Nous avons assisté à une forme de séquence dans cette crise où les entreprises sont d’abord venues voir leur banquier, tirer sur leurs lignes existantes, soit pour demander des lignes additionnelles, dans certains cas ‘underwritées’, soit en ayant recours à des prêts garantis par l’Etat”, explique Alexis Le Touzé, responsable Equity Capital Markets (ECM) France chez BNP Paribas CIB.

“Dans une deuxième phase, lorsque le marché obligataire s’est rouvert, de nombreuses entreprises sont allées s’y financer avec des montants d’émission records et plutôt des profils ‘investment grade’, dans un premier temps.”

Les entreprises ont eu recours graduellement à des émissions en fonds propres, en privilégiant les placements accélérés (Accelerated Book Building/ABB), qui se déroulent en une seule soirée, après la clôture des marchés, poursuit Alexis Le Touzé.

Les obligations convertibles, qui peuvent être échangées contre des actions de la société émettrice, ont également été très utilisées, ces titres hybrides étant parfaitement adaptés à un environnement volatil, dit-il.

LES MARCHÉS RÉAGISSENT FAVORABLEMENT

Certains ont privilégié des annonces simultanées au marché, à l’image du distributeur suisse Dufry, qui a annoncé le même jour la mise en place d’une facilité de crédit additionnelle, l’annulation du dividende 2020, l’émission d’une convertible et une augmentation de capital sous forme d’un placement accéléré, explique-t-il.

La démarche de Dufry, comme celle du britannique Asos et d’autres entreprises en quête de financement, ont été bien reçues, ce dont a témoigné la réaction positive de leur cours en Bourse à leurs annonces, souligne-t-on chez BNP Paribas CIB.

Les investisseurs ont ainsi salué la volonté affichée de ces émetteurs de faire face à une crise dont le calendrier et les modalités de sortie restent très incertains, explique Renaud-Franck Falce, responsable Capital Markets pour BNP Paribas CIB.

“Les entreprises qui savent adresser de manière proactive et structurée leurs besoins de financement sont, de facto, reconnues et favorisées par les marchés”, dit-il.

Tout est allé très vite, poursuit-il avant de donner deux exemples parlants.

“Comme on le sait, la période du 5 au 20 mars a été extrêmement chahutée mais dès le 20 mars, on a vu Unilever revenir sur le marché obligataire avec un ‘book’ cinq fois sursouscrit, à 10 milliards d’euros, ce qui est extrêmement révélateur”, dit-il. “Le lundi suivant, c’était au tour de Nestlé, autre acteur sur un secteur extrêmement défensif, avec 17 milliards de book.”

BP A DONNÉ LE SIGNAL DE LA RÉOUVERTURE

Profitant de la moindre présence des banques américaines, d’ordinaire très actives sur le marché du financement bancaire, BNP Paribas s’est emparée de la tête du classement pour les prêts syndiqués en Europe en 2020, dominé de la tête et des épaules par les banques européennes, montrent les données de Refinitiv.

“Il y a eu environ 90 milliards d’euros de transactions ‘underwritées’ (souscrites, ndlr) sur la période du 20 mars à début mai sur l’ensemble de l’Europe avec une vingtaine de transactions, dont quelques unes à deux chiffres”, indique Renaud-Franck Falce.

“Cela fait partie de nos domaines d’expertise majeurs et BNP Paribas a octroyé des ‘underwritings’ pour 83 de ces 90 milliards d’euros avec des parts d’’underwriting’ qui correspondaient à environ 50% de l’ensemble. On a été de très loin la banque plus active dans ce domaine, en sachant que ce sont des transactions que nous avons distribuées très largement et que notre part finale est une fraction de ce genre de transaction puisqu’elle est inférieure à 9%.”

BNP Paribas a frappé fort d’entrée lorsque le géant pétrolier BP a sollicité une facilité de crédit de 10 milliards de dollars immédiatement après la crise de liquidité provoquée par la crainte d’une récession profonde résultant de l’arrêt de larges pans de l’activité.

“Le point notable de l’opération de BP est qu’elle a été la première et donc celle qui a rouvert le marché des financements syndiqués en Europe après la dislocation du marché qui a eu lieu du 5 au 20 mars”, explique Renaud-Franck Falce.

“C’est une opération que BNP Paribas a ‘underwritée’ de manière intégrale à un moment où il y avait moins d’acteurs et moins de volontaires. C’est un signal qui a été observé, évidemment, y compris par d’autres clients émetteurs et qui a certainement contribué à la suite de notre démarche.”

édité par Blandine Hénault et Marc Angrand

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