June 9, 2019 / 6:06 PM / 3 months ago

LEAD 2-Brexit-Boris Johnson menace de ne pas payer la facture du Brexit

(Actualisé avec proposition de baisse d’impôts §9-10)

LONDRES/PARIS, 9 juin (Reuters) - Boris Johnson, favori pour succéder à Theresa May à la tête du gouvernement britannique, menace de refuser de payer la facture du Brexit s’il devient Premier ministre, dans le but d’obtenir un meilleur accord de sortie de l’Union européenne, ce qui lui a valu dimanche une réponse cinglante de la France.

L’ancien ministre des Affaires étrangères et ex-maire de Londres est l’un des 11 candidats à la succession de Theresa May à la tête du Parti conservateur dont elle a officiellement démissionné vendredi, n’ayant pas réussi à fédérer les Britanniques derrière son plan de sortie de l’Union européenne.

“Je pense que nos amis et partenaires doivent comprendre que l’argent sera conservé jusqu’à ce que nous soyons plus au clair sur ce qui nous attend. Pour obtenir un bon accord, l’argent est un excellent solvant et un très bon lubrifiant”, déclare Boris Johnson dans une interview accordée au Sunday Times.

La “facture du Brexit” correspond à la part des engagements financiers que Theresa May a accepté en décembre de verser aux prochains budgets européens, soit une somme de 35 à 39 milliards de livres (39 à 44 milliards d’euros).

Ne pas acquitter cette “facture”, c’est comme faire défaut sur sa dette souveraine, estime la France.

“Ne pas honorer ses obligations de paiement, c’est un non respect d’engagement international équivalent à un défaut sur sa dette souveraine, avec les conséquences que l’on connaît”, déclarait-on dimanche dans l’entourage du chef de l’Etat.

BAISSER L’IMPÔT SUR LE REVENU

D’autres candidats à la succession de Theresa May veulent également renégocier ou modifier l’accord de Brexit, mais aucun d’entre eux n’a menacé de ne pas payer la facture de sortie négociée avec l’UE l’an dernier.

L’UE a répété à plusieurs reprises que, sans le paiement du divorce, elle ne rouvrirait pas la discussion sur l’accord de transition conclu avec le Royaume-Uni, rejeté par trois fois par la Chambre des communes, ou ne négocierait pas un futur accord commercial avec la Grande-Bretagne.

Selon le Telegraph, pour lequel Boris Johnson écrit une chronique hebdomadaire, l’ancien ministre proposerait de baisser les impôts pour les classes moyennes, une mesure estimée à 9,6 milliards de livres (10,8 milliards d’euros) par an qui serait financée par l’argent actuellement mis de côté dans le budget du gouvernement pour faire face aux conséquences du Brexit.

Boris Johnson proposerait de relever de 50.000 à 80.000 livres par an le seuil à partir duquel les travailleurs commencent à payer 40% d’impôt sur le revenu.

Boris Johnson a également déclaré au Sunday Times que les accords frontaliers avec l’Irlande ne devraient être réglés que dans le cadre d’un accord à long terme, rejetant ainsi le filet de sécurité (“backstop”) visant à préserver une frontière ouverte entre l’Irlande et la province britannique d’Irlande du Nord, mais que les eurosceptiques considèrent comme une manœuvre pour obliger la Grande-Bretagne à continuer à suivre les règles de l’UE après le Brexit.

La frontière physique entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord a été supprimée par les accords de paix de 1998 qui ont mis fin à trois décennies de violences communautaires dans la province nord-irlandaise.

William James à Londres et Michel Rose à Paris; Tangi Salaün et Danielle Rouquié pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse

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