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Économie

Le prix négatif du pétrole ravive l'aversion au risque

PARIS (Reuters) - Les principales Bourses européennes reculent en début de séance mardi, l’effondrement des cours du pétrole, qui a fait passer le prix du baril de brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) en territoire négatif, ravivant l’aversion pour le risque en bousculant les repères habituels des investisseurs.

Les principales Bourses européennes reculent en début de séance mardi. À Paris, le CAC 40 perd 2,08% à 4.434,22 points à 08h15 GMT. A Londres, le FTSE 100 cède 1,97%, tout comme le Dax à Francfort. /Photo prise le 27 mars 2020/REUTERS/Kai Pfaffenbach

À Paris, le CAC 40 perd 2,08% à 4.434,22 points à 08h15 GMT. A Londres, le FTSE 100 cède 1,97%, tout comme le Dax à Francfort.

L’indice EuroStoxx 50 est en baisse de 1,99%, le FTSEurofirst 300 de 1,91% et le Stoxx 600 de 1,58%.

L’indice de volatilité de l’EuroStoxx 50 est quant à lui en hausse de près de 3,5 points à 45,26.

PÉTROLE

Le prix du pétrole brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) livrable en mai est de nouveau passé en territoire négatif juste avant l’ouverture des Bourses européennes et s’affichait à -2,58 dollars une heure après. Un cours qui signifie littéralement que les détenteurs de WTI sont prêts à payer des acheteurs pour les en débarrasser, ce qui s’explique principalement par l’arrivée imminente à échéance de ce contrat.

Lundi, le WTI est tombé jusqu’à -37,63 dollars. Le contrat juin, lui, reste en territoire positif, à 20,28 dollars. Quant au Brent, il chute de 11,73% à 22,57 dollars le baril et se rapproche du plus bas de 18 ans touché fin mars à 21,65.

Si cette rechute des cours du pétrole est liée en partie à des facteurs techniques, elle reflète aussi la saturation du marché, qui épuise les capacités de stockage aux Etats-Unis faute d’une réduction de la production mondiale suffisante pour compenser l’effondrement de la demande.

Et au-delà, elle reflète la crainte chez un nombre croissant d’investisseurs de voir se prolonger la récession économique provoquée par la crise sanitaire en cours, d’autant que le bilan de celle-ci continue de s’alourdir

Un facteur d’incertitude supplémentaire pèse sur l’appétit pour le risque après les informations de presse selon lesquelles le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a subi une opération de chirurgie cardiaque.

VALEURS

En Europe, la plus forte baisse sectorielle est sans surprise pour le compartiment du pétrole et du gaz, dont l’indice Stoxx perd 3,4%. A Paris, Total (-3,87%) et TechnipFMC (-4,82%) figurent parmi les reculs les plus marqués du CAC 40.

A Londres, BP chute de 2,91% et Royal Dutch Shell de 2,31%.

Le Stoxx des matières premières cède 3,24%.

Dans l’actualité des résultats, Danone abandonne 3,03% après le retrait de ses prévisions 2020 et malgré un chiffre d’affaires (CA) trimestriel en croissance organique de 3,7% grâce aux effets de stockage avant les confinements.

PSA perd quant à lui 2,36% en réaction à l’annonce d’une baisse de 15,6% de ses ventes sur janvier-mars.

A la hausse, Plastic Omnium gagne 1,44% après avoir limité la baisse de son CA au premier trimestre.

EN ASIE

A la Bourse de Tokyo, l’indice Nikkei a fini en repli de 1,97%, la chute des valeurs de l’énergie s’étant ajoutée aux inquiétudes liées à la pandémie de coronavirus à l’approche de la saison des publications de résultats annuels au Japon.

En Chine, le SSE Composite de Shanghaï a cédé 0,9% et à Hong Kong, le Hang Seng a reculé de 2,13%, freiné lui aussi par le secteur de l’énergie (-2,11%).

A WALL STREET

Choquée par la chute spectaculaire des cours du pétrole, la Bourse de New York a fini en forte baisse lundi.

L’indice Dow Jones a chuté de 2,44% à 23.650,44 points. Le S&P-500 a perdu 1,79% à 2.823,16 points et le Nasdaq Composite a reculé de 1,03% à 8.560,73 points.

Après la clôture, IBM, l’une des 30 valeurs du Dow, cédait 3,3% dans les échanges hors séance, le groupe informatique ayant retiré ses prévisions 2020.

Les contrats à terme sur les trois principaux indices américains préfigurent pour l’instant une ouverture en baisse de 0,2% à 0,4%.

TAUX

Les emprunts d’Etat de référence sont recherchés face au recul des actions et aux interrogations sur l’évolution des prix du pétrole: le rendement du Bund allemand à dix ans recule de plus de deux points de base à -0,468% et son équivalent américain de près de deux points à 0,6082%.

A l’opposé, les rendements des Etats du sud de la zone euro sont en hausse à l’approche du Conseil européen de jeudi, qui risque de repousser une nouvelle fois les décisions très attendues sur la création d’un fonds de relance économique.

Le rendement à dix ans italien est ainsi remonté à 1,98% et les rendements portugais et espagnol sont proches de leur plus haut niveau depuis un mois.

CHANGES

Comme lors des précédents épisodes de repli sur les actifs jugés les plus sûrs, le dollar est orienté à la hausse face aux autres grandes devises (+0,30%).

L’euro, au contraire, revient autour de 1,0825 dollar, en baisse de 0,35% environ. Mais les reculs sont plus marqués encore pour les monnaies de pays producteurs de pétrole comme la couronne norvégienne (-0,9%) ou le peso mexicain (-0,5%).

Le won sud-coréen, lui, abandonne plus de 0,8% face au billet vert en raison des interrogations sur la santé de Kim Jong-un, perçues comme un facteur d’instabilité pour la région.

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