July 24, 2019 / 10:20 AM / 2 months ago

GRAPHES-Aucun signe d'affaiblissement du dollar malgré Trump et la Fed

PARIS, 24 juillet (Reuters) - Ni les anticipations de baisse de taux, ni les protestations du président américain Donald Trump contre la surévaluation du dollar ou ses critiques à l’encontre de la Réserve fédérale ne semblent avoir raison de la fermeté du billet vert dont la vigueur ne se dément pas.

La devise américaine se rapproche de ses plus hauts de l’année et du seuil de 1,11 dollar pour un euro qu’elle n’a pas franchi depuis fin mai 2017.

Le dollar se maintient aussi à des niveaux très proches de ses pics historiques en termes de taux de change effectifs réels alors que dans le même temps l’euro est lui proche de ses plus bas, ce qui confirme sa surévaluation et la sous-évaluation de la devise européenne, selon les analystes de BofA Merrill Lynch.

“Le dollar apparaît surévalué d’un point de vue historique et l’euro sous-évalué”, relèvent-ils.

Thu Lan Nguyen, analyste change de Commerzbank, souligne quant à lui que les anticipations de baisse de taux aux Etats-Unis sont beaucoup plus fortes qu’en zone euro, ce qui devrait pénaliser le billet vert.

“Le débat porte aujourd’hui sur la question de savoir si la Banque centrale européenne va baisser ses taux de 10 ou 20 points de base dans les prochains mois. Dans le cas de la Fed, l’on parle de 25 à 50 points de base pour la seule première baisse de taux et le marché anticipe d’autres baisses en plus de ce premier pas”, observe-t-il.

L’écart de taux à deux ans entre l’Allemagne et les Etats-Unis, étroitement corrélé avec l’évolution de l’euro-dollar jusqu’au début de cette année et qui intègre les anticipations d’évolution de taux à plus courts terme dans les deux pays, valoriserait la paire à 1,24 dollar pour un euro.

La dynamique conjoncturelle plus favorable aux Etats-Unis qu’en zone euro contribue toutefois à expliquer cette résistance de la devise américaine.

Autant les récents indicateurs économiques ont plutôt surpris favorablement aux Etats-Unis, autant ils ont généralement déçu en zone euro où la publication mercredi des indices “flash” des directeurs d’achat pour le mois de juillet est d’ailleurs ressorti sous les attentes, l’euro en subissant le contrecoup.

Les baisses de taux anticipées outre-Atlantique sont présentées comme des “baisses d’assurance” destinées à prévenir qu’un ralentissement de la croissance encore solide ne dégénère en récession.

En zone euro, les investisseurs, encouragés par le président de la BCE qui s’est dit prêt “à faire tout ce qui est possible” pour raviver la croissance et l’inflation, s’attendent à un nouvel assouplissement monétaire massif dès le mois de septembre.

Au-delà de la politique monétaire “les risques ne manquent pas en ce qui concerne les perspectives de l’euro et parmi eux la politique commerciale conflictuelle des Etats-Unis qui pourrait de plus en plus cibler l’Europe si un accord est trouvé entre Pékin et Washington dans ce domaine, sans parler de la pitoyable question du Brexit”, prévient Thu Lan Nguyen.

Sur le même thème :

* GRAPHIC-Trump wants a weaker dollar but it could be a hard sell

Sources :

* USD: Persistent dollar strength. Daily Currency Briefing. Commerzbank. 24 juillet 2019

* The search for the long run. How badly do you want a weak dollar ? Global FX Weekly. Bank of America Merrill Lynch. 28 juin 2019

Marc Joanny, édité par Véronique Tison

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