January 15, 2020 / 10:28 AM / 3 months ago

La récession va s'accentuer en Iran et les réserves de changes fondre - IIF

DUBAI, 15 janvier (Reuters) - Le rétablissement des sanctions américaines contre l’Iran a durement frappé l’économie de la République islamique, dont le PIB s’est contracté de 4,6% sur l’exercice fiscal 2019-2020 et devrait fondre encore de 7,2% cette année, d’après les estimations de l’Institut de la finance internationale (IIF).

L’IIF indique en outre que les réserves de changes pourraient chuter à 73 milliards de dollars d’ici au mois de mars, en recul d’une quarantaine de milliards en deux ans.

Les exportations de brut et de condensats de pétrole étaient de 2,8 millions de barils par jour en mai 2018, date à laquelle Donald Trump a retiré les Etats-Unis de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien et rétabli les sanctions américaines. Elles sont tombées ces derniers mois à moins 0,4 million de bpj, souligne l’IIF.

“La baisse des importations n’a que partiellement compensé ce déclin drastique des exportations. Par conséquent, la balance des paiements courants a basculé vers un petit déficit pour la première fois depuis 1998”, écrit l’Institut de la finance internationale, qui regroupe les grandes banques et institutions financières internationales.

A moyen terme, dans l’éventualité d’un maintien des sanctions américaines, la croissance iranienne, après deux années de profonde récession, resterait à un niveau modéré, le chômage passerait au-dessus des 20% de la population active et les réserves officielles de changes continueraient de se contracter, tombant à une vingtaine de milliards de dollars en mars 2023.

A l’inverse, dans un scénario de levée des sanctions américaines, la croissance de l’économie iranienne pourrait rapidement rebondir pour dépasser les 6% annuels et les réserves de changes remonter à 143 milliards de dollars à l’horizon 2024.

Avec la réélection potentielle de Donald Trump en novembre prochain pour un second mandat de quatre ans, note Robert Mogielnicki, chercheur invité à l’Arab Gulf States Institute basé à Washington, “la perspective d’un accord durable entre les Etats-Unis et l’Iran semble éloignée. De ce fait, l’économie iranienne affronte plus de risques que d’opportunités à court terme comme à moyen terme”.

Le projet de budget 2020-2021 (l’année fiscale débute en mars en Iran) présenté le mois dernier au Parlement iranien retient comme hypothèse de travail un recul de 40% des revenus liés au pétrole, au gaz et aux condensats.

L’IIF retient pour sa part une chute de 70% des revenus liés aux hydrocarbures, avec un déficit budgétaire de l’ordre de 2% du PIB iranien en dépit du relèvement des taxes et de la baisse des subventions publiques sur les carburants et l’électricité, à l’origine du vaste mouvement de contestation durement réprimé à l’automne dernier. (Davide Barbuscia version française Henri-Pierre André, édité par Simon Carraud)

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