April 1, 2020 / 1:21 PM / 4 months ago

La Buba préfère le MES au "coronabonds", Paris propose un compromis

FRANCFORT, 1er avril (Reuters) - L’Allemagne a réaffirmé mercredi son opposition à l’émission de “coronabonds” pour financer les dépenses de lutte contre la pandémie de coronavirus et de soutien à l’économie, tandis que la France a suggéré la création d’un fonds à durée de vie limitée qui permettrait d’encadrer une éventuelle dette mutualisée à l’échelle européenne.

Selon des propos du président de la Bundesbank Jens Weidmann rapportés mercredi par le quotidien allemand Die Zeit, la banque centrale allemande n’est pas favorable à l’émission de “coronabonds” et considère que le Mécanisme européen de stabilité (MES) constitue un outil plus approprié pour faire face à la crise sanitaire et économique actuelle.

Pour Jens Weidmann, le recours à la ligne de crédit spéciale du MES, qui pourrait s’effectuer avec des conditions assouplies du fait de la situation de crise, permettrait d’apporter la solidarité nécessaire entre les membres de la zone euro.

Le ministre français de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire a proposé dans un entretien accordé au Financial Times une solution qui pourrait selon lui faire l’objet d’un compromis.

“Nous ne devrions pas être obnubilés par le terme ‘coronabonds’ ou eurobonds. Nous devrions être uniquement préoccupés de la nécessité de disposer d’un instrument très puissant pour faciliter la reprise économique après la crise”, a-t-il déclaré.

“Disposer d’un fonds, disons pour cinq ou dix ans - pour une période limitée - avec la possibilité d’avoir de la dette mutualisée mais uniquement au sein de ce fonds, pourrait être plus acceptables pour d’autres pays et pourrait donc être une solution”, a jugé Bruno Le Maire.

Alors que de nombreux Etats membres rechignent à envisager l’option d’une dette mutualisée dans le cadre du budget pluriannuel européen, “essayons de penser à ce type de possibilité hors de ce cadre, pour une période limitée dans le temps, en se concentrant sur l’objectif de la reprise économique après la pandémie”, a plaidé le ministre français.

La France, l’Italie, l’Espagne et six autres pays de la zone euro ont plaidé la semaine dernière en faveur de la création d’un instrument de dette commun afin de financer les dépenses de lutte contre la pandémie de coronavirus et de soutien aux entreprises et aux ménages mais leur proposition se heurte à l’opposition, notamment, de l’Allemagne et des Pays-Bas.

Les ministres des Finances de la zone euro ont jusqu’au 9 avril pour présenter un projet détaillé de plan de soutien à l’économie. (Balazs Koranyi, avec Myriam Rivet à Paris, édité par Jean-Michel Bélot)

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