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Économie

Actions, pétrole et rendements en baisse, la nervosité de retour

PARIS (Reuters) - Les principales Bourses européennes sont en baisse lundi à l’ouverture fragilisées par la baisse des cours du brut et la perspective dans plusieurs pays d’une prolongation des mesures de confinement qui paralysent une part importante de l’économie mondiale.

Les principales Bourses européennes sont en baisse lundi à l'ouverture. À Paris, l'indice CAC 40 cède 1,67%. À Francfort, le Dax abandonne 0,59% et à Londres, le FTSE perd 0,91%. /Photo s'archives/REUTERS/Régis Duvignau

À Paris, l’indice CAC 40 cède 1,67% à 4.278,94 points vers 10h00 GMT. À Francfort, le Dax abandonne 0,59% et à Londres, le FTSE perd 0,91%.

L’indice EuroStoxx 50 de la zone euro lâche 1,15%, le FTSEurofirst 300 recule de 0,67% et le Stoxx 600 de 1,23%.

Contrairement à ce que laissaient présager les indications de préouverture, les Bourses européennes n’ont pas résisté aux craintes persistantes concernant la pandémie, malgré l’intervention surprise de la banque centrale chinoise.

La Banque populaire de Chine a réduit l’un de ses principaux taux d’intérêt à court terme de 20 points de base, à 2,20%, pour tenter d’atténuer les effets dévastateurs du coronavirus sur la deuxième économie du monde.

Il s’agit de la troisième baisse de ce taux depuis novembre dernier et de la plus forte depuis près de cinq ans.

Le week-end n’a pas offert de répit sur le front de la pandémie de coronavirus qui a affecté au total plus de 720.000 personnes dans le monde et fait près de 34.000 morts selon les données compilées lundi par Reuters..

Aux Etats-Unis, pays désormais le plus touché, Donald Trump a annoncé un prolongement des mesures de distanciation sociale jusqu’au 30 avril alors que le virus a fait plus de 2.400 morts.

Les analystes de JPMorgan estiment que le produit intérieur brut (PIB) mondial pourrait chuter de 10,5% en rythme annualisé au premier semestre de l’année.

PÉTROLE

Les cours du pétrole brut chutent à nouveau alors que les craintes liées à l’impact de la pandémie s’amplifient et que la guerre des prix entre l’Arabie saoudite et la Russie menace d’inonder le marché.

“Même si les Russes et les Saoudiens étaient parvenus à un accord sur la réduction de la production, il était peu probable que les cours remontent avec l’excédent actuel de l’offre et l’absence de demande”, a déclaré Michael Hewson chez CMC Markets.

Le Brent perd plus de 8% à 22,74 dollars, au plus bas depuis novembre 2002. Le baril de brut léger américain abandonne 5,44% à 20,34 dollars, proche du plus bas de 18 ans touché ce mois-ci.

VALEURS

La multiplication des mauvaises nouvelles du côté des entreprises, entre avertissements sur résultats et suspensions de dividendes, contribue également à plomber le moral du marché.

L’indice Stoxx européen des banques lâche 3,22%, la plus forte baisse sectorielle, et celui des banques de la zone euro 4,81%.

ABN Amro (-6,99%), UniCredit (-5,08%) et ING (-7,19%) ont annoncé qu’elles suspendaient le versement d’un dividende à leurs actionnaires en raison de la crise du coronavirus, répondant ainsi à l’appel lancé vendredi par la Banque centrale européenne (BCE).

A Paris, Crédit agricole, Société générale et BNP Paribas perdent entre 4,9% et 8,3%.

Le groupe d’ingénierie suisse ABB perd 4,9% après avoir dit s’attendre à une baisse de ses résultats au premier trimestre en raison des retombées du coronavirus et de la chute des prix pétroliers.

Les compagnies aériennes, frappées par la chute de la demande, sont toujours à la peine. La britannique EasyJet, en repli de 5,55%, a annoncé l’immobilisation de la totalité de sa flotte.

Le titre Airbus chute de 6,95%, la pire performance du CAC.

A WALL STREET

La Bourse de New York a fini sur une baisse très nette vendredi après avoir enregistré trois séances de hausse consécutives, les craintes liées à l’épidémie de coronavirus ayant pris le dessus chez les intervenants de marché.

L’indice Dow Jones a cédé 4,06% à 21.636,78 points. Le S&P-500 a perdu 3,37%, à 2.541,47 points et le Nasdaq Composite a reculé de 3,79% à 7.502,38 points.

Sur la semaine, les trois indices affichent toutefois des rebonds sensibles, respectivement de 12,84%, 10,21% et 9,03%.

Les contrats à terme laissent entrevoir pour ce lundi une ouverture en ordre dispersé, en hausse de 0,1% pour le Nasdaq et le S&P-500 et en baisse de 0,4% pour le Dow Jones.

EN ASIE

Les places asiatiques ont fini la journée dans le rouge face aux mêmes inquiétudes sur l’évolution de la pandémie et les mesures de confinement prises un peu partout dans le monde.

Le Nikkei à la Bourse de Tokyo a perdu 1,6%. La Bourse de Shanghai et l’indice CSI 300 des grandes capitalisations de Chine continentale ont cédé environ 1%.

TAUX

Face à l’incertitude économique mondiale déclenchée par le coronavirus, les investisseurs se replient sur les actifs jugés plus sûrs comme les obligations souveraines.

“Le sentiment reste fragile car le virus défie encore les espoirs d’un retour à une vie économique et sociale plus normale. La propagation aux États-Unis est particulièrement importante et les marchés doutent que la Réserve fédérale puisse immuniser l’économie réelle”, a déclaré Rainer Guntermann chez Commerzbank.

Le rendement des Treasuries à dix ans perd encore plus de huit points de base, à 0,6587%, après avoir reculé de 26 points de base la semaine dernière.

Ceux des emprunts américains à un et trois mois sont tombés en dessous de zéro la semaine dernière, une première depuis 2005.

Le rendement du Bund allemand à dix ans abandonne près de six points de base à -0,533%, un creux de deux semaines.

Celui du Gilt de même échéance perd neuf points de base à 0,276%, un plus bas depuis le 12 mars. L’agence de notation Fitch a annoncé vendredi avoir abaissé d’un cran la note souveraine du Royaume-Uni à AA- en raison de l’affaiblissement significatif des finances publiques causé par l’impact du coronavirus.

CHANGES

Le dollar reprend des couleurs, bénéficiant de son statut d’actif refuge, après avoir chuté de 4,3% la semaine dernière, son plus fort repli hebdomadaire en plus de dix ans. Le billet vert a été pénalisé par l’assouplissement des conditions de financement en dollar, qui a réduit la demande pour la devise américaine.

L’”indice dollar”, qui mesure ses fluctuations face à un panier de devises de référence, reprend 0,37%.

L’euro recule de 0,6% à 1,1089 dollar pour s’éloigner d’un pic de dix jours touché vendredi à 1,1146.

Laetitia Volga, édité par Marc Angrand

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