June 11, 2019 / 2:15 PM / 5 months ago

Les attentes "exagérées" sur les taux US constituent un risque-Saxo Banque

PARIS, 11 juin (Reuters) - Le décalage entre les anticipations des investisseurs sur de prochaines baisses de taux de la Réserve fédérale (Fed) et la réalité économique qui ne justifie pas un tel cycle d’assouplissement monétaire crée “un risque baissier important” sur les marchés financiers au second semestre, estime Christopher Dembik, responsable de l’analyse macroéconomique chez Saxo Banque.

“Les attentes du marché sur des baisses de taux sont exagérées. Si historiquement les marchés ont sous-évalué le nombre de baisses de taux à venir, les anticipations de trois baisses de taux aux Etats-Unis ne sont clairement pas justifiées”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse mardi.

L’économiste estime que la Fed devrait abaisser une seule fois ses taux dans les prochains mois, “surtout pour rassurer”.

“Les trois critères d’une baisse des taux sont une forte baisse de la consommation, des conditions financières qui se dégradent et l’inflation. Les deux premières conditions ne sont pas réunies”, rappelle Christopher Dembik.

“Ce décalage très problématique pourrait entraîner plus de volatilité et probablement une période baissière sur les marchés pour la deuxième partie de l’année”, ajoute-t-il.

Une chute des marchés financiers, qui se propagerait à la sphère réelle, pourrait être l’élément déclencheur d’une récession aux Etats-Unis, prévient Christopher Dembik.

RÉCESSION DE FAIBLE AMPLEUR EN 2020

L’exercice va donc être très compliqué pour la Fed, même si son président Jerome Powell “s’est montré jusqu’ici plutôt habile et assez pédagogue dans ses prises de parole”, juge l’économiste.

Christopher Dembik s’attend bien à une récession de l’économie des Etats-Unis, mais pas avant 2020, et estime qu’elle devrait être limitée sous l’effet des politiques monétaire et budgétaire.

“La différence avec la crise de 2007-2008, c’est la capacité de réaction”, estime-t-il. “Si on utilise la fiscalité, c’est un élément qui peut favoriser une reprise assez rapidement. Et les banques centrales ont encore des outils”.

Pour le deuxième trimestre, Christopher Dembik table sur une croissance du PIB américain autour de 1%, après +3,1% au premier trimestre, ce qui “reste tout à fait honorable étant donné la longueur du cycle économique même si l’effet néfaste des tensions commerciales commence à se faire sentir”.

Il reconnaît avoir été trop optimiste sur un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine, qu’il attendait plus tôt et qui est désormais reporté d’au moins plusieurs mois selon lui.

“Le G20 fin juin devrait seulement permettre une reprise des négociations, ce qui éloigne la perspective d’un prochain accord commercial”, observe-t-il.

“Il y aura un accord à un certain stade, mais la Chine n’a pas intérêt à se précipiter à signer un accord qui pourrait être remis en cause à tout moment pendant la campagne présidentielle américaine”, fait valoir Christopher Dembik.

“Par ailleurs, la Chine résiste plutôt bien sur le front économique avec une vraie capacité de relance et une contribution plus importante de la demande domestique, ce qui la rend moins dépendante du commerce extérieur”. (Blandine Hénault, édité par Véronique Tison)

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