July 9, 2019 / 7:32 PM / 4 months ago

LEAD 1-Mexique-Le ministre des Finances claque la porte du gouvernement

(Actualisé avec précisions, contexte)

par Diego Oré

MEXICO, 9 juillet (Reuters) - Le ministre des Finances mexicain, Carlos Urzua, un modéré, a démissionné mardi en dénonçant l’influence de l’”extrémisme” sur la politique économique actuelle et le président Andres Manuel Lopez Obrador l’a remplacé par son ministre délégué pour tenter de rassurer les marchés financiers.

Dans sa lettre de démission, publiée sur son compte Twitter, Carlos Urzua, un ancien universitaire de 64 ans, a regretté que le gouvernement ait élaboré sa politique économique sans les fondements nécessaires.

“Je suis convaincu que la politique économique doit toujours être fondée sur des preuves, veiller à ses conséquences et être à l’abri de tout extrémisme, de droite comme de gauche. Mais ces convictions n’ont pas trouvé de résonance durant mon mandat au sein de ce gouvernement”, écrit-il.

Il évoque aussi ce qu’il appelle des conflits d’intérêts lors des nominations de certains responsables de son ministère, qui lui auraient été imposées par des membres influents du gouvernement, sans plus de précision.

Le peso mexicain a perdu jusqu’à plus de 2% face au dollar après l’annonce de sa démission et la Bourse de Mexico a cédé jusqu’à près de 1,5%. Tous deux ont ensuite repris un peu de terrain avec l’annonce de la promotion d’Arturo Herrera, jusqu’alors ministre délégué, à la tête du ministère des Finances.

LE PRÉSIDENT VEUT “CHANGER LA POLITIQUE ÉCONOMIQUE”

Bien connu des investisseurs et considéré comme un gestionnaire compétent, Arturo Herrera se voit donc chargé à son tour de redonner du dynamisme à l’économie mexicaine tout en limitant le déficit primaire (hors service de la dette) à 1% du produit intérieur brut (PIB) et en évitant une dégradation du Mexique par les grandes agences de notation, préoccupées par la situation de la compagnie pétrolière publique Pemex, très endettée.

“(Herrera) est une figure connue, qui a noué un bon dialogue avec les marchés et n’est pas perçu comme (...) dogmatique”, a expliqué Alberto Ramos, responsable de la recherche économique sur l’Amérique latine chez Goldman Sachs.

“Mais au vu du contenu inhabituel de la lettre de démission d’Urzua, une interrogation demeure sur qui est vraiment en charge de la politique économique.”

Dans un message vidéo annonçant la nomination d’Arturo Herrera, Andres Manuel Lopez Obrador, qui a pris ses fonctions le 1er décembre dernier, a déclaré que Carlos Urzua n’était pas à l’aise avec les décisions prises ces derniers mois dans le but de revenir sur ce qu’il a appelé la période “néolibérale” du Mexique.

“Nous sommes déterminés à changer la politique économique qui a été imposée pendant les 36 dernières années”, a dit le président. “On ne peut pas faire du neuf avec du vieux.”

Les tensions se sont multipliées ces derniers mois entre le gouvernement mexicain et les milieux d’affaires, principalement après l’annulation d’un important projet aéroportuaire.

Avec Miguel Angel Gutierrez et Anthony Esposito; Marc Angrand pour le service français

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