July 15, 2019 / 4:51 PM / in 3 months

LEAD 2-5G-L'Arcep fixe des objectifs ambitieux sans renoncer aux enchères

* Les fréquences 5G seront allouées à l’automne

* Une procédure hybride mêlant engagements et enchères

* Des fréquences attribuées pour 15 ans, prolongeables 5 ans (Actualisé avec réaction de la FFT)

PARIS, 15 juillet (Reuters) - Le régulateur des télécoms, l’Arcep, a dévoilé lundi un projet de cahier des charges pour attribuer les futures fréquences mobiles 5G qui fixe aux opérateurs télécoms français des objectifs ambitieux de déploiement tout en prévoyant un mécanisme d’enchères.

Les règles du jeu de cette procédure, prévue pour l’automne, sont attendues fébrilement par les opérateurs français, inquiets après l’envolée des prix lors des enchères 5G en Italie - 6,5 milliards d’euros - et en Allemagne (6,55 milliards d’euros).

Les marchés s’inquiètent du coût potentiellement élevé de ces fréquences au moment où les acteurs français, éprouvés par des années de guerre des prix dans le secteur, doivent déjà mettre les bouchées doubles pour finir de déployer la 4G et la fibre sur le territoire.

Selon un document soumis à la consultation des acteurs du secteur jusqu’à la rentrée, le gendarme des télécoms a opté pour une procédure hybride dans laquelle une partie des fréquences seront allouées en contrepartie d’engagements de la part des opérateurs télécoms.

Face aux possibilités promises par la 5G dans des secteurs clefs comme les objets connectés, la santé ou le véhicule autonome, l’Arcep veut notamment créer “un droit à la 5G” pour les acteurs professionnels auxquels les opérateurs télécoms seraient tenus de proposer des offres commerciales.

La taille de ces blocs alloués dans cette première séquence sera d’au moins 40 mégahertz afin de permettre aux quatre opérateurs du secteur de disposer d’un portefeuille minimum pour se lancer en 5G. Un plafond maximum est par ailleurs prévu à 100 mégahertz.

La deuxième partie de la procédure prévoit un système classique d’enchères pour le solde du portefeuille de fréquences mises en jeu, soit 310 mégahertz au total dans la bande des 3400-3800 mégahertz.

“EXIGEANT”

L’équation comporte encore des inconnues, et notamment le montant du prix de réserve qui sera fixé par le gouvernement pour chacun des lots mis en jeu.

Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d’Etat chargée du secteur des télécoms, a plusieurs fois dit sa volonté de trouver le juste équilibre entre la prise en compte des contraintes économiques des opérateurs et les recettes que représentent les fréquences mobiles pour le budget de l’Etat.

Le nouveau cahier des charges permet d’éviter “un découpage à l’italienne (où deux opérateurs sur quatre ne disposent que de 20 MHz) et ne grève pas la capacité de déploiement des opérateurs”, explique la secrétaire d’Etat dans un entretien au quotidien Les Echos.

“A minima, chaque opérateur aura un premier bloc de l’ordre de 40 MHz. Ensuite, les opérateurs pourront ‘se battre’ sur les blocs supplémentaires, de 10 MHz chacun”, ajoute-t-elle.

“C’est très exigeant”, a réagi une source du secteur, surprise notamment par le rythme et le volume des déploiements envisagés au moment où les opérateurs doivent déjà finir de raccorder les zones blanches mobiles et déployer la fibre.

Les opérateurs devront avoir couvert au moins deux villes en 5G d’ici 2020 avant d’atteindre 12.000 sites au total en 2025, ce qui permettra de couvrir environ les deux-tiers de la population.

Sur ce total, entre 20 à 25% des sites devront être situés dans des zones rurales pour connecter les zones d’activité économiques.

La généralisation de la 5G à l’ensemble du territoire n’est toutefois prévue qu’à l’horizon 2030.

“Il est essentiel de trouver le bon équilibre entre le niveau des enchères et les investissements nécessaires mais progressifs quand on sait aujourd’hui que les opérateurs investissent déjà près de dix milliards d’euros par an”, a réagi Arthur Dreyfuss, président de la Fédération française des télécoms.

Les fréquences, qui seront attribuées à l’automne, seront allouées pour une durée de 15 ans, avec une éventuelle prolongation possible de cinq ans.

Le communiqué de l’Arcep:

bit.ly/2GdYYfQ

Gwénaëlle Barzic, édité par Cyril Altmeyer

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