June 13, 2019 / 7:58 AM / in 2 months

Le vice-Premier ministre chinois demande plus de soutien à l'économie

SHANGHAI, 13 juin (Reuters) - Les autorités chinoises de régulation devraient accroître le soutien à l’économie et assurer le maintien d’amples liquidités dans le système financier, a déclaré jeudi le vice-Premier ministre Liu He, laissant entendre que de nouvelles mesures sont en préparation pour soutenir l’activité économique mise à mal par les tensions commerciales avec les Etats-Unis.

Pékin dispose de nombreux outils pour répondre aux défis qui se présentent, a expliqué Liu lors d’une conférence financière à Shanghai.

Les mesures de soutien déjà annoncées depuis l’an dernier, y compris six baisses du taux de réserves obligatoires des banques, n’ont pas empêché la croissance chinoise de ralentir sérieusement et l’escalade du mois dernier dans le conflit commercial fait désormais craindre une récession mondiale.

L’annonce mardi d’une croissance du crédit bancaire inférieure aux attentes en mai a renforcé les anticipations de nouvelles mesures d’assouplissement monétaire, venant après des chiffres montrant une contraction de l’activité manufacturière et un décrochage des importations.

“A l’heure actuelle, nous subissons certes des pressions externes, mais ces pressions externes nous aideront à développer nos capacités d’innovation”, a assuré Liu He, qui est aussi le principal négociateur chinois dans les discussions avec les Etats-Unis.

Le gouvernement présentera d’autres mesures fortes pour promouvoir les réformes et l’ouverture, a-t-il ajouté.

Yi Gang, le gouverneur de la Banque populaire de Chine (BPC), avait affirmé de son côté la semaine dernière qu’il restait une “marge énorme” pour faire des ajustements de politique en cas de besoin.

Dans son numéro de jeudi, le journal China Daily, citant des économistes, écrit que la Chine va ajuster ses conditions de crédit dans les prochaines semaines, y compris en réduisant ses taux d’intérêt ou le niveau des réserves obligatoires des banques, pour contrer les “risques baissiers” en cas d’escalade des tensions commerciales.

De nouvelles baisses du ratio de réserves obligatoires (RRR) étaient déjà attendues cette année, surtout après le regain de tension du mois dernier quand Washington et Pékin ont relevé coup sur coup leurs droits de douane, avec la menace d’autres tarifs par les Américains.

AU TOUR DES TAUX DIRECTEURS ?

Si la BPC a réduit à six reprises le RRR depuis le début 2018 et guidé aussi les taux à court terme à la baisse, elle s’est gardée jusqu’à présent de toucher à ses taux d’intérêt directeurs, contrairement à ce qui s’était produit lors de précédentes phases de ralentissement.

Certains économistes pensent maintenant qu’une ou plusieurs baisses de taux deviennent envisageables si les tensions commerciales s’accentuent encore et dans l’hypothèse où la Réserve fédérale américaine commencerait à réduire ses taux de son côté.

Mais un assouplissement monétaire d’ampleur, en plus de ses effets sur la dette, pourrait aussi favoriser des sorties de capitaux et mettre le yuan sous pression.

La devise chinoise s’est dépréciée de près de 3% depuis l’escalade du mois de mai et elle se rapproche du niveau très surveillé des 7 pour un dollar, un seuil qui n’a plus été touché depuis la crise financière mondiale une décennie plus tôt.

“La Chine est capable de (...) maintenir le yuan fondamentalement stable à des niveaux raisonnables et équilibrés”, a déclaré Pan Gongsheng, le patron de l’Administration d’Etat des changes, lors de la même conférence à Shanghai.

Pékin vise une expansion de 6 à 6,5% cette année, ce qui marquerait une nouvelle décélération après la croissance de 6,6% enregistrée en 2018, la plus faible depuis près de 30 ans.

Les analystes de Bank of America Merrill Lynch n’excluent pas un ralentissement à 5,8% cette année puis 5,6% en 2020 si la guerre commerciale s’intensifie, ce à quoi Pékin répondra selon eux avec quatre baisses de taux directeurs, davantage de réductions des réserves obligatoires, des aides à la consommation et des mesures pour stabiliser l’emploi.

En mai, Washington a porté à 25% les droits de douane sur l’équivalent de 200 milliards de dollars (177 milliards d’euros) d’importations chinoises, ce à quoi Pékin a répliqué en relevant ses tarifs sur 60 milliards de dollars de produits américains.

Dans la foulée, le président Donald Trump a menacé de taxer 300 milliards de dollars de produits chinois supplémentaires mais il a indiqué la semaine dernière qu’il attendrait pour cela le sommet du G20 de la fin du mois, où il s’attend à rencontrer son homologue chinois Xi Jinping. (Véronique Tison pour le service français, édité par Marc Joanny)

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