January 7, 2020 / 8:13 AM / 7 months ago

LEAD 3-Retraites-Philippe fait un geste sur le financement, CFDT et Unsa circonspectes

* Le Premier ministre tente de fléchir la CFDT

* La “conférence de financement” est une bonne idée, dit-il

* Réunion de cadrage vendredi à Matignon

* CFDT et Unsa rejettent “l’épouvantail” de l’âge pivot (Actualisé avec déclaration d’Edouard Philippe, fin de la réunion, syndicats)

par Sophie Louet et Marine Pennetier

PARIS, 7 janvier (Reuters) - Le gouvernement a consenti une ouverture mardi sur les modalités financières de la réforme des retraites en reprenant la proposition de la CFDT d’une “conférence de financement”, une initiative saluée par les syndicats réformistes qui exigent toutefois le retrait de “l’âge pivot” du projet de loi.

Au 34e jour de la grève dans les transports publics en France, gouvernement et partenaires sociaux ont renoué le dialogue au ministère du Travail pour tenter de dégager le “compromis rapide” souhaité par Emmanuel Macron dans un calendrier très contraint.

Edouard Philippe a en effet annoncé que le texte, dont une mouture partielle a été transmise au Conseil d’Etat, serait soumis en première lecture aux députés à partir du 17 février pour une adoption “avant l’été”.

Taxé de rigidité au sein même de la majorité, le Premier ministre a adopté un ton plus conciliant à l’issue d’une première série de discussions sur la méthode et le calendrier de la réforme en s’efforçant de ramener dans le jeu la CFDT, qui avait brutalement rompu avec l’exécutif sur la question de l’instauration progressive d’un “âge pivot” de 64 ans en 2027.

Il a ainsi repris à son compte la “bonne idée” avancée dimanche par le secrétaire général de la confédération, Laurent Berger, d’une “conférence de financement” pour déterminer les modalités de retour à l’équilibre du système actuel et le financement du futur régime universel par points.

“J’ai proposé à l’ensemble des organisations syndicales et patronales de nous retrouver vendredi matin à Matignon”, a dit à la presse Edouard Philippe.

“QUE CHACUN BOUGE UN PEU”

“Nous devons nous mettre d’accord sur le mandat de cette conférence de financement, sur le délai qui lui sera accordé pour aboutir à des solutions consensuelles”, a-t-il précisé, affirmant l’espoir d’”une discussion documentée, chiffrée, sereine” sans jamais évoquer l’âge pivot.

“Dans une discussion et pour trouver un compromis, il faut que chacun bouge un peu”, avait-il souligné auparavant sur RTL.

Des discussions à “un rythme un peu intense”, selon les termes de Laurent Berger, s’engagent en parallèle sur les autres marges de négociation d’un texte toujours programmé le 24 janvier en conseil des ministres.

Pénibilité et gestion des fins de carrières étaient au menu des discussions mardi. Le secrétaire d’Etat aux Retraites, Laurent Pietraszewski, mène le débat sur le minimum contributif et les transitions des régimes spécifiques vers le système unique. Le secrétaire d’Etat à la Fonction publique, Olivier Dussopt, se concentre sur la retraite progressive et ses conditions de déploiement dans la Fonction publique.

“On note la volonté d’ouverture, de discussion sur la question du financement des systèmes de retraites (...), cependant cette ouverture il faut qu’elle aille plus loin en rejetant du projet du loi la question de l’âge pivot”, a déclaré Laurent Berger à l’issue de la première réunion.

“Si l’objectif de cette conférence de financement ou de la réunion de vendredi c’est de recycler l’âge pivot ou de négocier autour de l’âge pivot, la réponse est ‘non’ pour la CFDT”, a-t-il prévenu.

“L’ÉPOUVANTAIL DE L’ÂGE PIVOT DOIT ÊTRE RETIRÉ”

Une allusion, notamment, à la proposition du président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand, un proche d’Emmanuel Macron, d’une décote “temporaire”, et non plus définitive, pour les personnes qui partiraient avant l’âge pivot.

“L’épouvantail de l’âge pivot doit être retiré”, a insisté le secrétaire général de l’autre syndicat réformiste, l’Unsa, Laurent Escure. “J’espère que les premiers signes de souplesse vont se confirmer et que vendredi on pourra travailler tranquillement”, a-t-il dit aux journalistes.

Le président de la CFE-CGC, François Hommeril, a regretté une “opération un peu cousue de fil blanc”. “Nous n’avons pas d’étude d’impact sur la réforme des retraites, c’est obligatoire, c’est écrit dans la Constitution”, a-t-il souligné.

Côté patronal, l’accueil est pour le moins réservé.

Le Medef a posé deux conditions à sa participation à une telle conférence : qu’elle livre ses conclusions avant la fin des débats au Parlement et que le gouvernement mette “tous les coûts sur la table”, toutes les dépenses notamment”.

La CGT et Force ouvrière, fers de lance de deux nouvelles journées de mobilisation interprofessionnelle jeudi et samedi, continuent pour leur part de réclamer le retrait pur et simple du projet. “Les propositions ne sont pas de nature à arrêter la grève”, a réagi Catherine Perret, membre du bureau confédéral de la CGT chargée des retraites. (Edité par Jean-Michel Belot)

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