March 23, 2020 / 3:51 PM / 6 days ago

LEAD 1-Un plan de 750 milliards d'euros en Allemagne contre le coronavirus

* €156 mds de dépenses supplémentaires financées par de la dette

* Garanties de prêts, fonds de stabilisation de l’économie et prêts aux entreprises pourraient atteindre €750 mds

* Contraction de 5% du PIB attendue en 2020 (Actualisé tout du long avec précisions et détails)

par Michael Nienaber

BERLIN, 23 mars (Reuters) - L’Allemagne a annoncé lundi une série de mesures d’un montant total de 750 milliards d’euros pour tenter d’atténuer l’impact de l’épidémie de coronavirus sur la première économie européenne et prévoit d’augmenter son endettement pour la première fois depuis 2013.

“C’est un très gros plan avec de nombreuses mesures”, a déclaré le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz, lors d’une conférence commune avec son collègue de l’Economie, Peter Altmaier.

Le budget rectificatif allemand, qui prévoit 156 milliards d’euros de dépenses supplémentaires financées par une augmentation des emprunts sur les marchés souligne la volonté de Berlin d’utiliser “tous les moyens à sa disposition” pour lutter contre l’impact économique et social de l’épidémie de coronavirus en cours, a dit Olaf Scholz.

Dans le contexte de la crise sanitaire, le gouvernement allemand juge inéluctable une contraction du produit intérieur brut (PIB) de l’Allemagne. Et si son ampleur est encore difficile à déterminer précisément à l’heure actuelle, le projet de budget rectificatif a été construit sur l’hypothèse d’une chute d’environ 5% du PIB cette année.

Peter Altmaier a précisé que le gouvernement comptait fournir le plus rapidement possible de premières aides aux entreprises pénalisées par la crise sanitaire, tout en concédant qu’il serait impossible de compenser totalement les pertes de chiffre d’affaires.

Il a également annoncé la mise en place d’un Fonds de stabilisation de l’économie dédié au soutien aux entreprises et destiné à éviter que des groupes allemands ne soient les cibles de prises de contrôle non désirées, un dispositif dont le montant pourra aller jusqu’à 100 milliards d’euros.

“Ne vous y trompez pas, nous sommes déterminés à protéger nos entreprises et nos emplois”, a déclaré Peter Altmaier en précisant s’adresser aux fonds spéculatifs.

DES PRISES DE PARTICIPATIONS PAS EXCLUES

Le ministre de l’Economie allemand a également prévenu que le gouvernement interviendrait aussi peu que possible sur les marchés mais il a assuré que si cela s’avérait nécessaire, le gouvernement prendrait des participations dans certaines entreprises.

Interrogé une éventuelle interdiction des ventes à découvert en Allemagne, à l’image des décisions prises par Paris, Madrid et Rome, Olaf Scholz a déclaré qu’il ne se prononcerait pas publiquement sur une telle mesure à l’avance.

Une enveloppe de 100 milliards d’euros sera par ailleurs accordée à la banque publique de développement KfW pour financer des prêts à des sociétés en difficulté et la KfW sera autorisée à emprunter elle-même jusqu’à 200 milliards.

En fonction de l’utilisation qui sera faite des différents outils mis à disposition des entreprises, les nouvelles dettes nettes contractées par l’Allemagne pourraient donc s’élever à 356 milliards d’euros cette année, l’équivalent d’environ 10% du PIB de l’Allemagne.

A ce montant s’ajoutent les 400 milliards d’euros de garanties pour les prêts aux entreprises en difficultés qu’accordera le fonds de stabilisation de l’économie, ce qui porte le total des mesures de soutien proposées à 750 milliards d’euros.

DES COÛTS SANS PRÉCÉDENT, SELON IFO

Le plan assouplit les règles d’éligibilité au chômage partiel afin que davantage d’entreprises puissent bénéficier d’une aide de l’Etat, afin de s’assurer que les salariés allemands puissent conserver leur emploi. Selon le ministère du Travail, cette disposition pourrait coûter jusqu’à 10 milliards d’euros cette année.

L’institut économique Ifo a jugé lundi que l’Allemagne était confrontée à une crise sans précédent du fait de l’épidémie de nouveau coronavirus.

“Les coûts dépasseront probablement tout ce que nous avons déjà connu au cours des dernières décennies en Allemagne, qu’il s’agisse de crises économiques ou de catastrophes naturelles”, a déclaré Clemens Fuest, le président de cet institut, cité dans un communiqué.

Selon les estimations fournies par l’institut, si l’économie connaissait une paralysie partielle d’une durée de deux mois, les coûts pourraient être compris entre 255 et 495 milliards d’euros et ils attendraient 354 à 729 milliards d’euros si l’activité économique se retrouvait presque à l’arrêt pendant trois mois.

Sur le plan sanitaire, le budget d’urgence allemand prévoit notamment un doublement du nombre de lits dans les unités de soins intensifs.

Olaf Scholz a par ailleurs précisé que la chancelière Angela Merkel, placée en quarantaine dimanche après avoir été en contact avec un médecin contaminé par le coronavirus, était en bonne santé mais travaillait depuis son domicile.

Michael Nienaber, Christian Kraemer et Holger Hansen ; version française Myriam Rivet, édité par Henri-Pierre André et Marc Angrand

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