June 27, 2019 / 11:57 AM / in 5 months

France: 25.000 ponts à rénover, financements à augmenter-rapport

* Le nombre exact de ponts en France pas connu-rapport Sénat

* Il faut “un plan Marshall” pour rénover les ponts-rapport

* Il faudra 120 millions d’euros par an pour les ponts d’Etat

* Et 130 millions par an pour les ponts des collectivités

PARIS, 27 juin (Reuters) - Un “plan Marshall” pour rénover les 25.000 ponts “en mauvais état structurel” en France doit être mis en place, préconise un rapport du Sénat publié jeudi, près d’un an après l’effondrement meurtrier d’un viaduc routier en Italie.

Les sommes nécessaires à l’entretien des ouvrages d’art de l’Etat devront être portées à 120 millions d’euros par an dès 2020, estime la mission d’information sur la sécurité des ponts présidée par le sénateur Hervé Maurey (Union centriste) dans son rapport intitulé “Sécurité des ponts: éviter un drame”.

Quant aux ponts gérés par les communes et départements, il faut créer un fonds d’aide aux collectivités territoriales (départements, communes, intercommunalités) doté de 1,3 milliard d’euros (130 millions d’euros par an pendant dix ans), estiment les dix sénateurs de la mission.

L’effondrement du viaduc Morandi à Gênes a fait 43 morts le 14 août dernier, entraînant dans le vide des dizaines de véhicules et coupant l’autoroute reliant l’Italie au sud de la France.

Le rapport du Sénat préconise également la mise en place d’un système d’information géographique (SIG) national afin de référencer tous les ouvrages d’art en France, de conserver les documents techniques qui les concernent et de permettre aux opérateurs GPS de “mieux orienter le trafic routier”.

Le nombre exact de ponts en France n’est de fait pas connu “en l’absence d’un recensement exhaustif des ponts gérés par les collectivités territoriales”, dit le rapport qui fustige les “lacunes de la politique de surveillance et d’entretien”.

Les sénateurs donnent une fourchette de “200.000 à 250.000 ponts routiers” d’une valeur estimée à 200-250 milliards d’euros, dont 24.000 ouvrages seulement appartiennent à l’Etat.

Ces derniers subissent “une dégradation lente mais continue de leur état”, affirme le rapport qui cite les résultats d’un audit commandé par le ministre de la Transition écologique et solidaire selon lequel un tiers des ponts gérés par l’Etat doit faire l’objet de réparations.

“STRUCTURE ALTERÉE”

Le rapport cite comme “particulièrement à risque” les grands ouvrages en béton précontraint “car ils ont été construits pour de très grands franchissements et ont nécessité la mise au point de structures complexes”. C’est notamment le cas du pont de l’île de Ré, deuxième pont le plus long de France avec ses six viaducs en béton précontraint qui courent sur 2.927 mètres

Lors d’une inspection en septembre dernier sur ce pont ouvert à la circulation en 1988, les experts ont constaté la rupture pour corrosion de l’un des douze câbles de précontrainte en acier de l’un des viaducs. Des mesures de restriction de la circulation ont été prises par le département, qui gère l’ouvrage, le temps du remplacement du câble en février 2019.

Toutefois, pour ces ponts des collectivités territoriales, ce sont surtout ceux des communes et des intercommunalités qui préoccupent la mission sénatoriale. Les dernières données consolidées à ce sujet datent de 2008, déplore la mission, mais “tout indique que la situation des ponts communaux s’est dégradée depuis 2008”.

Selon certaines projections d’experts, 18% à 20% des ponts des petites communes, soit plus de 16.000, auraient en 2019 “une structure altérée ou gravement altérée”.

Les fermetures totales ou partielles d’ouvrages nécessitant réparation sont susceptibles de se prolonger quand les gestionnaires de voiries ne sont pas en mesure de financer les travaux, note le rapport du Sénat.

La mission cite ainsi deux ponts communaux de Seine-et-Marne fermés à la circulation depuis 2014, “les communes étant dans l’incapacité financière de procéder aux travaux de reconstruction”, évalués à un million d’euros par pont.

Les fermetures liés aux travaux entraînent des “phénomènes de congestion routière”, indique le rapport qui cite l’effondrement en mai 2018 d’une partie du mur de soutènement du viaduc de Genevilliers, géré par l’Etat. Le retour à la circulation normale n’a eu lieu qu’en mars 2019. (Danielle Rouquié, édité par Yves Clarisse)

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