June 24, 2019 / 10:32 AM / 5 months ago

ENTRETIEN MARCHÉS-"Petit coup de semonce" en vue, selon DWS

* DWS prône la prudence et la diversification

* Pas de récession à l’horizon mais des secousses possibles

* La société de gestion voit le dollar s’affaiblir

par Patrick Vignal

PARIS, 24 juin (Reuters) - Une récession économique mondiale à court terme est peu probable mais des secousses comparables à celles qui ont ébranlé les marchés financiers en février et décembre 2018 ne sont pas à exclure, dit-on chez DWS.

La société de gestion allemande, détenue à 75% par Deutsche Bank, a réduit sans la couper son exposition aux actifs risqués en prévision d’une correction qui viendrait stopper le rebond des actions observé depuis le début de l’année, explique le responsable des spécialistes d’investissement multi-asset de DWS, Nicolas Didelot.

Portés par la tonalité accommodante adoptée par la Réserve fédérale comme la Banque centrale européenne, les indices boursiers se maintiennent à des niveaux élevés malgré les tensions commerciales et géopolitiques.

Le S&P-500, indice de référence des gérants américains, évolue ainsi à un plus haut historique, en progression de près de 18% depuis le début de l’année. L’indice large européen Stoxx 600 a fait presque aussi bien puisqu’il a gagné un peu moins de 14% en 2019.

“On voit à nouveau que les marchés réagissent plutôt positivement aux annonces des banques centrales mais il y a toujours un essoufflement”, tempère Nicolas Didelot, qui évoque en outre des éléments perturbant de loin en loin les marchés, à commencer par les tensions entre les Etats-Unis et leurs partenaires commerciaux.

“Tous les trois ou quatre mois, il y un petit coup de semonce. On le voit venir et on le gère.”

ATTENTION À LA COMPLAISANCE

L’expert de DWS établit un parallèle avec la situation de 2017, quand les marchés d’actions montaient régulièrement, tirés principalement par l’ascension spectaculaire d’une poignée de valeurs.

“Il y avait une espèce d’euphorie couplée à une volatilité assez faible et on a vu qu’il y a eu un coup d’arrêt assez violent début février 2018”, rappelle-t-il.

“On s’attend à des circonstances de cette nature et même si les marchés ont bien rebondi, on ne boude pas son plaisir et on ne réduit pas complètement parce qu’on ne pense pas que l’on soit dans une phase récessive à ce stade. Néanmoins, on est plus prudent, notamment pour des stratégies dont l’objectif est de négocier au mieux tous les environnements de marché, segment sur lequel nous performons plutôt bien.”

Le revirement de la Réserve fédérale, amorcé en début d’année puis confirmé en mars avec l’annonce de l’arrêt de son cycle de resserrement, est déjà largement intégré dans les cours des actions mais risque d’accroître la pression sur le dollar, selon Nicolas Didelot.

“Nous l’avions déjà acté en prenant des positions sur l’une de nos stratégies ‘total return’ afin de réduire relativement significativement notre exposition dollar parce que nous pensons que la probabilité de l’affaiblissement du dollar face à l’euro est en train de croître”, dit-il.

PRUDENCE SUR LES ACTIONS

Dans ce contexte, DWS opte pour une posture plus défensive avec un retour sur les actions les plus stables tout en recherchant du rendement dans les autres classes d’actifs avec certains choix audacieux, comme les obligations souveraines turques en devise forte.

“Sur notre stratégie principale ‘total return’, on est légèrement en dessous de 30% d’actions, ce qui est plutôt, sur les 18 derniers mois, le bas de la fourchette”, explique Nicolas Didelot.

“On a eu tendance depuis quelques années à privilégier les actions européennes pour des questions de valorisation, ce qui ne nous a pas toujours réussi. Sur les 5-6 derniers mois, puisqu’on était plutôt sur une phase où on anticipait une dépréciation du dollar, on a également un peu augmenté l’exposition aux actifs émergents, qui représentent environ 10% à 15% du portefeuille, ce qui n’est pas négligeable.” Sur le crédit, DWS reste investi sur la dette d’entreprise classée en catégorie spéculative (‘high yield’), qui rémunère un risque important par un rendement élevé.

“Le ‘high yield’ ne nous fait pas peur et on en a toujours, plutôt en duration courte”, dit Nicolas Didelot. “Sur le portefeuille, on a un peu moins de 30% en actions, 25% en crédit, et sur la position crédit, la moitié environ est en ‘high yield’. On sent toutefois qu’il y a un peu moins de rigueur sur ce compartiment avec des sociétés qui sont un peu moins enclines à rectifier leur position.”

DWS considère également les devises comme un élément de performance et une classe d’actifs à part entière, qu’il convient cependant de manier avec précaution en raison d’une forte volatilité.

“L’année dernière, notre seule position euro-dollar nous a rapporté 1,5% de performance”, dit Nicolas Didelot. (édité par Blandine Hénault)

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