March 16, 2020 / 9:14 AM / 5 months ago

POINT MARCHÉS-La peur de la récession l'emporte sur le soutien des banques centrales

    * L'indice Stoxx 600 chute de 7,89%, le CAC 40 de 8,58%
    * Les signes de récession de plus en plus nets 
    * Les interventions des banques centrales incapables de rassurer
    * Le dollar baisse 
    * Les écarts de rendement en zone euro se creusent

    PARIS, 16 mars (Reuters) - Les principales Bourses européennes évoluent de
nouveau en forte baisse lundi en début de séance, l'extension continue de la
pandémie de coronavirus et la perspective de plus en plus nette d'une récession
dans de nombreux pays l'emportant sur les nouvelles mesures de soutien
exceptionnelles mises en oeuvre par les grandes banques centrales.
    À Paris, le CAC 40 chute de 8,58% à 3.764,52 points vers 09h00 GMT,
retombant à des niveaux inédits depuis l'été 2013. A Londres, le FTSE 100
 cède 7,14% et à Francfort, le Dax recule de 7,61%. 
    L'indice EuroStoxx 50 est en baisse de 7,61%, le FTSEurofirst
300 de 7,53% et le Stoxx 600 de 7,89%, au plus bas depuis
2012.
    Alors que le nombre de nouveaux cas d'infection au coronavirus et celui des
décès dus à la maladie continuent de monter dans de nombreux pays, forçant les
gouvernements à réduire l'activité économique pour tenter de freiner la
pandémie, le commissaire européen Thierry Breton a reconnu lundi que l'Union
européenne se dirigeait vers une récession cette année. 
    En Chine, la production industrielle a subi sur les deux premiers mois de
l'année sa contraction la plus sévère depuis 30 ans, et les statistiques
officielles publiées lundi montrent aussi un net recul des ventes au détail,
pour la première fois depuis que ces données sont répertoriées.
    Aux Etats-Unis, Goldman Sachs a abaissé sa prévision de croissance pour les
premier et deuxième trimestres et table sur une contraction de 5,0% du produit
intérieur brut (PIB)  sur avril-juin.
    Face à cela, l'annonce surprise dimanche par la Réserve fédérale d'une
baisse de taux de 100 points de base, de 700 milliards de dollars d'achats de
titres sur les marchés, d'un assouplissement des règles prudentielles pour doper
le crédit bancaire et d'une initiative concertée avec cinq autres grandes
banques centrales pour assurer la disponibilité de liquidités en dollars peine à
rassurer. 
    La Banque du Japon (BoJ), de son côté, a annoncé lundi des mesures
supplémentaires de soutien à l'économie, avec notamment des achats
supplémentaires d'actifs comme les fonds d'actions indiciels (ETF).
    "Une récession liée au coronavirus est désormais pratiquement certaine,
puisque l'offre et la demande mondiales sont touchées", constate Nigel Green,
directeur général de deVere Group. 
    "On peut s'attendre à ce que cette récession soit profonde mais brève. Le
ralentissement sera temporaire parce qu'il n'est pas lié à des problèmes et des
déséquilibres profonds de l'économie mais plutôt à un choc totalement imprévu
qui a bloqué l'économie mondiale".
    
    VALEURS 
    La totalité des secteurs européens de la cote subissent le mouvement
d'aversion au risque. Parmi les plus touchés, celui du transport aérien et du
tourisme, le plus immédiatement affecté par la chute de l'activité,
plonge de 14,63%.
    Parmi les compartiments cycliques, l'indice Stoxx européen du secteur et du
gaz cède 6,53%, celui des matières premières recule de 7,8%,
celui de la construction de 10,61% et celui de l'automobile de
10,64%. 
    Plusieurs poids lourds des indices européens accusent des replis d'une
ampleur exceptionnelle: Airbus voit sa valeur boursière fondre de
17,15%, Volkswagen abandonne 11,26%, Kering 9,79%.
    La baisse atteint 28,22% pour le tour-opérateur TUI et 28,09% pour
la compagnie aérienne Easyjet à Londres, 25,23% pour le distributeur
Fnac Darty à Paris.
    EN ASIE 
    La Bourse de Tokyo n'est pas parvenue à conserver ses gains de début
de séance et a terminé en baisse de 2,46% après les annonces de la Banque du
Japon, qui a elle aussi devancé le calendrier prévu de sa réunion de politique
monétaire.
    En Chine continentale, le CSI 300 des grandes capitalisations a
reculé de 4,3% et en Australie, l'indice ASX 200 a chuté de 9,7%, sa
plus forte baisse en séance jamais enregistrée.
    
    A WALL STREET 
    La Bourse de New York a connu un spectaculaire rebond vendredi après avoir
connu la veille sa pire séance depuis 1987, mais ce rebond bienvenu devrait être
mis à mal dès ce lundi au vu de la baisse des contrats à terme sur les indices
américains, supérieure à 4,5%.
    L'indice Dow Jones a bondi de 9,36% à 23.185,62 points et le S&P-500
 s'est envolé de 9,29%, à 2.711,02 points.
    De son côté, le Nasdaq Composite a avancé de 9,35% à 7.874,88
points.
    
    TAUX 
    Sur le marché obligataire, les annonces de la Fed favorisent la baisse des
rendements des bons du Trésor américain : celui des titres à dix ans
recule de plus de 15 points de base pour revenir autour de 0,8%.
    La situation est plus compliquée en Europe, où l'aversion au risque continue
de creuser les écarts de rendements (spreads): alors que le rendement à dix ans
allemand est quasi stable à -0,58%, son équivalent français prend 10
points de base à 0,097% et l'italien plus de 20 points pour remonter
au-dessus de 2%.
    "L'évolution observée sur les périphériques est principalement liée au
sentiment concernant les ratios d'endettement de pays qui, après des années
d'assouplissement quantitatif et de soutien des banques centrales dans la zone
euro, se dirigent vers une nouvelle crise importante sinon pire que la
précédente", explique Matt Cairns, stratège de Rabobank.
    
    CHANGES 
    Sur le marché des devises, le dollar cède du terrain après la baisse de taux
décidée par la Fed: l'indice mesurant les fluctuations du billet vert face à un
panier de référence cède 1,13% et son recul face au yen approche 1,5%.
    L'euro, lui, gagne près de 1% face au billet vert et remonte au-dessus de à
1,1210. 
    Parallèlement, plusieurs devises de pays émergents et de gros producteurs
d'hydrocarbures sont délaissées, du peso mexicain au rouble en passant par la
couronne norvégienne.
    
    PÉTROLE 
    Le marché pétrolier ne parvient pas à interrompre sa chute sous l'effet
conjuguée de la guerre des prix engagée entre grands producteurs et de la
perspective d'une baisse marquée de la demande mondiale au cours des mois à
venir.
    Le Brent abandonne 6,94% à 31,50 dollars le baril et le brut léger
américain (West Texas Intermediate, WTI) cède 4,95% à 30,16 dollars.
            
    PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 16 MARS : 
 PAYS    GMT    INDICATEUR                     PÉRIODE     CONSENSUS     PRÉCÉDENT
 USA     12h30  Empire manufacturier "Empire   mars        3,00          12,90
                State"                                                   
                                                                         
 
    

 (Marc Angrand, avec Yoruk Bahceli à Londres, édité par Blandine Hénault)
  
 
 
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