April 8, 2020 / 3:19 PM / 2 months ago

LEAD 3-Coronavirus-Pas d'accord à l'Eurogroupe sur la réponse économique à la crise

* Italie et Pays-Bas s’opposent sur les “coronabonds”

* Les négociations reprendront jeudi à 15H00 GMT

* Divergences sur le recours au MES et le fonds de relance

* Les Etats membres pourraient avoir besoin de 1.500 milliards d’euros, prévient la BCE (Actualisé avec citations de l’Elysée)

par Jan Strupczewski et Francesco Guarascio

BRUXELLES, 8 avril (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro ont annoncé mercredi n’être pas parvenus à ce stade à trouver un accord sur les mesures à prendre pour faire face aux conséquences économiques de la crise du coronavirus.

Cet échec, au bout de seize heures de négociations par visioconférence, d’une réunion entamée la veille à 14h30 s’explique par le bras de fer persistant entre des pays comme l’Italie, l’Espagne ou la France, favorables à l’émission d’obligations européennes (“coronabonds”), et les pays qui restent farouchement opposés à cette option, Pays-Bas en tête.

Les travaux de l’Eurogroupe reprendront jeudi à 15h00 GMT et le ministre allemand des Finances Olaf Scholz a dit espérer que ces nouvelles discussions permettront l’adoption d’un paquet de mesures représentant plus de 500 milliards d’euros pour faire face aux répercussions de l’épidémie de COVID-19.

“Il est clair qu’il n’y aura pas de consensus (jeudi) a l’Eurogroupe sur (les coronabonds). Ce qui est important c’est que le débat reste ouvert”, tempère-t-on cependant à l’Elysée.

La France n’exclut pas la possibilité d’émissions communes de dette en “formats plus réduits” que dans le cadre de l’ensemble de la zone euro, ajoute-t-on.

“Pour être très clair: ce n’est pas notre souhait”, explique-t-on de même source. “C’est mieux de faire ça collectivement en format zone euro. Mais la question se pose pour l’avenir de savoir s’il ne peut pas y avoir un certain nombre de choses qu’on fait en matière de solidarité, voire d’émissions, dans des formats plus réduits. La question est ouverte.”

Pendant la visioconférence, la Banque centrale européenne a informé les ministres des Finances de la zone euro que les Etats membres pourraient avoir besoin de 1.500 milliards d’euros pour résoudre la crise du coronavirus.

La Commission européenne a déjà assoupli ses restrictions sur l’octroi d’aides publiques et la limitation des dépenses des Etats afin de venir à la rescousse des entreprises les plus affectées par la paralysie des activités économiques mais l’UE peine à présenter un front uni sur de multiples aspects.

“Honte à vous, honte à l’Europe. Cessez ce spectacle clownesque”, a déclaré Bruno Le Maire pendant la réunion, selon l’un des participants.

“UN ÉCHEC SERAIT IMPENSABLE”, PRÉVIENT BRUNO LE MAIRE

Le ministre français de l’Economie et des Finances a prévenu à l’issue des discussions qu’un échec serait “impensable”.

Le “paquet” de mesures en discussion prévoit le recours au Mécanisme européen de stabilité (MES) - dispositif de gestion des crises financières mis en place en 2012 - qui permettrait de débloquer des lignes de crédit allant jusqu’à 2% du PIB d’un pays qui solliciterait cette aide, soit, au total, 240 milliards d’euros.

Mais les ministres n’ont pas pu se mettre d’accord sur les modalités de cette aide car les Pays-Bas ont insisté pour que l’octroi de crédits soit attaché à des conditions prenant en compte des critères économiques spécifiques, ont expliqué des hauts fonctionnaires européens.

L’Italie s’est dite prête à accepter uniquement une référence générale à la nécessité de respecter les règles budgétaires de l’UE, estimant impossible de définir des critères plus détaillés en raison de la difficulté d’évaluer l’impact de la crise sanitaire en cours.

“Il y a un point qui aurait dû faire l’objet d’un accord, c’est la question du mécanisme européen de stabilité en l’adaptant à l’urgence de cette crise”, commente-t-on à l’Elysée.

“Ce sujet a été bloqué (...) par un seul pays, les Pays-Bas. Et je crois que ce blocage, est a la fois contre-productif, incompréhensible et ne peut pas durer. (...) Ce qui s’est passé hier à l’Eurogroupe n’est pas à la hauteur des Pays-Bas.”

Les ministres sont en revanche convenus d’apporter des garanties à la Banque européenne d’investissement (BEI) qui permettra à cette institution d’accorder en retour jusqu’à 200 milliards de prêts additionnels.

Ils ont également validé la proposition de la Commission européenne de lever 100 milliards d’euros sur le marché, garantis par les Vingt-Sept, pour financer un mécanisme de chômage partiel où les Etats prendraient en charge une partie des salaires.

Les pays membres de l’Eurogroupe ont aussi reconnu la nécessité de créer un fonds commun destiné à la relance des économies européennes une fois passée la crise, mais aucun accord ne s’est dessiné sur les moyens de son financement, cette question se heurtant une nouvelle fois au problème de la mutualisation de la dette. (Avec Michel Rose à Paris, version française Henri-Pierre André, Nicolas Delame et Jean-Philippe Lefief et Jean-Stéphane Brosse, édité par Jean-Michel Bélot)

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