July 3, 2019 / 2:52 AM / 5 months ago

L'agence mondiale de l'aviation va revoir la formation des pilotes

MONTREAL, 3 juillet (Reuters) - Une réunion de l’agence de l’aviation des Nations unies se tiendra la semaine prochaine pour passer en revue les exigences en matière de licences de pilote, au coeur des débats après les crashs mortels de deux avions Boeing 737 MAX l’an dernier.

C’est la première fois que l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), qui fixe les normes mondiales pour les 193 pays membres, va procéder à un examen aussi vaste des besoins en formation.

Bien que la réunion n’ait pas été convoquée à la suite des deux accidents de 737 MAX, elle coïncide avec un débat plus vaste qui consiste à savoir si les avions commerciaux, de plus en plus automatisés, compromettent les compétences des pilotes.

Le 737 MAX a été immobilisé dans le monde entier en mars après l’accident d’un appareil des Ethiopian Airlines et celui d’un avion de Lion Air quatre mois plus tôt. Les deux catastrophes ont fait 346 morts.

Dans les deux cas, le logiciel anti-décrochage MCAS a été mis en cause, que Boeing a mis en place pour que l’appareil fonctionne comme les modèles précédents de 737.

La formation dispensée aux pilotes pour leur permettre de gérer au mieux ces problèmes fait également l’objet d’un examen approfondi, élargissant le débat sur les compétences des pilotes, qui fait rage depuis des années, alors que les équipages passent de moins en moins de temps à piloter des avions manuellement.

“Récemment, au vu de l’actualité, les gens se demandent si les exigences minimales ou l’expérience sont toujours valables, (ou) si nous devrions revoir cela”, dit à Reuters le chef de la sécurité opérationnelle de l’OACI, Miguel Marin.

“UNE PREMIÈRE ÉTAPE”

En plus des régulateurs, des représentants d’un groupe mondial de pilotes devraient assister à la réunion qui se tiendra du 8 au 12 juillet, ajoute Miguel Marin, qui qualifie cette réunion de “première étape”.

Aux États-Unis, l’agence de l’aviation civile (FAA) a augmenté le nombre d’heures de formation requises pour les pilotes commerciaux, passant de 250 à 1.500 en 2013, une mesure excessive selon certains, en particulier car le secteur va devoir faire face à des pénuries de pilotes.

Parmi les sujets abordés lors de la réunion de Montréal figurent les heures de vol et la formation axée sur les compétences, où les pilotes doivent démontrer leur capacité à faire atterrir un avion, plutôt que de se concentrer sur l’apprentissage du vol et l’accumulation d’heures, quel que soit le type d’aéronef.

La licence de pilote en équipage multiple de l’OACI, créée en 2006, axe sa formation sur les compétences, au cours de laquelle un pilote a besoin de 240 heures pour devenir premier officier sur un seul type d’aéronef.

“Ce que nous voyons dans les avions hautement automatisés, ce n’est pas comment gérer l’avion si tout va bien. Ce sont ces dysfonctionnements inattendus qui déstablisent l’avion”, explique Miguel Marin.

“Nous pensons que cela ne peut être abordé qu’avec une approche différente de la formation plutôt que de simplement dire, donnez-leur plus d’heures.” (Allison Lampert; Arthur Connan pour le service français)

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