July 5, 2019 / 3:26 PM / 19 days ago

LEAD 1-USA-Net rebond des créations d'emplois, les salaires à la traîne

* 224.000 créations d’emplois non-agricoles (consensus 160.000)

* Le taux de chômage remonte légèrement à 3,7% (3,6% en mai)

* La hausse du salaire horaire ralentit à 0,2% (+0,3% en mai) (Actualisé avec précisions, commentaire, réactions de marchés)

par Lucia Mutikani

WASHINGTON, 5 juillet (Reuters) - La croissance de l’emploi aux Etats-Unis a fortement rebondi en juin, mais une hausse modérée des salaires et d’autres signes de ralentissement de l’économie pourraient continuer à encourager la Réserve fédérale à abaisser les taux d’intérêt ce mois-ci.

Le rapport mensuel très attendu du département du Travail, publié vendredi, laisse penser que le net ralentissement des embauches du mois de mai était probablement fortuit.

Mais l’absence d’avancées concrètes dans les négociations pour mettre fin à la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine signifie que la Réserve fédérale pourrait placer la barre très haut pour renoncer à abaisser les taux à sa prochaine réunion de politique monétaire des 30 et 31 juillet.

“Les chiffres du jour ne devraient pas empêcher la Fed d’assouplir sa politique à la réunion de ce mois-ci”, dit Jim O’Sullivan, économiste en chef chez High Frequency Economics. “L’assouplissement annoncé reflète les craintes que les incertitudes liées au commerce et une inflation inférieure à 2%, n’agissent comme un frein sur la croissance.”

Les Etats-Unis ont créé 224.000 emplois non-agricoles en juin, à leur plus haut niveau depuis cinq mois, alors que les économistes interrogés par Reuters en prévoyaient 160.000.

L’économie américaine a créé en revanche 11.000 emplois de moins en avril et mai qu’annoncé initialement.

Les créations d’emplois ont atteint en moyenne 172.000 par mois au premier semestre, en retrait par rapport aux 223.000 de 2018. Ce rythme reste toutefois bien au-dessus du seuil des 100.000 créations d’emplois mensuelles jugées nécessaires pour absorber la croissance de la population en âge de travailler.

Le rythme d’augmentation des salaires a lui ralenti par rapport à celui de la fin de l’an dernier, qui était à son plus haut niveau depuis dix ans. La hausse du salaire horaire moyen a été de six cents le mois dernier, soit 0,2%, contre +0,3% en mai, et sa progression sur un an est restée à 3,1% pour le deuxième mois consécutif. Le marché tablait sur une hausse de 0,3% d’un mois sur l’autre et de 3,2% en rythme annuel.

MOINS DE PRESSION SUR LA FED

Le taux de chômage, calculé sur la base d’une enquête distincte de celle permettant de mesurer l’évolution de l’emploi, a augmenté à 3,7% avec l’arrivée de nouveaux demandeurs d’emploi, contre 3,6% en mai.

Une mesure plus large du chômage, qui inclut les personnes qui souhaitent travailler mais qui ont abandonné leurs recherches, et ceux qui travaillent à temps partiel parce qu’ils ne peuvent pas trouver d’emploi à plein temps, est pour sa part remontée à 7,2% en juin, contre 7,1% en mai.

La croissance de l’emploi a ralenti en partie parce que les employeurs peinent à trouver des travailleurs qualifiés.

Les embauches ont repris quasiment sur tous les secteurs en juin, même si l’emploi dans la distribution s’est contracté pour le cinquième mois d’affilée.

Le seul secteur manufacturier, le plus exposé à l’impact des tensions commerciales actuelles entre les Etats-Unis d’une part, la Chine et le Mexique d’autre part, a créé 17.000 emplois en juin, après seulement 3.000 en mai. Les créations totales du secteur privé ont atteint 191.000 contre 83.000 en mai.

Dans la construction, 21.000 postes ont été créés en juin, contre 5.000 en mai. Les créations dans le secteur public ont repris, au rythme de 33.000, après 11.000 destructions en mai.

Sur les marchés, le rendement des Treasuries à 10 ans a accentué ses gains après la statistique, prenant plus de 10 points de base (pdb) à près de 2,07% vers 14h45 GMT, les bons chiffres de l’emploi suggérant que la Fed ne devra pas être aussi agressive que prévu en matière de baisse des taux.

Le marché évalue toujours à 100% la probabilité d’une hausse de taux à la fin du mois mais une majorité désormais écrasante mise sur un abaissement de seulement 25 pdb de l’objectif des “fed funds”, selon le baromètre FedWatch de CME Group.

De même, le dollar a accentué sa progression et prenait près de 0,7% face un panier de devises de référence, faisant retomber l’euro sous la barre de 1,122 dollar.

A Wall Street ont ouvert en repli, après ces chiffre qui freinent l’espoir d’une baisse agressive des taux fin juillet.

Tableau (Lucia Mutikani, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Catherine Mallebay-Vacqueur)

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