June 21, 2019 / 12:06 PM / 5 months ago

LEAD 2-Zone euro-Le financement du budget est une priorité-sommet UE

* Progrès limités sur le futur budget de la zone euro

* Avancées sur la réforme du Mécanisme européen de stabilité

* Rome menace de blocage faute de progrès sur la garantie des dépôts (Actualisé avec Macron et Conte)

par Jan Strupczewski

BRUXELLES, 21 juin (Reuters) - Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne (UE) ont demandé vendredi à leurs ministres des Finances de régler en priorité la question des sources de financement du futur budget de la zone euro, tout en restant vagues sur l’idée d’un système européen de garantie des dépôts (SEGD).

Mario Centeno, président de l’Eurogroupe des ministres des Finances de la zone euro, a informé le Conseil européen des résultats auxquels ils sont arrivés depuis que leur a été confié en décembre la tâche de travailler à un budget de la zone euro et à un mécanisme de garantie des dépôts, entre autres réformes.

L’Eurogroupe devait plancher sur le financement du budget, ainsi que sur son usage et sa gestion, les chefs d’Etat et de gouvernement gardant la haute main sur son montant.

Mais les progrès ont été limités en raison d’importantes divergences d’opinion. La France et les pays méditerranéens veulent un budget ample, financé par des impôts spécifiques et pouvant jouer un rôle stabilisateur en cas de choc économique.

Les Pays-Bas et ses alliés du nord de l’Europe penchent pour un budget limité, financé uniquement par le budget existant de l’UE et destiné aux investissements ou au soutien des réformes structurelles.

“Nous demandons à l’Eurogroupe de rendre compte rapidement des solutions de financement appropriées”, écrivent les dirigeants européens au sujet du budget de la zone euro, appelé Instrument budgétaire pour la compétitivité et la convergence.

Les chefs d’Etat et de gouvernement ajoutent que cette question est prioritaire pour définir le montant de ce budget dans le contexte du cadre financier pluriannuel (CFP), faisant référence au prochain budget à long terme de l’UE, lequel doit être approuvé d’ici la fin de l’année, avant que l’actuel n’arrive à son terme, en décembre 2020.

TOUJOURS PAS DE GARANTIE DES DÉPÔTS

“Il est clair que nous devons pouvoir faire appel à des financements additionnels et il est clair que nous avons besoin d’une gouvernance à dix-neuf”, a dit Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse. “Il nous faut un budget de taille suffisante, crédible (...) et à la gouvernance propre pour ne pas être confondu avec une ligne budgétaire des Vingt-Huit.”

Le président français a une nouvelle fois souhaité qu’une fonction de stabilisation soit à plus long terme ajoutée à cet outil, ce qu’il a pour l’instant échoué à faire accepter.

“Toutes les théories montrent que quand on partage la même monnaie, on doit pouvoir avoir des instruments qui permettent de répondre aux chocs asymétriques”, a-t-il dit. “La nouvelle Commission comme les cinq années qui viennent doivent nous permettre de porter, d’aller beaucoup plus loin sur ces ambitions, d’aller au bout de la fonction de stabilisation.”

Dans leurs conclusions écrites, les dirigeants ont par ailleurs pris note des progrès réalisés la semaine dernière par les ministres des Finances sur la réforme du Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de renflouement de la zone euro.

Ils se sont en revanche abstenus de toute référence précise au mécanisme de garantie des dépôts, projet qui suscite toujours des réticences de la part de l’Allemagne et des Pays-Bas.

Le président du Conseil italien Giuseppe Conte a affirmé qu’il ne pouvait concevoir de progrès dans les réformes sur le budget et le MES s’il n’y a pas d’accord sur le système de garantie des dépôts, menaçant de remettre en cause l’ensemble du processus de réformes de la zone euro.

Le communiqué final se contente d’affirmer que les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE “souhaitent la poursuite du travail technique pour le renforcement de l’Union bancaire”, ce qui tend à indiquer l’absence de calendrier de discussions.

L’Allemagne et d’autres pays du nord de l’Europe résistent à un système de garantie des dépôts commun à toute la zone euro tant que les banques de pays tels que l’Italie, la Grèce et le Portugal n’auront pas nettement réduit leurs créances douteuses, un héritage de la crise de la dette de 2010 à 2015.

Un groupe de travail doit remettre ses conclusions aux ministres européens des Finances au mois de décembre sur ce système qui viendrait parachever une union bancaire qui repose déjà sur un superviseur unique et une autorité de résolution. (Avec Jean-Baptiste Vey, Wilfrid Exbrayat, Blandine Hénault et Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc Angrand)

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